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InnerFrench - Vol. 1, #80 - Les Français sont-ils racistes ? (1)

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#80 - Les Français sont-ils racistes ? (1)

Salut à toutes et à tous, bienvenue pour ce nouvel épisode. C'est Hugo et je suis très content de vous retrouver.

Alors, pour être honnête avec vous, c'est déjà la troisième fois que j'essaye d'enregistrer cet épisode. À chaque fois, je dois m'arrêter, je bloque. Je ne suis pas content de ce que je suis en train de raconter parce que c'est un sujet assez sensible, assez difficile. Donc, il faut faire très attention au choix de ses mots, notamment quand on est une personne blanche comme moi. Mais voilà, c'est un sujet important et j'ai vraiment envie de vous en parler. Donc là, je m'engage à finir cet épisode et à le publier.

Évidemment, le choix du sujet est en réaction aux évènements actuels aux États-Unis, à la mort de George Floyd, ce citoyen américain qui a été asphyxié par un agent de police, après ce qui devait être une simple arrestation. Alors, dans cet épisode, je ne vais pas parler de la situation aux États-Unis parce que je ne suis pas un spécialiste en la matière. La situation actuelle est le résultat de nombreux facteurs historiques, politiques et sociétaux qui sont complexes. Je n'ai pas envie de vous raconter n'importe quoi. Il y a déjà plein de très bons articles qui ont été publiés sur ce sujet. Mais ce qu'on peut dire, c'est que la mort de George Floyd, c'est le dernier d'une longue série de cas de violence policière contre la communauté afro-américaine. Et encore une fois, ça pose la question d'un racisme endémique dans la police américaine. Il faut savoir qu'aux États-Unis, un homme noir a 2,5 fois plus de chances de se faire tuer par la police qu'un homme blanc. Ça, c'est un chiffre, une conclusion, d'un rapport publié par la National Academy of Sciences en 2018.

Alors, en France, le mélange de races, c'est un phénomène beaucoup plus récent. Ah oui, je vais utiliser le mot « race » ici, mais je le mets entre guillemets. Parce que ce concept, ce n'est pas un concept aussi évident qu'on le croit a priori. En fait, sa validité scientifique est largement questionnée aujourd'hui. D'ailleurs, on va reparler de ça un peu plus tard dans l'épisode. Mais bon, comme c'est plus pratique, plus facile de comprendre avec ce mot, je vais continuer d'utiliser le mot « race » jusqu'à ce qu'on en parle un peu plus en détail.

Alors, en France, jusqu'aux années 60, l'immigration était principalement blanche et européenne. C'était une immigration qui venait d'Italie, de Pologne, d'Espagne, du Portugal. Et puis, c'est seulement à partir des années 60 qu'on a assisté à l'arrivée d'immigrés qui venaient de pays d'Afrique du Nord, mais aussi d'Afrique subsaharienne comme le Sénégal, le Mali ou la Mauritanie. J'ai déjà consacré un épisode à ce sujet à l'immigration en France. Si ça vous intéresse, je vous conseille de l'écouter. C'était l'épisode 38. Encore une fois, on ne va pas reparler de ça en détail dans cet épisode parce qu'on a déjà beaucoup d'autres points à aborder.

Alors, en France, il n'y a pas eu de ségrégation raciale, comme c'était le cas aux États-Unis ou en Afrique du Sud. Mais l'intégration de ces communautés, elle a été très difficile également. L'intégration pour les immigrés et leurs enfants reste d'ailleurs compliquée aujourd'hui. Et depuis une vingtaine d'années, les relations entre les gens issus de ces communautés, de ces minorités et la police sont, on pourrait dire, de plus en plus tendues. Notamment entre les jeunes qui vivent dans les banlieues (les banlieues, vous savez, ce sont ces quartiers en périphérie des villes, avec des grands immeubles, avec beaucoup d'étages où vivent les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent, qui n'ont pas de bonne situation économique. Donc, les relations entre la police d'un côté, et les jeunes de banlieue sont de plus en plus tendues.

