×

Utilizziamo i cookies per contribuire a migliorare LingQ. Visitando il sito, acconsenti alla nostra politica dei cookie.

InnerFrench - Vol. 1, #35 - L'Étranger d'Albert Camus (2) – Text to read

InnerFrench - Vol. 1, #35 - L'Étranger d'Albert Camus (2)

Intermedio 1 di francese lesson to practice reading

Inizia a seguire questa lezione ora

#35 - L'Étranger d'Albert Camus (2)

Il m'a dit qu'il s'était occupé d'elle, qu'il payait pour le loyer de sa chambre et qu'il lui donnait de l'argent chaque jour. « Mais elle disait que ça n'était pas suffisant, qu'elle avait besoin de plus d'argent, a-t-il ajouté, alors je lui ai conseillé de trouver du travail, mais elle m'a répondu qu'elle ne voulait pas. J'ai commencé à avoir des doutes et j'ai trouvé des objets chez elle sans savoir comment elle les avait achetés. C'est là que j'ai compris qu'elle me trompait. Alors, je l'ai quittée. Mais d'abord, je l'ai battue. »Pour lui, ça n'était pas assez. Il voulait la punir encore plus, c'est pour ça qu'il avait besoin de mes conseils. Son idée était d'écrire une lettre à cette femme pour la convaincre de revenir avec lui, puis de l'humilier une dernière fois. Il voulait que ce soit moi qui écrive la lettre. J'ai accepté et je l'ai écrite tout de suite. Il a semblé très content du résultat et m'a dit que maintenant, nous étions vraiment amis.

J'ai bien travaillé toute la semaine. Hier, c'était samedi. J'ai retrouvé Marie et nous sommes allés à une plage à quelques kilomètres d'Alger. Nous avons passés l'après-midi à jouer dans l'eau et à nous embrasser, puis nous sommes rentrés chez moi. Ce matin, Marie est restée et elle m'a demandé si je l'aimais. Je lui ai répondu que cela ne voulait rien dire, mais qu'il me semblait que non. Elle a eu l'air triste. Mais ensuite elle a préparé le déjeuner comme si de rien n'était. C'est à ce moment que les bruits d'une dispute ont éclaté chez Raymond.

On a d'abord entendu une voix aiguë de femme et puis Raymond qui disait : « Tu m'as manqué, tu m'as manqué. Je vais t'apprendre à me manquer. » La femme a hurlé si fort que tous les voisins sont sortis sur le palier. Marie et moi nous sommes sortis aussi. La femme criait toujours et Raymond frappait toujours. Marie m'a dit que c'était terrible et je n'ai rien répondu. Elle m'a demandé d'aller chercher un policier, mais je lui ai dit que je n'aimais pas les policiers. Un autre voisin est allé en chercher un. Il a frappé à la porte et Raymond a ouvert après un long moment. Le policier a dit à la femme de partir et il a noté le nom de Raymond.

Marie et moi avons fini de préparer le déjeuner. Mais elle n'avait pas faim, j'ai presque tout mangé. Elle est partie à une heure et j'ai dormi un peu.

Vers trois heures Raymond est entré chez moi. Il m'a raconté qu'il avait accompli sa vengeance, mais qu'après la femme l'avait giflé. C'est pour ça qu'il l'avait battue. Je lui ai dit qu'il me semblait que maintenant elle était punie et qu'il devait être content. C'était aussi son avis. Il m'a demandé si je voulais sortir avec lui. Il m'a dit qu'il fallait que je lui serve de témoin devant les policiers. Moi cela m'était égal, mais je ne savais pas ce que je devais dire. Selon Raymond, il suffisait de déclarer que la fille lui avait manqué. J'ai accepté de lui servir de témoin.

Nous sommes sortis et nous avons passé un bon moment. Je trouvais que Raymond était très gentil.

En rentrant, nous avons vu le vieux Salamano qui avait l'air agité. Quand nous nous sommes rapprochés, j'ai vu qu'il n'avait pas son chien. Il regardait de tous les côtés, cherchait partout dans la rue. Quand Raymond lui a demandé ce qu'il avait, il a répondu que son chien s'était enfui pendant leur promenade. Raymond et moi, on lui a dit que son chien allait sûrement revenir. Mais le vieux avait l'air de plus en plus agité, il avait peur que des employés de la fourrière trouvent son chien et le prennent. « Mais s'ils me demandent de l'argent pour le récupérer, le chien peut bien crever ! ».

