#48 - Pourquoi je suis devenu végan (1)
Salut à tous et à toutes, c'est Hugo. Je vous souhaite la bienvenue pour ce nouvel épisode. Si c'est la première fois que vous m'écoutez, sachez que ce podcast est fait pour les personnes qui apprennent le français et qui ont un niveau intermédiaire. Dans ce podcast, j'essaye de vous parler de différents sujets que je trouve intéressants et je vous parle seulement en français pour vous aider à améliorer votre compréhension orale du français.
Et pour commencer cet épisode, je vais vous faire écouter un enregistrement que j'ai reçu de la part d'une auditrice du podcast qui s'appelle Masoomeh. Masoomeh, c'est une fidèle auditrice parce qu'elle m'avait déjà envoyé un email en janvier. Donc voilà, ça veut dire qu'elle écoute le podcast depuis un certain temps. Masoomeh a une vie très intéressante parce qu'elle est née en Iran mais elle a la nationalité américaine et actuellement elle vit en Australie.
Cher Hugo,
Merci beaucoup d'être si généreux avec ton temps et tes efforts. Tes podcasts sont un cadeau que j'apprécie beaucoup et j'apprends un peu le français chaque fois que je les écoute. Je souhaiterais vraiment que tous les Français parlent plus comme toi. Ton accent est très clair et je comprends tout ce que tu dis. J'apprécie aussi les sujets que tu choisis et j'apprends quelque chose de nouveau chaque fois que je t'écoute.
Puis-je suggérer un sujet d'intérêt ? J'admire l'un de tes compatriotes depuis quelques années maintenant; connais-tu Matthieu Ricard ? Il a un célèbre livre que j'adore : L'art du bonheur. Je pense que c'est un sujet fascinant qui pourrait intéresser tout le monde.
Merci encore pour tout ce que tu fais et j'espère que tu as passé d'excellentes vacances.
Masoomeh
Merci beaucoup Masoomeh pour ton enregistrement ! Ça me fait très plaisir d'entendre que tu apprécies le podcast que tu le trouves utile. Je sais qu'il y a beaucoup d'auditeurs qui aimeraient que tous les Français parlent comme moi parce que ça rendrait leur apprentissage du français plus facile. Mais malheureusement, comme vous le savez, ça n'est pas le cas. D'ailleurs, si c'était le cas, moi je serais peut-être au chômage ! C'est vrai que j'adapte un peu ma façon de parler pour que ce soit plus facile à comprendre. Mais, progressivement, au fur et à mesure des épisodes, vous avez peut-être remarqué que j'essaye de parler un peu plus vite parce que je sais que vous faites des progrès en écoutant ce podcast donc moi, je vais essayer d'adapter mon niveau et de progresser avec vous.
Bref, je sais que c'est difficile de comprendre les Français. Il y a plusieurs raisons pour ça. Et c'est d'ailleurs une des leçons qu'il va y avoir dans mon programme. Vous savez peut-être que je travaille actuellement sur un programme que je vais vendre sur mon site (normalement au mois de septembre, si tout va bien) et dans la première semaine de ce programme, il y a une leçon qui explique pourquoi ça semble si difficile de comprendre les Français quand ils parlent, et comment faire pour dépasser, pour surmonter, cette difficulté.
Comme vous l'imaginez, il n'y a pas de solution magique. Moi, en général, je ne crois pas aux solutions magiques. Il faut, comme je le répète souvent, passer beaucoup de temps avec la langue et essayer de tolérer l'ambiguïté. Tolérer l'ambiguïté, ça veut dire accepter de ne pas tout comprendre. Quand on apprend une langue, c'est normal de ne pas comprendre 100% de ce qu'on entend et il ne faut pas paniquer. Il faut essayer de se concentrer sur les mots qu'on comprend pour donner du sens à la phrase. Et, en général, notre cerveau est très bon pour ça. Notre cerveau a cette capacité à interpréter les éléments pour leur donner du sens. Donc ne paniquez pas. Faites confiance à votre cerveau. Concentrez-vous sur le message de la personne qui parle et petit à petit, en progressant, ça va devenir de plus en plus facile pour vous de comprendre les Français.