Par exemple, en 2016, il y a un jeune qui s'appelait Adama Traoré qui est mort après avoir été arrêté par des policiers et, tout comme George Floyd, il est mort asphyxié. D'ailleurs, ils ont prononcé les mêmes mots avant de mourir. Bon, Adama Traoré les a prononcés en français, évidemment. Lui aussi, il a dit aux policiers qui l'avaient arrêté qu'ils étaient en train de l'étouffer. Il leur a dit : « Je ne peux plus respirer ». Mais les policiers, ils n'ont pas arrêté et ensuite Adama Traoré a dû être transporté à l'hôpital. Il a été hospitalisé et il est décédé à l'hôpital. Mais les résultats de l'autopsie ont annoncé qu'Adama Traoré était mort d'une insuffisance respiratoire qui n'était pas liée à l'arrestation. En fait, l'autopsie a innocenté les policiers. Elle a annoncé que les policiers étaient innocents.

Mais ce qui est intéressant, c'est que juste après la mort de George Floyd, la famille d'Adama Traoré a reçu les résultats d'une nouvelle expertise médicale. Une expertise médicale demandée cette fois par la famille d'Adama, qui a été réalisée par un médecin indépendant. Et cette nouvelle expertise médicale, ce nouveau rapport a eu une conclusion contraire à celle de l'autopsie officielle. En fait, dans cette nouvelle expertise médicale, le médecin a conclu qu'Adama Traoré était bien mort à cause de l'arrestation des trois policiers qui l'avaient asphyxié, et non pas à cause d'une insuffisance respiratoire chronique.

Comme ces résultats ont été publiés juste après la mort de George Floyd, évidemment, ça a fait écho à cette question du racisme qui n'est pas spécifique aux États-Unis, mais qu'on retrouve sous des formes très similaires en France. Et 20 000 personnes se sont réunies à Paris, le 3 juin pour manifester. Pour manifester pour Adama Traoré et également pour dénoncer de manière plus générale les violences policières contre la communauté afro-américaine aux États-Unis et contre les minorités en France. Des deux côtés de l'Atlantique, les familles des victimes et les victimes ont ce sentiment d'injustice. Un sentiment d'injustice parce que les minorités visées par cette violence policière n'ont personne pour les défendre et les policiers qui sont incriminés finissent presque toujours par être innocentés. Il y a vraiment un fort sentiment d'injustice et d'incompréhension face à cette situation.

Et cette impression d'avoir un racisme endémique dans la police, elle a été confirmée un peu plus tard, le jeudi 4 juin, quand le média indépendant StreetPress a révélé une enquête. Une enquête pour laquelle un journaliste s'est infiltré dans un groupe Facebook privé de policiers, un groupe dans lequel il y avait environ 8000 membres. Et ce journaliste a montré que dans ce groupe privé de policiers, il y avait de très nombreux commentaires racistes, sexistes, homophobes qui étaient partagés et likés de manière totalement décomplexée. Et ça, ça a été une preuve supplémentaire de ce problème de racisme au sein de la police.

À côté de ça, vous avez peut-être aussi entendu parler en France d'un parti politique qui s'appelle le Rassemblement national, dont la présidente est Marine Le Pen. C'est un parti qui a changé de nom il y a quelques années. Avant, il s'appelait le Front national. Le Rassemblement national, c'est un parti d'extrême droite qui est ouvertement xénophobe, anti-immigration. Et vous avez peut-être entendu qu'il réalise des scores de plus en plus élevés aux élections et que le rassemblement national se rapproche de plus en plus du pouvoir. Alors, c'est paradoxal parce que d'un côté, on a l'impression de vivre dans des sociétés qui sont de plus en plus tolérantes. L'esclavage a été aboli il y a longtemps. Il n'y a plus de ségrégation raciale non plus. Mais de l'autre, les inégalités sont toujours bien réelles, les inégalités entre les différentes communautés. Et les personnes issues de ces minorités ont souvent l'impression qu'une partie des Français sont de plus en plus hostiles à leur présence. Bref, tout ça, ça pose de manière générale la question du racisme.

Et dans cet épisode, on va essayer de voir si le racisme est en train de gagner du terrain en France. « Gagner du terrain », c'est une expression pour dire progresser, gagner, on pourrait dire de l'influence. Le racisme est-il en train de gagner du terrain en France ? C'est la question de cet épisode. Mais avant de s'attaquer à ce sujet ô combien compliqué, je vous propose d'écouter le témoignage d'une auditrice du podcast, comme d'habitude, qui s'appelle Boryana.