Raymond et moi, nous sommes rentrés chez nous. Un moment après, le vieux Salamano a frappé à ma porte. Quand j'ai ouvert, il m'a dit : « Ils ne vont pas me le prendre, dites, monsieur Meursault. Ils vont me le rendre. Qu'est-ce que je vais devenir sinon ? » Je lui ai dit que la fourrière gardait les chiens trois jours à la disposition de leurs propriétaires et qu'ensuite elle en faisait ce que bon lui semblait. Il m'a regardé en silence.

Puis il m'a dit : « Bonsoir. » Il a fermé sa porte et après j'ai entendu qu'il pleurait chez lui. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé à maman. Mais il fallait que je me lève tôt le lendemain. Je n'avais pas faim et je me suis couché sans dîner.

Raymond m'a téléphoné au bureau pour m'inviter à passer la journée de dimanche chez un de ses amis près d'Alger. Je lui ai répondu que je voulais bien mais que j'étais censé voir Marie ce jour-là, alors il m'a dit de venir avec elle. J'ai accepté. Il voulait aussi m'avertir d'autre chose. Il avait été suivi toute la journée par un groupe d'Arabes parmi lesquels se trouvait le frère de son ancienne maîtresse. « Si tu le vois près de la maison ce soir en rentrant, avertis-moi. »Peu après, le patron m'a fait venir dans son bureau. Il avait l'intention d'installer un bureau à Paris et il voulait savoir si j'accepterais d'y aller. Cela me permettrait de vivre à Paris et aussi de voyager une partie de l'année.

« Vous êtes jeune, et il me semble que c'est une vie qui doit vous plaire. » a-t-il dit. J'ai dit que oui mais que dans le fond cela m'était égal. Il m'a demandé alors si je n'étais pas intéressé par un changement de vie. J'ai répondu qu'on ne changeait jamais de vie, qu'en tout cas toutes se valaient et que la mienne ici ne me déplaisait pas du tout. Il a eu l'air mécontent, m'a dit que je répondais toujours à côté, que je n'avais pas d'ambition et que cela était très mauvais pour les affaires.

Alors je suis retourné travailler. Je ne voyais pas de raison pour changer ma vie. En y réfléchissant bien, je n'étais pas malheureux. Quand j'étais étudiant, j'avais beaucoup d'ambitions de ce genre. Mais quand j'ai dû abandonner mes études, j'ai très vite compris que tout cela était sans importance réelle.

Le soir, Marie est venue me chercher et m'a demandé si je voulais me marier avec elle. J'ai dit que cela m'était égal et que nous pourrions le faire si elle le voulait. Elle a voulu savoir alors si je l'aimais.

J'ai répondu comme je l'avais déjà fait une fois, que cela ne signifiait rien mais que sans doute je ne l'aimais pas. « Pourquoi m'épouser alors ? » a-t-elle dit. Je lui ai expliqué que cela n'avait aucune importance et que si elle le désirait, nous pouvions nous marier. D'ailleurs, c'était elle qui le demandait et moi je me contentais de dire oui. Elle a observé alors que le mariage était une chose grave. J'ai répondu : « Non. » Elle m'a regardé en silence, puis elle m'a demandé si j'aurais accepté la même proposition venant d'une autre femme, à qui je serais attaché de la même façon. J'ai dit : « Naturellement. » Elle s'est demandé alors si elle m'aimait et moi, je ne pouvais rien savoir sur ce point.

Après un autre moment de silence, elle a murmuré que j'étais bizarre, qu'elle m'aimait sans doute à cause de cela mais que peut-être un jour je la dégoûterais pour les mêmes raisons. Comme je n'avais rien à ajouter, elle m'a pris le bras en souriant et elle a déclaré qu'elle voulait se marier avec moi.

Ensuite nous nous sommes promenés dans la ville jusqu'au soir. Marie est partie car elle avait des choses à faire.

