#57 - Mes projets pour 2019 (2)
L'espagnol, ça l'était à un moment mais aujourd'hui beaucoup moins parce que, pour être honnête, je ne le pratique plus du tout. Et pour le polonais, je sais que je vais avoir besoin encore de quelques années, peut-être, avant d'être vraiment à l'aise à l'oral.
Bref, pour en finir avec ce troisième objectif, je voulais vous dire que je suis toujours très impressionné quand je vois la qualité du travail que vous fournissez, les efforts que vous faites pour apprendre le français. C'est très inspirant pour moi. Je vois que certains d'entre vous sont beaucoup plus organisés et beaucoup plus déterminés que moi et ça me motive justement à faire encore plus d'efforts pour apprendre le polonais.
Mon quatrième objectif, c'était de méditer quotidiennement, de méditer chaque jour. Là aussi, ça a été un échec cuisant. Un “échec cuisant”, ça veut dire un gros échec.
J'avais commencé à utiliser une application qui s'appelle Headspace(qui d'ailleurs, est très bien faite). C'est une application qui vous aide à apprendre les techniques de base avec beaucoup de petites leçons, qui très facile à utiliser, très bien designée, etc. J'étais vraiment séduit, je trouvais qu'elle était géniale. Je la trouvais tellement géniale que j'avais décidé de prendre un abonnement pour un an. Et finalement, dès le mois de janvier ou février, il me semble, j'ai abandonné. J'ai complètement arrêté de méditer. Donc on peut dire que j'ai gaspillé de l'argent.
Gaspiller, c'est un verbe qui veut dire “mal utiliser les ressources”. Par exemple, “gaspiller de l'argent”, ça veut dire que vous dépensez de l'argent pour rien. On peut aussi gaspiller de l'énergie, par exemple, si vous utilisez de l'énergie pour rien. Donc moi, j'ai gaspillé de l'argent avec cet événement, avec cet abonnement, pardon, parce que j'ai acheté un abonnement pour un an et j'ai arrêté d'utiliser l'application au bout de deux mois.
On va passer à la deuxième partie. Autrement dit, les choses que j'ai apprises en 2018.
Le premier enseignement majeur de 2018 pour moi, c'était d'accepter mes limites. Je suis quelqu'un qui a tendance à se mettre beaucoup la pression. J'adore avoir des objectifs, que ce soit dans mon travail ou dans ma vie privée. Et c'est quelque chose que j'ai toujours fait. Quand j'étais enfant, j'avais toujours envie d'avoir les meilleures notes à l'école et puis, plus tard, d'avoir les meilleurs résultats au travail. C'est intéressant parce que cette pression, elle ne venait pas de mon environnement, elle ne venait pas de mes parents mais de moi-même. C'était moi qui me mettais cette pression sur les épaules pour réussir.
C'est pour ça que j'ai adoré quand j'ai découvert il y a quelques années tous ces livres sur la productivité, les habitudes, etc. Et je dois dire que je suis devenu un peu obsédé par ça. Je suis parti dans un certain extrême qui, à terme, a fini par avoir un effet négatif parce qu'avec toute cette pression, c'était difficile pour moi d'apprécier la vie, d'apprécier ce que j'avais. Tout simplement parce que je voulais en faire toujours plus.
En 2018, j'ai vraiment appris qu'on ne peut pas tout obtenir. On ne peut pas tout changer du jour au lendemain. “Du jour au lendemain”, ça, c'est une bonne expression aussi. Les anglophones disent “pendant la nuit”. Du jour au lendemain, ça signifie donc “changer quelque chose d'un jour à l'autre”, “changer quelque chose très rapidement”. Il y a peut-être un épisode où je vous ai déjà parlé de cette expression.
En général, les changements significatifs, les changements qui valent la peine, eh bien ils exigent du temps et de la persévérance. On peut pas tout changer dans notre vie en quelques semaines ni même en quelques mois. C'est pour ça que si on essaye de construire une habitude durable, une habitude qu'on va garder toute notre vie, il faut être patient. Ça demande du temps. C'est la même chose quand on essaye d'apprendre une langue. Même si vous êtes capables de parler cette langue couramment après deux ans, ça veut pas dire que vous allez arrêter de l'apprendre. Vous allez continuer de l'utiliser et, en l'utilisant, vous allez toujours découvrir de nouvelles choses.
C'est pour ça que, pour réussir à le faire, c'est mieux d'apprécier le processus, d'apprécier le parcours, l'expérience, et pas d'être obsédé simplement par votre objectif.
Une deuxième chose qu'il faut accepter, à mon avis, ce sont bien évidemment les échecs. C'est normal, quand on commence une aventure, de connaître certains échecs, certaines choses qui ne fonctionnent pas comme vous l'aviez prévu. C'est comme moi avec la méditation. J'ai pas réussi l'année dernière à méditer chaque jour. Mais pendant les quelques semaines où je l'ai fait, j'ai quand même appris des techniques de base qui vont me servir pour la suite de mon aventure avec la méditation (même si j'ai fait une pause de presque dix mois). Ces échecs, ils sont importants pour notre apprentissage si on est capable de les analyser et de recommencer, de se remettre au travail avec les enseignements, avec tout ce qu'on a appris de ses échecs.