Masoomeh, dans son enregistrement, elle parle d'un de mes compatriotes, c'est-à-dire d'un autre français qui s'appelle Matthieu Ricard. Je vous ai déjà parlé de Matthieu Ricard dans l'épisode 26 du podcast (c'était l'épisode sur les 8 choses que font les gens heureux). Et Matthieu Ricard, c'est quelqu'un de vraiment très intéressant. C'est un docteur en génétique cellulaire mais il s'intéresse surtout beaucoup à la spiritualité. D'ailleurs, il s'est installé dans l'Himalaya quand il avait 26 ans et il est devenu un moine bouddhiste quelques années plus tard. C'est quelqu'un qui s'intéresse beaucoup aux questions sur l'altruisme, la compassion, le bonheur, la méditation, l'environnement. Et sur internet, vous pouvez trouver beaucoup d'articles, de vidéos, d'interviews avec lui, dans lesquels vous allez pouvoir découvrir sa pensée. Si ce sont des sujets qui vous intéressent, je vous encourage vraiment à le faire. Tapez “Matthieu Ricard” dans Google et vous allez trouver plein de choses très intéressantes.
À part ces sujets que j'ai mentionnés, il y a un autre thème qui est très important pour Matthieu Ricard, c'est la défense des animaux et le véganisme. Ça, c'est un sujet qui m'intéresse beaucoup moi aussi et dont j'ai décidé de vous parler aujourd'hui.
J'ai longtemps hésité avant de faire cet épisode parce que, pour moi, c'est quelque chose d'assez personnel car je suis devenu végan il y a deux ans. C'est quelque chose qui est très important à mes yeux et j'avais envie de partager ça avec vous, de vous expliquer pourquoi et comment je suis devenu végan. Mon but, ça n'est pas de vous convaincre de faire la même chose (même si ça me ferait très plaisir de savoir que vous avez décidé d'essayer le véganisme !). Mon but, ici, c'est simplement de partager une histoire personnelle avec vous et j'espère qu'elle va vous intéresser.
Quand j'étais petit, j'ai reçu une éducation à la française, une éducation 100% française ! Ça veut dire que pendant les repas, il y avait presque toujours de la viande. En fait, je dirais même qu'il y avait toujours de la viande. À un moment, j'ai arrêté de manger du poisson, quand j'avais 7 ans. Je ne me souviens pas bien pourquoi mais ça a été une réaction vraiment très radicale et du jour au lendemain, j'ai décidé d'arrêter complètement le poisson. Je détestais le goût, je trouvais que c'était dégoûtant. Donc, au repas, que ce soit au déjeuner ou au dîner, j'avais toujours de la viande et des légumes.
Il faut savoir que la viande a une place très importante dans la cuisine française. C'est souvent le plat principal d'un repas. Et les Français ont tendance à associer la viande au plaisir et au partage. Par exemple, on organise souvent des barbecues l'été comme aux Etats-Unis et dans d'autres pays occidentaux. Et le barbecue, c'est l'exemple typique du partage : on cuit la viande tous ensemble sur le barbecue et on la partage entre les différents invités. Bref, les Français pensent que la viande a une dimension conviviale et qu'un repas festif, un bon repas avec des amis, ça doit être un repas avec de la viande.
D'ailleurs, moi mon plat préféré avant, c'était le steak tartare. Le steak tartare, peut-être que vous connaissez, c'est un steak avec de la viande crue. On dit que la viande est crue quand elle n'est pas cuite, ça veut dire quand on la mange directement sans la cuire ni au barbecue, ni au four, ni à la poêle. Le steak tartare, c'est vraiment un plat pour les carnivores.