J'ai dîné au restaurant puis en rentrant chez moi j'ai trouvé le vieux Salamano. Je l'ai fait entrer et il m'a appris que son chien était perdu, car il n'était pas à la fourrière. Les employés lui avaient dit que, peut-être, il avait été écrasé. J'ai dit au vieux Salamano qu'il pourrait avoir un autre chien, mais il m'a dit qu'il était habitué à celui-là. Je lui ai posé quelques questions sur son chien, il m'a dit qu'il l'avait eu après la mort de sa femme, et il a commencé à me raconter sa vie. Il m'a dit que maman aimait beaucoup son chien. En parlant d'elle, il l'appelait « votre pauvre mère. ».

Il a ajouté qu'il savait que dans le quartier on m'avait mal jugé parce que j'avais mis ma mère à l'asile, mais il me connaissait et il savait que j'aimais beaucoup maman. J'ai répondu, que je l'ignorais, mais que mettre maman à l'asile m'avait paru une chose naturelle puisque je n'avais pas assez d'argent pour la faire garder. « D'ailleurs, ai-je ajouté, il y avait longtemps qu'elle n'avait rien à me dire et qu'elle s'ennuyait toute seule. – Oui, m'a-t-il dit, et à l'asile, du moins, on se fait des camarades. » Puis il est rentré chez lui.

Le dimanche, Marie est venue me réveiller et je me suis préparé pour aller chez l'ami de Raymond. La veille nous étions allés au commissariat et j'avais témoigné que la fille avait « manqué » à Raymond. Il s'en est sorti avec un avertissement.

Les policiers n'ont pas contrôlé mon affirmation.

Avant de partir pour la plage, Raymond, m'a montré un groupe d'Arabes en face qui nous regardaient en silence. Il m'a dit qu'un des hommes du groupe était celui dont il m'avait parlé. Mais il a ajouté que, c'était maintenant une histoire finie. Marie ne comprenait pas très bien et nous a demandé ce qu'il y avait. Je lui ai dit que c'étaient des Arabes qui en voulaient à Raymond. Elle a voulu qu'on parte tout de suite.

Nous sommes allés vers l'arrêt d'autobus qui était un peu plus loin et Raymond m'a annoncé que les Arabes ne nous suivaient pas. Je me suis retourné. Ils étaient toujours à la même place et ils regardaient avec indifférence l'endroit que nous venions de quitter. Nous avons pris l'autobus.

Nous sommes descendus dans la banlieue d'Alger. La plage n'était pas loin de l'arrêt d'autobus. L'ami de Raymond habitait juste au bout de la plage. Il s'appelait Masson. C'était un grand type avec une petite femme ronde et gentille, à l'accent parisien. Il nous a dit tout de suite de nous mettre à l'aise et qu'on mangerait des poissons qu'il avait pêchés le matin-même.

Je suis allé me baigner avec Marie et Masson. Je me sentais bien avec Marie, nous étions en parfaite harmonie dans la mer. Ensuite, nous sommes retournés nous allonger sur la plage, puis nous sommes allés manger tous ensemble. Nous avons bu beaucoup de vin et au moment du café, j'avais la tête un peu lourde. Après le repas, Raymond, Masson et moi sommes allés nous promener pendant que les femmes restaient faire la vaisselle et la sieste.