La deuxième chose importante que j'ai apprise en 2018, c'est de ne pas me comparer avec les autres. Donc là, je viens de vous parler de la pression intérieure et maintenant, c'est le domaine de la pression extérieure. En fait, c'est une pression qui vient aussi de notre ego parce que, en général, notre ego se pose toujours les deux mêmes questions : “pourquoi moi ?” et “pourquoi pas moi ?”.
Ça veut dire qu'on est sans cesse en train de se comparer aux autres et de se demander pourquoi notre situation est différente. Ça, c'est quelque chose qui a été exacerbé avec internet et les réseaux sociaux. Maintenant, on a cette pression au quotidien, dans notre poche, dans notre smartphone. On voit nos amis qui sont partis en vacances et pas nous, nos amis qui ont acheté une nouvelle voiture et pas nous. Donc notre ego est blessé, notre ego est vexé et on a envie de corriger cette injustice. C'est la même chose si vous voyez ces polyglottes qui réussissent à apprendre une langue en trois mois et vous vous demandez pourquoi vous apprenez le français depuis trois ans sans obtenir les mêmes résultats.
En fait, encore une fois, moi j'ai appris qu'il faut simplement apprécier ce qu'on fait. Parce que si on apprécie ce qu'on fait, on va pas nécessairement ressentir de jalousie pour les autres parce qu'on va être content de notre situation. On va être content de nos expériences et de nos découvertes.
Donc la première étape pour faire ça, à mon avis, c'est de se préserver au maximum, d'essayer de s'isoler un peu de cette pression extérieure. Donc moi par exemple, ce que j'ai fait, très concrètement, c'est que j'ai supprimé l'application Instagram. J'imagine que vous connaissez cette application. Elle sert à partager des photos et j'ai remarqué qu'elle sert surtout à montrer aux autres à quel point notre vie est parfaite. Moi, j'avais pas envie de perdre du temps à faire ça et j'avais pas envie d'être exposé à la fausse perfection de la vie de mes contacts. Je me suis rendu compte que cette application ne m'apportait rien donc j'ai décidé de l'effacer.
La première étape, c'est de se préserver. Et la deuxième étape, je pense que c'est de comprendre ses désirs profonds. C'est le philosophe Aristote qui parle de ça. Il dit qu'il y a deux catégories de désirs : les désirs adéquats et les désirs inadéquats. Les désirs adéquats, ce sont ceux qui viennent de notre “nous” profond, ceux qui viennent vraiment, on pourrait dire, de notre âme. Alors que les désirs inadéquats, ce sont ceux qui viennent de l'extérieur. Nous, on doit se concentrer sur nos propres désirs, pas sur ceux qui nous sont dictés par notre environnement. Quand on fait ça, ça nous permet de sélectionner les choses ou les projets qui sont vraiment importants pour nous, et pas ceux qui sont importants pour notre entourage.
Par exemple, on a tous le désir de construire quelque chose. Et j'ai remarqué que l'année dernière, parmi mes amis, il y en a beaucoup qui ont acheté un appartement. Moi, ça n'est pas un désir que j'avais à l'origine parce que je me concentre sur d'autres choses en ce moment, dans ma vie. Mais à force de voir tous mes amis acheter un appartement, j'ai commencé à me demander : et pourquoi pas moi ? Pourquoi moi, je n'achète pas d'appartement ? Je me suis beaucoup posé de questions sur ça et j'ai compris que la chose que j'étais en train de construire, c'est cette communauté, c'est ce réseau innerFrench. Et c'est ça que j'ai envie de développer pour le moment. J'ai pas envie de dépenser de l'énergie dans l'achat d'un appartement ou d'une maison parce que pour moi, ce n'est pas la priorité maintenant. Donc je ne fais pas comme tous mes amis. J'essaye de construire quelque chose de différent. Et maintenant, j'ai accepté ça et je n'ai aucun problème, aucune frustration et aucun désir d'acheter un appartement pour le moment.
Justement, une bonne façon de découvrir nos désirs profonds (parce que je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire), donc une bonne façon de le faire, c'est de méditer. La méditation, ça peut nous apprendre à mieux nous comprendre, à mieux nous connaître et à découvrir quels sont nos vrais désirs.
Pour finir cette partie sur les enseignements de 2018, je vais vous parler un peu de la reconnaissance. Ça a été pour moi un enseignement majeur. J'ai appris à apprécier davantage ce que j'ai, à apprécier le quotidien et à me réjouir même de choses qui semblent être des détails. Par exemple, me réjouir du bon café que je bois l'après midi. Me réjouir du fait que mon ordinateur fonctionne bien, qu'il n'est pas en panne. Et aussi de choses plus sérieuses, par exemple du fait que je suis en bonne santé et ma famille aussi. Tout ça, ce sont des choses auxquelles on pense assez rarement, finalement, au quotidien. Mais j'ai remarqué que si on essaye d'y faire attention, ça nous permet d'être de meilleure humeur et d'être plus heureux au quotidien.
Pour faire ça, j'ai un petit carnet. Un carnet, c'est comme un petit cahier pour prendre des notes. Et dans ce petit carnet, j'écris chaque jour deux ou trois choses pour lesquelles je suis reconnaissant. Je dois vous avouer qu'au début, j'étais assez sceptique. J'ai lu plusieurs articles sur ça sur internet et je pensais que c'était un peu bête et que c'était un peu artificiel peut-être. Donc j'ai décidé de le tester et je dois dire que, pour le moment, je suis assez content des résultats. Je sais pas si je vais le faire toute ma vie mais, pour le moment, je vais continuer et voir si ça fonctionne, voir si je suis de meilleure humeur et plus heureux grâce à ça.
En fait, c'est quelque chose qui semble assez logique parce que si on donne plus de place aux émotions positives, il va y en avoir moins pour les émotions négatives. Si on privilégie ces émotions positives, on va beaucoup moins penser à toutes ces choses qui peuvent nous tourmenter, nous stresser, etc.
Maintenant, pour finir, la troisième partie : mes projets pour 2019.
D'abord, je vais vous parler de certains de mes projets personnels. En 2019, je vais avoir 30 ans donc c'est une année assez importante pour moi, ou en tout cas, assez symbolique. Et normalement, ça va être ma dernière année en Pologne. J'avais déjà prévu de partir avec ma copine l'année dernière mais ça ne s'est pas fait, on n'a pas réussi à le faire. Et, a priori, ce projet va se réaliser plutôt cette année, cet été pour être précis.Je vous dis pas encore quelle va être la destination, quelle va être la prochaine étape. Mais bien sûr, je vous en informerai un peu plus tard dans l'année.Un autre projet que j'avais envie d'accomplir, c'était de commencer à apprendre le japonais. Mais pour être honnête, je pense que ce n'est pas réaliste. Cette année, j'ai d'autres priorités. Donc j'ai pas envie de commencer quelque chose qui, à mon avis, a peu de chance de réussir, et je vais garder ça pour plus tard. Par contre, bien évidemment, je vais continuer d'apprendre le polonais mais ça, c'est plus vraiment une résolution parce que ça fait partie de mes habitudes et de ma routine quotidienne.J'ai repris la méditation au mois de décembre et cette fois, j'ai l'intention de vraiment le faire avec sérieux, avec régularité, et de méditer au moins dix minutes chaque jour.Et puis, mon dernier projet personnel, c'est de faire plus de choses pour les autres. J'ai envie d'aider davantage les gens. Pas forcément avec le français, mais peut-être dans d'autres domaines. Et je pense que 30 ans, c'est le bon âge pour commencer à le faire, pour peut-être m'engager dans une association.Au niveau professionnel, j'ai trois projets principaux pour 2019. Le premier, c'est de poster une vidéo sur YouTube chaque semaine. C'est une chose à laquelle je me suis engagé publiquement dans la première vidéo que j'ai publiée le 1er janvier. Et je pense que pour moi, ça va être un bon moyen de progresser si je me force à en faire régulièrement. C'est pas encore parfait, je pense que vous aurez quelques suggestions pour m'aider à m'améliorer. Donc si vous en avez, n'hésitez pas et envoyez-les moi. Et surtout, abonnez-vous à la chaîne, comme ça vous serez prévenus à chaque fois que je publie une nouvelle vidéo.Mon deuxième projet professionnel, c'est de refaire mon site internet. Ça, c'est plutôt pour des raisons techniques, pour que ma plateforme de cours fonctionne mieux avec le site principal. Parce que maintenant, c'est pas toujours quelque chose de très facile à faire pour les utilisateurs donc j'ai décidé de refaire ça. D'ailleurs, là aussi si vous avez des suggestions pour améliorer le site internet, n'hésitez pas à m'écrire parce que pour moi, c'est toujours très intéressant de voir quelles idées vous avez.Et puis mon troisième et dernier projet professionnel, c'est de faire la suite de mon programme pour les personnes qui ont un niveau un peu plus avancé, pour les aider à progresser. Et j'espère que j'aurai le temps de le faire cette année.Voilà, on va s'arrêter là. C'est tout pour ce premier épisode de 2019. J'espère que vous avez appris quelque chose d'intéressant. En tout cas, moi, ça m'a permis de faire mon bilan et ma thérapie et aussi de m'engager publiquement. Comme ça, j'espère que ça va me motiver à concrétiser tous mes projets cette année. Et si je le fais pas, je sais que c'est pas grave et je ne vais pas culpabiliser à cause de ça. Et j'espère que pour vous, ça sera la même chose, que vous allez préparer cette année avec sérénité, avec calme, et qu'elle va vous permettre de progresser à votre rythme.On se retrouve dans deux semaines et dans le prochain épisode, ce sera quelque chose d'un peu plus littéraire parce que je vous raconterai une histoire, l'histoire du plus célèbre voleur de la littérature française. En attendant, n'oubliez pas de faire un peu de français tous les jours et à bientôt !