Salut Hugo,

J'espère que tu vas bien et que, même si tu devais travailler dur cet été, tu as pris quand même un peu de temps pour te reposer. Je m'appelle Boryana, je suis d'origine bulgare, mais j'habite en France en ce moment.

Ça fait à peu près huit mois que je suis arrivée ici, sans savoir dire grand-chose en Français, bien que j'avais déjà commencé mon apprentissage quelques mois avant. En fait, j'avais pris la décision d'apprendre le français il y a très longtemps puisque mon copain est français. Mais comme il parle anglais couramment et l'anglais, c'est la langue avec laquelle on est le plus à l'aise, je remettais à plus tard pendant des années. Jusqu'à ce que j'ai décidé de m'inscrire à l'Alliance française à Sofia, en octobre de l'année dernière. C'était un peu par hasard vu que je n'avais aucune idée que j'allais déménager dans un trois mois.

Du coup, en janvier, quand je suis arrivée ici, c'était assez stressant. J'arrivais à peine à construire des phrases simples. C'était hors de question d'avoir une conversation. Et pour empirer les choses, peu après notre arrivée, mon copain s'est blessé en jouant au foot avec ses nouveaux collègues. Ce qui fait qu'il avait la jambe dans le plâtre pendant les deux mois suivants. Et comme tu peux l'imaginer, ça m'a poussée à apprendre rapidement afin d'être capable de faire des choses simples, comme aller à la pharmacie, à la boulangerie, etc.

Quelques mois plus tard, je commence à prendre confiance en moi. Je règle toute seule des choses comme les examens médicaux, les rendez-vous à la CPAM et tout ce qui me semblait impossible avant. En plus, je viens de passer une semaine de vacances avec ma belle-famille et quelques jours avec des amis de mon copain qui sont venus nous voir en parlant tout le temps français.

Bref, j'en profite pour te dire un grand merci parce que je te dois une grande partie de mes progrès, à tes podcasts et tes vidéos sur YouTube. Ils ont fait une grande différence.

Et avant de finir, je voudrais te poser une question. Maintenant que ton niveau de polonais est plus avancé, est-ce qu'avec ta copine, vous avez commencé à utiliser le polonais au lieu de l'anglais dans la vie quotidienne ? Sinon, est-ce que vous prévoyez un tel changement dans l'avenir ? De notre côté, on essaye de parler français à la maison de plus en plus, mais ce n'est pas encore ça. Qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que c'est possible pour un couple de changer complètement la langue au bout d'un moment ? Ou est-ce qu'il y a certains aspects de nos personnalités qui ne se traduisent pas tout à fait et ça ne serait pas pareil ?

Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. Merci de m'avoir écoutée. Bonne continuation et bonne fin d'été à toi et tous les auditeurs.

Un grand merci pour ton message Boryana et bravo, bravo d'avoir trouvé le courage de parler français ! Je sais que c'est quelque chose qui peut être très stressant, notamment au début quand on arrive en France. On a peur du regard des autres. On a peur de faire des erreurs et de passer pour un imbécile. Mais dans ton cas, les circonstances t'ont obligé à passer à l'action, à prendre le taureau par les cornes, comme on dit. Et maintenant, j'ai l'impression que ça ne te fait plus peur de parler français. Tu parles avec une vraie aisance. Donc voilà, tu peux vraiment être fier de toi.

Concernant ta question, j'aimerais bien avoir le même courage que toi et la même discipline surtout. Mais malheureusement, je continue de parler anglais avec ma copine. Donc, comme tu l'as évoqué, ma copine est polonaise, mais quand on s'est rencontrés, je ne parlais pas un mot de polonais. Donc, on a commencé à parler ensemble en anglais. Et maintenant, c'est toujours le cas, même si mon niveau de polonais est meilleur et que je suis capable de communiquer. C'est toujours plus facile pour moi de parler anglais. Surtout après une longue journée de travail, quand je suis fatigué et que j'ai la flemme de faire des efforts, par défaut, on va parler anglais. Quand on est avec des amis polonais, là, je parle polonais parce que j'ai pas envie de forcer tout le monde à parler anglais à cause de moi. Mais sinon, avec ma copine, ce n'est pas naturel pour nous de parler polonais donc, on continue de parler en anglais.