À un moment, Raymond a dit à Masson quelque chose que j'ai mal entendu. Mais j'ai aperçu en même temps, tout au bout de la plage, deux Arabes qui venaient dans notre direction. J'ai regardé Raymond et il m'a dit : « C'est lui. » Nous avons continué à marcher. Les Arabes avançaient lentement et ils étaient déjà beaucoup plus rapprochés. Raymond a dit : « S'il y a de la bagarre, toi, Masson, tu prendras le deuxième. Moi, je me charge de mon type. Toi, Meursault, s'il en arrive un autre, il est pour toi. » J'ai dit : « Oui » et Masson a mis ses mains dans les poches. Quand nous avons été à quelques pas les uns des autres, les Arabes se sont arrêtés. Raymond est allé tout droit vers son type. J'ai mal entendu ce qu'il lui a dit, mais l'autre a fait semblant de lui donner un coup de tête. Raymond a frappé alors une première fois et il a tout de suite appelé Masson. Masson est allé à celui qu'on lui avait désigné et il l'a frappé. Pendant ce temps Raymond aussi frappait l'autre.Raymond s'est retourné vers moi et a dit : « Tu vas voir ce qu'il va prendre. » Je lui ai crié : « Attention, il a un couteau ! » Mais déjà Raymond avait le bras ouvert et la bouche tailladée. Nous nous sommes arrêtés. Les deux Arabes reculaient en nous menaçant avec le couteau et puis ils se sont enfuis.Nous sommes rentrés et Raymond est parti avec Masson voir un docteur qui n'était pas loin. Je suis resté pour expliquer aux femmes ce qui était arrivé.Mme Masson pleurait et Marie était très pâle. Moi, cela m'ennuyait de leur expliquer. J'ai fini par me taire et j'ai fumé en regardant la mer.Vers une heure et demie, Raymond est revenu avec Masson. Le docteur lui avait dit que ce n'était rien, mais Raymond avait l'air très sombre. Il est parti vers la plage et je l'ai suivi. Nous avons marché longtemps sur la plage. Le soleil était maintenant écrasant. Nous sommes arrivés enfin à une petite source d'eau qui coulait dans le sable, derrière un gros rocher. Là, nous avons trouvé nos deux Arabes. Ils étaient couchés, ils avaient l'air tout à fait calmes et presque contents. Notre venue n'a rien changé. Celui qui avait frappé Raymond le regardait sans rien dire.Raymond a pris son revolver, mais l'autre n'a pas bougé. Raymond m'a demandé : « Je le tue ? » Je lui ai répondu : « Il ne t'a pas encore parlé. Tu ne devrais pas tirer comme ça. » Puis Raymond a dit : « Alors, je vais l'insulter et quand il répondra, je le tuerai. » « Non, ai-je dit à Raymond. Prends-le d'homme à homme et donne-moi ton revolver. Si l'autre intervient, ou s'il tire son couteau, je le tuerai. » Raymond m'a donné son revolver. J'ai pensé à ce moment qu'on pouvait tirer ou ne pas tirer. Mais brusquement, les Arabes sont partis. Raymond et moi sommes alors rentrés chez Masson. Raymond semblait allait mieux et il a parlé de l'autobus du retour. Moi ça m'était égal, d'être ici ou là. Mais j'ai décidé de retourner vers la plage.Il faisait très chaud, j'ai marché longtemps. J'ai fini par arriver au rocher où nous avions vu les Arabes. C'est là que j'ai vu que le type de Raymond était revenu.Il était seul, allongé sur le sable. J'ai été un peu surpris. Pour moi, c'était une histoire finie et j'étais venu là sans y penser.Dès qu'il m'a vu, il s'est levé un peu et a mis la main dans sa poche.Moi, naturellement, j'ai serré le revolver de Raymond dans ma veste. J'ai pensé que je pouvais juste repartir et que ce serait fini. Mais le soleil brûlant et la longue plage derrière moi me décourageaient. J'ai attendu. C'était le même soleil que le jour où j'avais enterré maman et, comme ce jour-là, j'avais mal à la tête. Pour éviter le soleil qui me brûlait, j'ai fait un pas en avant. Et cette fois, l'Arabe a sorti son couteau. La lumière s'est reflétée sur la lame et m'a aveuglé, d'autant plus que j'avais les yeux couverts de sueur.C'est alors que tout a basculé. J'ai tiré sur l'Arabe. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur son corps qui ne bougeait plus. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.Pas mal non ? Je suis sûr que vous voulez connaître la suite ! Si vous ne voulez pas attendre, vous pouvez trouver sur Youtube une lecture complète faite par Albert Camus lui-même. Bon elle dure presque 3 heures donc il faut être motivé, mais je pense que c'est un très bon exercice. Je vais mettre le lien dans la description du podcast. Et bien sûr je vous encourage aussi à lire le livre vous-même si vous avez le temps.En tout cas merci beaucoup de m'avoir écouté ! Je vous rappelle que si vous voulez m'aider, vous pouvez laisser une évaluation du podcast sur iTunes ou sur Facebook. N'oubliez pas non plus de vous abonner pour recevoir automatiquement tous les nouveaux épisodes. Et si vous avez des questions, envoyez-moi un email à l'adresse hugo@innerfrench.com.On se retrouve dans deux semaines pour la suite de cette histoire. Et en attendant, n'oubliez pas de faire un peu de français tous les jours !À bientôt, bye bye !

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE