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Nota Bene, Comment vit un soldat de la Grande Guerre à l'arrière du front ?

Comment vit un soldat de la Grande Guerre à l'arrière du front ?

Mes chers camarades, bien le bonjour.

L'épisode d'aujourd'hui nous emmène à Amiens pour parler de la Première Guerre

mondiale. Car si j'ai souvent l'occasion de vous parler de batailles, il faut nous

rappeler que la vie d'un soldat n'est pas seulement au front. Elle est aussi à

l'arrière, au repos. Sauf que vous imaginez bien que lorsque vous êtes un soldat Anglais,

Australien ou même Néo-Zélandais en 1918, vous ne pouvez pas vraiment profité d'une

permission de quelques jours pour rentrer chez vous !

Raison pour laquelle l'état-major britannique va décider très tôt dans la guerre de faire

d'Amiens un lieu de repos pour les troupes venues du Commonwealth.

La ville, située à une quarantaine de kilomètres en arrière du front, a l'avantage d'être

relativement proche de celui-ci pour que les soldats puissent s'y rendre facilement,

tout en étant suffisamment éloignée pour être dans une sécurité relative.

Relative, car la ville n'échappera pas malgré tout pas aux bombardements. Il faut

dire que puisque les troupes s'y concentrent, elle fait une cible de choix pour les avions

et l'artillerie allemande. C'est aussi par-là que va passer le ravitaillement, mais

aussi les blessés, avec de nombreux hôpitaux temporaires qui vont s'installer dans les

écoles et autres bâtiments publics pour soigner les blessés près du front, avant

de les évacuer ou de les renvoyer auprès de leurs camarades, en fonction de leur état.

Certains de ses hôpitaux pratiquent d'ailleurs la chirurgie réparatrice pour les “Gueules

Cassées”, ces soldats défigurés par les balles et les obus.

Ben : Philippe Nivet Bonjour !

PN : Bonjour !

Ben : En 1918, à Amiens, on voit beaucoup de forces du Commonwealth qui débarquent

dans les rues. ça se traduit comment ? Combien de soldats viennent ici ?

PN : La présence des forces du Commonwealth à Amiens ne date pas de 1918, les alliés

sont à Amiens depuis 1914. C'est plusieurs de dizaines de milliers de soldats qui sont

passés pendant la guerre à Amiens. Amiens était en effet la zone où un certain nombre

d'entre eux prenaient leur permission car ils ne pouvaient pas forcément rentrer au

pays. La ville va vraiment devenir la base arrière des armées anglaises et alliés.

C'est le cas d'ailleurs d'autres villes du département de la Somme comme Corby ou Albert

où l'on signale également cette présence des troupes anglo-saxones.

Ben : Et alors quel impact ça va avoir sur la population ? Est ce que la population va

devoir s'habituer à cette présence anglo-saxone ?

PN : ça a un impact à la fois culturel, social, économique... Culturel parce que

c'est pour des populations qui n'avaient pas franchement l'habitude de voyager, la découverte

d'un nouveau monde. Il va y avoir des matchs de football qui vont être organisés, c'est

un peu comme ça que le football est arrivé à Amiens. Il va y avoir des concerts fait

par ces troupes anglo-saxones. On voit donc une nouvelle culture qui apparait. Il y a

aussi un certain nombre de conséquences sociales, on peut signaler le développement de la prostitution

à Amiens du fait de ses troupes. C'est quelque chose qui préoccupe pas mal les autorités...C'est

en tout cas ce qu'on voit dans les archives ! Et puis il y a des conséquences économiques,

parce que les commerçants vont vendre des produits à ces troupes. Il va y avoir des

petites annonces en anglais qui vont vanter les principaux magasins à Amiens. Certains

vont accuser ces soldats du Commonwealth de provoquer la hausse des prix, l'inflation,

donc il peut y avoir aussi quelques tensions à ce sujet.

Ben : Est ce qu'on vendait plus de thé à cette époque ?

PN : Probablement, il y avait des Tea Room, que l'on voit mentionnés dans les livres

sur Amiens pendant la Première Guerre Mondiale, et qui remplacent les cafés traditionnels.

Mais une autre troupe des plus curieuses va bientôt venir s'ajouter à celles que les

Amiénois croisent déjà quotidiennement. On y trouve des peintres, des menuisiers,

des décorateurs de théâtres et bien d'autres métiers de prime abord peu liés aux métiers

des armes. Ce sont les hommes de l'atelier de camouflage de l'armée française, installé

à Amiens, pour répondre au besoin des armées du Nord. On y retrouve des hommes, mais aussi

des femmes, civiles, qui participent ainsi à l'effort de guerre, et même des prisonniers

allemands !

Et le camouflage, ce n'est pas simplement une couleur d'uniforme. On crée des filets

pour masquer des sites stratégiques aux Allemands, des positions factices, et quantité d'autres

éléments qui n'ont qu'un seul but : perturber les renseignements de l'ennemi. Lorsqu'une

armée du Nord a ainsi besoin de concevoir une position camouflée, sa demande finit

par atterrir dans l'atelier d'Amiens, où les petites mains vont s'employer à

concevoir le camouflage adapté au terrain où il sera déployé. Des Amiénoises et

Amiénois se retrouvent ainsi à travailler dans une bien étrange fabrique, mais ô combien

nécessaire pour le front !

