Leçon 25 - Nourritures terrestres II
(Il est huit heures du matin. Robert se réveille. C'est samedi, le 2 juin. Robert se lève. Il regarde par la fenêtre. Il s'étire. Il bâille. Il prend une douche. Il se rase. Il se coupe. Il se brosse les dents. Il se brosse les cheveux. Il se coupe les ongles. Et il commande son petit déjeuner.)
Robert: Allô, bonjour! Est-ce que je pourrais avoir un petit déjeuner, s'il vous plaît?
La reception: Oui, Monsieur. Thé, café, ou chocolat?
Robert: Thé . . . Ah, non, non, excusez-moi! Café, un café au lait, s'il vous plaît.
La reception: Bien, Monsieur, alors, un café au lait complet, chambre 27. Tout de suite, Monsieur, on vous l'apporte.
(Robert finit de s'habiller. On frappe.)
Robert: Oui, tout de suite.
La femme de chambre: Bonjour, Monsieur, voilà, bon appétit.
(Robert prend son petit déjeuner sur le balcon. Il se sert de café au lait, prend un morceau de sucre, cherche la petite cuillère. Il mange son croissant, puis le morceau de pain avec du beurre et de la confiture. Il prend son temps. Il n'est pas pressé; il n'a rien à faire.
Il a des loisirs. C'est agréable d'avoir des loisirs! Il va aller se promener dans Paris.
Dans la rue, il passe devant une boulangerie. Ces croissants, ces brioches—ça a l'air bon! Mais voyons, Robert, tu n'as pas faim, tu viens de déjeuner.)
Un marchand de fromages: Monsieur, vous voulez un beau camembert, un bien fait? Tenez, Monsieur. En voici un beau, à point.
(Oui, il a l'air bon, mais voyons, Robert, tu n'as pas faim! Tu viens de déjeuner.
Robert continue sa promenade: les arènes de Lutèce, la mosquée, l'île Saint-Louis. Il achète un croque-monsieur.)
Robert: Un croque-monsieur, s'il vous plaît.
Le marchand: Voilà. 9 francs.
(Robert tend un billet de 500F.)
Le marchand: Oh, là, là, 500F! Vous n'avez pas de monnaie?
Robert: Non, je n'ai pas du tout de monnaie.
Le marchand (à un collègue): Patrick, tu as la monnaie de 500F?
Patrick: Ouais, je crois.
(Ensuite, Robert découvre la place des Vosges et le Marais. Puis il s'installe dans un petit restaurant.)
Le maître d'hôtel: Bonjour, Monsieur. Vous prendrez un apéritif?
Robert: Euh . . . non, merci.
(Robert consulte le menu, mais son attention est attirée par une vieille demoiselle, assise à une table voisine. Robert ne la reconnaît pas parce qu'il ne la connaît pas, mais c'est Tante Georgette, la tante de Mireille.)
Tante Georgette: Garçon, garçon! Allez me chercher un autre verre, celui-ci est plein de rouge à lèvres! Garçon, garçon! Apportez-moi une fourchette propre! Celle-ci est pleine de jaune d'oeuf! Et changez-moi cette assiette; elle est sale! Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ça? On ne fait plus la vaisselle, dans cette maison? Mais c'est incroyable! Et regardez-moi cette serviette! Elle est toute déchirée et la nappe aussi, oh! Vous m'apporterez une tête de veau.
Le garçon: Je suis désolé, Madame, il n'y en a plus.
Tante Georgette: Quoi? Il n'y a plus de tête de veau? Et ce monsieur, là, qu'est-ce qu'il mange? Ce n'est pas de la tête de veau?
Le garçon: C'était la dernière, Madame. Il n'y en a plus à la cuisine. Mais nous avons un très bon pied de porc.
Tante Georgette: Je ne veux pas de pied de porc, je veux de la tête de veau!
Le garçon: Je regrette, Madame. Le lapin à la moutarde est très bien.
Tante Georgette: La moutarde, la moutarde, elle me monte au nez, hein!. Bon, bien, euh, vous m'apporterez une côtelette de mouton.
Le garçon: Bien, Madame: une côtelette d'agneau.
Tante Georgette: Une côtelette d'agneau, une côtelette de mouton, ça m'est égal! C'est pareil! Et . . . à point!
Le garçon: Bien, Madame.
(Quelques minutes plus tard, le garçon apporte une côtelette, et s'en va. Tante Georgette le rappelle.)
Tante Georgette: Garçon, garçon! Vous allez me rapporter cette côtelette à la cuisine; elle n'est pas cuite! Je vous avais dit: “À point!” Regardez-moi ça! Elle est complètement crue à l'intérieur; c'est incroyable! Et puis, vous m'apporterez un autre couteau. Celui-ci ne coupe pas.
(Quelques minutes après . . . )
Le garçon: Voilà votre côtelette, Madame. J'espère que cette fois, elle sera assez cuite pour vous.
Tante Georgette: Assez cuite? Mais elle est carbonisée, votre côtelette! C'est du charbon! Et puis, remportez-moi ces petits pois. Ce ne sont pas des petits pois frais, c'est de la conserve, ça, ça sort tout droit de la boîte!
(Un peu plus tard . . . )
Tante Georgette: C'est tout ce que vous avez comme fromages? Votre brie est trop frais. Regardez-moi ça! On dirait de la craie! Votre brie est trop frais, et votre camembert trop fait! Il pue, c'est une infection! Et puis, apportez-moi du pain frais! Celui-ci était frais il y a huit jours! Regardez: il est dur comme de la pierre! Je ne suis pas rouspéteuse, mais il y a des limites!