Leçon 9 - Vacances en Bretagne I
(Pendant les vacances d'été, il y a deux ans, à Belle-Ile-en-Mer, en Bretagne. Mireille, Cécile, et Marie-Laure, leur cousin Georges, et leur cousine Yvonne sont seuls dans une maison louée en commun par les deux familles.)
Mireille: Pouh! C'est bien notre chance! Ça fait trois jours qu'il pleut! Elle est belle, votre Bretagne, hein!
Cécile: Oui, c'est mortel, la mer, quand il pleut. Il n'y a rien à faire.
Georges: Jouons à la belote!
Marie-Laure: À la pelote? Dans la maison? On n'a pas le place!
Georges: Mais non, bécasse! À la belote, pas à la pelote! Tu es sourde ou quoi? On ne va pas jouer à la pelote basque en Bretagne! Mais on peut jouer aux cartes, à la belote, au bridge, au poker, à l'écarté.
Yvonne: On peut jouer aux échecs, ou aux dames, c'est moins compliqué.
Mireille: Ah, non, tout ça, c'est mortel. Jouons plutôt à faire des portraits.
Cécile: Oui, c'est une idée; jouons aux portraits!
Georges: C'est ça! Faisons des portraits!
Marie-Laure: Comment est-ce qu'on fait, pour jouer aux portraits?
Mireille: C'est très facile! Quelqu'un décrit une personne en trois ou quatre phrases. Euh, par exemple: elle est grande, elle a un œil bleu, elle a un œil gris, elle est très gentille. Et puis les autres devinent qui c'est.
Marie-Laure: Qui c'est?
Mireille: Qui?
Marie-Laure: Ben, grande, avec un œil bleu, un œil gris, et très gentille?
Mireille: Ben, je ne sais pas! Ce n'est personne! Elle n'existe pas; c'est un exemple.
Marie-Laure: Ah, bon! On invente des personnes qui n'existent pas?
Mireille: Mais non! Ce que tu peux être bête! Quand on joue, on prend des personnes qui existent, évidemment! Sinon, on ne peut pas deviner!
Georges: Bon, allons-y, commençons! On commence par des gens de la famille. Qui est-ce qui commence? Allez, à toi, Yvonne, tu commences!
Yvonne: Non, pas moi; je n'ai pas d'idée.
Georges: Mais si, voyons! Ce n'est pas difficile! Tu prends quelqu'un de la famille, n'importe qui!
Yvonne: Attends, je cherche. Voyons. Ah, ça y est! Je sais! Il est grand, il a les cheveux gris et courts, il est toujours bronzé. Il a bon caractère, il est toujours de bonne humeur. Il est très généreux, il fait toujours des cadeaux, il adore . . .
Georges: Tonton Guillaume! C'est trop facile!
Marie-Laure: Qu'est-ce qu'il aime, Tonton Guillaume?
Mireille: Les enfants, bécasse!
Georges: Allez, c'est à moi, maintenant. C'est mon tour. Le nez fin et pointu . . . les lèvres mince . . . les dents pointues, la voix pointue: "Ah, qu'il est agaçant, ce gamin!"
Cecile et Mireille: Tante Georgette!
Mireille: Bon, à moi, maintenant! Le grand sportif. Très fier de ses performances passées: à la course, aux 100m, 400m, au marathon, au saut en hauteur, au saut à la perche. L'athlète parfait, quoi! Ne manque jamais un événement sportif, comme spectateur à la télé, évidemment! Il joue même au tennis, une fois par an!
Yvonne: Oh là là! Ce qu'elle est méchante! C'est papa!
Mireille: Evidemment, c'est ton père!
Georges: Bon, à moi! L'air distingué, les mains fines, les yeux bleus, les cheveux blonds. Tout le portrait de sa deuxième fille!
Mireille: Oh, qu'il est galant, le petit cousin! On ne va pas dire qui c'est!
Marie-Laure: Si, si, dis qui c'est!
Cecile: Allons, les enfants, il est plus de 4 heures. C'est l'heure du goûter.
Marie-Laure: Dis qui c'est! Dis qui c'est! Je veux savoir qui c'est, na!
Mireille: Oh, mais tais-toi! Tu es embêtante, à la fin! D'abord tu vas chercher le goûter.
Marie-Laure: Eh, je ne suis pas ta bonne! Vas-y, toi!
Mireille: Écoute, tu veux savoir qui c'est?
Marie-Laure: Ben, oui!
Mireille: Alors, va chercher le goûter!
Marie-Laure: Ah, ce que tu peux être embêtante!
Mireille: Apporte de l'Orangina et de la limonade.
Cecile: Il y a des petits pains aux raisins!
Georges: Apporte les galettes bretonnes aussi.
Marie-Laure: Il n'y en a plus!
Georges: Mais si, il en reste au moins cinq ou six!
Marie-Laure: Il n'en reste plus!
Georges: Tu es sûre?
Marie-Laure: Bien sûr que je suis sûre! Puisque je te le dis. Ah, tu peux me croire, non?
(Marie-Laure apporte les bouteilles, les verres, et les petits pains aux raisins.)
Mireille: Attention à ce que tu fais!
(Marie-Laure laisse tout tomber.)
Mireille: Ah, c'est malin!
Marie-Laure: Ce n'est pas de ma faute!
Cecile: Allons, ne pleure pas. Ce n'est pas grave!
Marie-Laure: Alors, qui c'est?