Voilà, maintenant, on va pouvoir passer aux choses sérieuses et s'attaquer au sujet de cet épisode. D'abord, on va essayer de comprendre si le racisme est un phénomène nouveau ou bien s'il fait partie de la nature humaine. Est-ce que le racisme répond à une sorte de besoins humains ? Ou est-ce qu'il s'agit seulement d'une invention intellectuelle ?

Pour comprendre le racisme, il faut s'intéresser à la notion de groupe. Aristote, par exemple, écrivait que l'homme est un animal social, un animal qui a besoin d'appartenir à un groupe. Et ce besoin d'appartenance, il se traduit par l'adoption de comportements identitaires. On essaye d'adopter, de copier l'identité du groupe auquel on souhaite appartenir pour se faire accepter. Ça, c'est quelque chose qui est très visible chez les adolescents, par exemple. Vous savez, au collège et au lycée, il existe différents types de groupes : les skateurs, les gothiques, etc. Peut-être que ça a changé maintenant, je ne sais pas, je suis un peu vieux pour ça. Mais bon, il existe différents types de groupes. Chaque groupe a son identité et si on veut se faire accepter par un groupe, eh bien on doit adopter ces codes : les codes vestimentaires, la façon de parler, la musique qu'on écoute, les sports qu'on pratique, etc.

Mais une fois qu'on a réussi à se faire accepter par le groupe, notre plus grande peur, ça devient la peur d'exclusion. Donc, on fait tout pour ne pas se faire exclure de ce groupe. Et pour ne pas se faire exclure, une bonne méthode, c'est de rejeter les autres. Rejeter tous ceux qui ne font pas partie de notre groupe. Par exemple, on se moque d'eux, on les critique, on critique leurs vêtements, on critique leur attitude, etc. Et tous ces individus qui ne sont pas acceptés par le groupe ou alors, qui sont dans des groupes plus petits, qu'ils ne font pas partie du groupe dominant et qui sont systématiquement rejetés, et bien, ils sont victimes de ces discriminations. De cette discrimination fondée sur des différences physiques, des différences liées au handicap, une orientation sexuelle différente, une orientation religieuse ou bien tout simplement une couleur de peau différente. Donc finalement, cette question du racisme, elle s'inscrit plus largement dans la question de l'appartenance à un groupe et du rejet de l'exclusion des autres individus.

Mais est-ce qu'il faut en conclure que l'homme est fondamentalement raciste ? Est-ce que nous avons toujours été comme ça ? En fait, la notion de race a été utilisée pour construire ces identités collectives. Donc, le racisme est aussi ancien que l'humanité. Néanmoins, Aristote, encore lui, dans Métaphysique, écrivait qu'il n'y a pas de différence spécifique entre l'homme blanc et l'homme noir. Donc Aristote était, on pourrait dire, antiraciste. Mais même les Grecs de l'Antiquité se distinguaient soigneusement des barbares. Ils faisaient tout pour ne pas pouvoir être assimilés aux barbares. Ils voulaient se différencier des barbares. D'ailleurs, quand ils capturaient des barbares, ils les réduisaient en esclavage. Et les femmes, elles aussi, étaient discriminées en fonction de leur sexe. Donc, les Grecs n'étaient peut-être pas aussi tolérants qu'on peut le croire en lisant Aristote.

À côté de la race, il y a un autre élément qui a été très utile pour construire ces identités collectives, c'est bien sûr celui de la religion. Et on peut voir que parfois, le concept de la race et de la religion se mélange. C'est le cas, par exemple, avec l'antisémitisme. En fait, l'antisémitisme, c'est une des formes les plus anciennes et les plus visibles du racisme, parce que les antisémites ont tendance à considérer que la religion juive est aussi une race, qu'il existe une race juive. Et cette race juive, entre guillemets, a été discriminée depuis les Égyptiens jusqu'à l'Europe, au Moyen-âge et jusqu'à ensuite l'époque actuelle, comme on le sait tous avec l'exemple du nazisme. Là aussi, j'ai déjà consacré un épisode au sujet de l'antisémitisme. Donc, on ne va pas en trop en reparler ici.