Et à cette époque, j'avais parfois quelques amis végétariens. Ma réaction c'était souvent de me moquer d'eux. C'est quelque chose qu'on fait assez souvent en France. On dit que les végétariens sont des lapins, qu'ils mangent seulement de l'herbe des carottes. Bref, on a tendance à ne pas vraiment les prendre au sérieux. Et moi, c'était aussi l'attitude que j'avais à cette époque. Plus tard, j'ai compris que me moquer de mes amis végétariens, c'était une façon pour moi de les discréditer pour ne pas les prendre au sérieux, et surtout pour ne pas me remettre en cause, pour ne pas questionner la façon dont je mangeais.
C'est assez facile pour nous d'accepter que certaines personnes n'aiment pas certains goûts (par exemple comme moi qui n'aimait pas le poisson), mais c'est plus difficile d'accepter quand quelqu'un questionne la valeur morale de nos choix. Parce que, quand on est face à un végétarien ou un végan, le simple fait qu'il soit présent, sa simple présence, peut constituer une forme d'attaque vis-à-vis de nous et vis-à-vis de nos décisions.
Et manger, c'est un plaisir donc ce n'est pas quelque chose qu'on a envie de remettre en question. On considère qu'il n'y a pas vraiment de valeur morale là-dedans, c'est juste une habitude comme conduire une voiture, aller à l'école, sortir avec ses amis, etc. Et moi, jusqu'à il y a deux ans, c'était exactement l'attitude que j'avais. J'adorais la viande, j'adorais le goût de la viande. J'étais très content d'en manger autant que je voulais et j'avais pas envie que quelqu'un critique ma consommation de viande.
Mais vous savez peut-être que la meilleure façon de détruire un système, c'est de le faire exploser de l'intérieur. Et c'est exactement ce qui m'est arrivé. Il y a une végétarienne qui s'est infiltrée dans ma vie. Cette végétarienne, c'était ma copine. Au départ, elle n'avait pas l'air très dangereuse donc je ne me suis pas méfié, je n'ai pas fait attention. À vrai dire, elle ne faisait pas vraiment de commentaires sur mes choix. Elle me laissait manger de la viande quand je voulais. Elle ne faisait pas de critiques directes. Autrement dit, elle avait une très bonne stratégie. Pour moi, c'était assez facile de ne pas faire attention aux choix de ma copine parce qu'elle avait grandi en étant végétarienne. Elle avait été végétarienne toute sa vie parce que ses parents l'avaient élevée comme ça. Donc pour moi, c'était simplement une question d'éducation, une sorte de différence culturelle. Donc j'y faisais pas vraiment attention.
Mais progressivement, les ennuis ont commencé à arriver. On s'est mis à parler un peu plus souvent de ce sujet, de la consommation de viande. Et c'est vrai qu'au fur et à mesure des discussions, je me suis rendu compte que ma copine avait des arguments plutôt convaincants, elle avait des bons arguments.
Par exemple, parfois, elle me demandait pourquoi j'adorais tellement les chiens et les chats mais je mangeais des cochons (c'est-à-dire du porc), parce que les études montrent que les cochons sont plus intelligents que les chiens. Donc c'est un peu bizarre de considérer certains animaux comme des animaux domestiques, de les traiter comme des membres de la famille, et d'un autre côté de considérer d'autres espèces animales comme de la nourriture. C'est vrai que ça ne nous viendrait pas à l'esprit de manger des membres de notre famille ! En plus, il faut savoir que je suis quelqu'un qui adore les animaux. J'ai toujours eu des chiens et des chats à la maison. Donc pour moi, c'était horrible d'imaginer que, dans certains pays, les gens mangeaient des chiens et des chats. Mais c'est vrai que, quand on y pense, c'est tout aussi bizarre de manger des cochons, des lapins, des poulets ou des bœufs que de manger des chiens ou des chats. C'est simplement une différence culturelle. Objectivement, ça n'est pas plus bizarre de manger un chien que de manger un cochon.