Et pour en revenir à la question de la race. Ensuite, quand il y a eu l'impérialisme et la colonisation par les grands empires européens, là, les Européens ont découvert, entre guillemets encore une fois, découvert de nouvelles races : les Indiens d'Amérique et les Noirs d'Afrique. À ce moment-là, les Européens se sont posé des questions existentielles. Par exemple, ils se sont demandé si ces nouvelles personnes étaient des hommes ou des animaux. Ils se sont demandé si les Indiens d'Amérique avaient une âme et si oui, est-ce qu'il fallait les évangéliser ? Alors, les religieux de l'époque ont conclu que oui, ces personnes étaient des créatures de Dieu et que donc, on pouvait les convertir. On pouvait les évangéliser, mais que c'étaient des créatures sauvages. Et rapidement, on a commencé à dire que ces personnes faisaient partie d'espèce humaine inférieure à celle du blanc européen. Donc, on pouvait tout simplement les réduire en esclavage. On estime aujourd'hui qu'il y a eu 11 millions d'esclaves africains qui ont été envoyés en Amérique par les Européens, dont 1 million qui sont morts en mer.

Un peu plus tard, avec l'arrivée des philosophes des Lumières, et puis avec le progrès de la science au 19e siècle, on a commencé à vouloir tout classer, à classer les différentes espèces de plantes, mais également les différentes espèces d'animaux. Et puis, par extension, on a commencé à se dire qu'on pourrait aussi classer les hommes en différentes races, en différentes catégories. Le problème, c'est que cette classification, elle, s'est vite transformée en hiérarchie. Avec cette fois, une prétendue légitimité scientifique, pas seulement une légitimité religieuse. Mais il y a par exemple un Français, le comte Arthur de Gobineau, qui a écrit un essai sur l'inégalité des races humaines. Et ce livre a beaucoup influencé plus tard Houston Stewart Chamberlain qui n'est autre que le maître à penser d'Adolf Hitler.

Donc, on voit que ces idées et cette envie de classifier et de hiérarchiser les races humaines, c'est quelque chose qui était apparu au 19e siècle et qui a été ensuite récupéré pour l'idéologie nazie. Bref, grâce à ces nouvelles connaissances au 19e siècle, les théories racistes disaient que la race supérieure risquait de disparaître parce qu'elle était contaminée par les races inférieures. Donc, leur priorité, c'était de protéger la race supérieure en évitant tout contact avec les autres races.

Cette idéologie, cette théorie, elles sont devenues ensuite un programme politique meurtrier qui a notamment justifié les courants nationalistes à la fin du 19e siècle, au 20e siècle. D'ailleurs, il est intéressant de noter qu'à l'époque, en Europe, on considérait qu'il y avait une race française, une race allemande, une race italienne. Ce concept de race était au cœur de la définition des identités nationales. Ce qui aujourd'hui nous semble totalement absurde.

Tout ça, donc ces découvertes, entre guillemets, découvertes scientifiques et ces nouvelles idéologies politiques, elles ont donné naissance au 20e siècle, au siècle des génocides. Évidemment, la forme la plus extrême de ce racisme, c'était le nazisme qui avait une hiérarchie très précise des races, avec tout en haut les Aryens, la race supérieure qui était d'ailleurs biologiquement supérieure au peuple français. En dessous, il y avait les Slaves, qui étaient considérés comme des sous-hommes. Et puis les Juifs et les Tziganes qui étaient tout en bas de la hiérarchie. Les nazis considéraient qu'il fallait donc systématiquement massacrer tous les Juifs et les Tziganes parce qu'ils étaient une espèce humaine inférieure. Mais en plus du nazisme, il y a eu d'autres génocides comme le génocide arménien 1915-1923, le génocide des Bosniaques par les Serbes dans les années 90 et aussi le génocide des Tutsis par les Hutus au Rwanda. Le vingtième siècle, ça a été le point culminant de toutes ces théories racistes et ça a donné naissance à ces génocides.

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