Ce que vous voyez derrière moi n'est autre que le beffroi d'Amiens. Quel rapport entre

ce monument du XVe siècle et des anglo-saxons ivres en 1918 ? C'est bien simple : le beffroi

a servi de prison pour les soldats alliés qui abusaient quelque peu de l'hospitalité

des Amiénois… ce beffroi, visitable, abrite encore aujourd'hui le cachot dit “des

Australiens”. En effet, les militaires anglo-saxons qui y étaient enfermés tuaient le temps

en faisant des graffitis sur les vieilles pierres, mais aussi de véritables petits

bas-relief ! C'est ainsi que vous pourrez trouver, au plus profond d'un cachot, les

traces laissées par des soldats anonymes - avec plus ou moins de talent ! - parmi lesquelles

les armoiries de l'Australie gravées en relief. D'où le nom, depuis attribué au

cachot.

Mais le repos, ce n'est pas seulement de boire avec ses camarades. C'est aussi, pour

bon nombres de soldats croyants, un temps de recueillement pour soi-même et pour penser

aux camarades tombés au combat.

La cathédrale d'Amiens va ainsi voir passer des dizaines de milliers d'hommes venus

de nombreux pays. Mais, la cathédrale n'est pas telle que vous la voyez aujourd'hui.

Pour mieux comprendre, il faut revenir en 1914. Cette année-là, sur la Marne, les

Allemands bombardent Reims. Et endommagent gravement la célèbre cathédrale du sacre

des rois de France. Un incendie s'y déclare, et le toit de plomb se met à fondre. Les

gargouilles vomissent du plomb en fusion, et l'ange au sourire de la façade se retrouve

décapité.

Cette vision d'apocalypse devient un véritable outil de propagande pour démontrer la barbarie

de l'ennemi.

À Amiens, on souhaite protéger la cathédrale Notre-Dame pour lui éviter le même sort.

Les tours de l'édifice du XIIIème siècle dominent la ville, et font une cible facile

pour l'artillerie, qui peut même s'en servir pour régler ses tirs. Dès 1915, la

cathédrale et son portail vont ainsi disparaître derrière des montagnes de sacs de jute, en

provenance de Flixecourt, non loin d'Amiens. C'est là que la famille Saint dispose d'une

usine produisant ces sacs, que l'on remplit d'argile pour protéger l'édifice des

bombes et autres éclats. L'intérieur du bâtiment connaît le même sort, et c'est

désormais à l'ombre de ces sacs que civils comme militaires viennent prier. Des dispositifs

anti-incendie sont rapidement installés pour éviter à l'édifice de connaître le même

sort que sa cousine de la Marne : parois anti-incendie, canalisations et pompes sont installées au

sein même de la cathédrale pour réagir au plus vite. Aujourd'hui encore, sous les

combles de la nef, se trouve une pompe à incendie qui n'a pas bougé… depuis 1915.

Et si Amiens n'a pas un Ange au Sourire, la cathédrale a un Ange… Pleureur. Cette

pièce du XVIIème siècle symbolique de la cathédrale est mise à l'abri. Mais puisque

la cathédrale ne serait pas la même sans lui, une copie en plâtre vient le remplacer.

Cet Ange Pleureur que vous voyez ici, tous les soldats alliés qui passent par la cathédrale

apprennent à le connaître, et l'on vend des cartes postales qui ont un grand succès

auprès des anglo-saxons. L'Ange Pleurer d'Amiens voyage ainsi aux quatre coins de

l'empire britannique.

Mais la cathédrale honore aussi ses défenseurs : ainsi, lors de la grande offensive du 1918

durant laquelle les Allemands bombardent et tentent de prendre la ville, des milliers

d'hommes meurent pour sa défense. Depuis lors, la chapelle du Sacré-Coeur abrite les

drapeaux de toutes les nations ayant participé à la défense de la cité.

La cathédrale échappe aux bombes. Et reste le témoin des combats : de nombreuses plaques

rappellent le sacrifice de ceux tombés pour la liberté de la ville durant les deux conflits

mondiaux.

Mais la cathédrale n'est pas le seul endroit riche en oeuvres qu'il faut protéger des

bombardements. Le musée de Picardie regorge ainsi de collections précieuses qu'il est

impensable de laisser sous les bombes. Décision est donc prise de les faire évacuer avant

même d'attendre que les premiers obus n'atteignent la ville ! La chose n'est pas facile, car

certaines oeuvres… sont des décors muraux réalisés par Puvis de Chavannes. On démaroufle

- oui, c'est un verbe ! - et l'on disperse les pièces artistiques entre différentes

villes plus en sécurité, dans l'attente de retourner à Amiens. L'initiative est

bienvenue, car les bombardements sur la ville de 1918 causeront d'importants dégâts

au musée. Une aile entière sera ainsi détruite.

On évacue les arts, mais aussi les savoirs ! Les archives de l'Hôtel de Ville d'Amiens

sont précieuses, et elles aussi sont mises à l'abri. Ne pensez pas pour autant que

les salles vont rester vides, car l'Hôtel de Ville devient une caserne et une infirmerie,

à la disposition des régiments qui assurent la défense de la ville !

Je vous parle beaucoup de destruction, mais l'Histoire d'Amiens, c'est aussi sa

reconstruction. Et des témoignages de celle-ci sont visibles en ville. Comme rue Ernest Cauvin,

où suite aux destructions, les frères Duthoit participent à la reconstruction d'Amiens…

dans un style art déco !

Quant au cirque Jules Vernes, il a été bombardé, a manqué de peu brûler, et une partie du

bâtiment est détruite. Bref ! Il y a du travail. Et ce n'est pas peu dire, puisque

ce n'est qu'en 2017 que l'on est enfin parvenu à reproduire l'une des marquises

détruites, fruit de l'ingénieur Riquier et des ateliers Eiffel, et dont il ne restait

rien. Quant aux deux lustres du hall, qui avait disparu sous les bombes, l'un d'entre

eux a été redécouvert… au Canada, où il avait atterri chez un collectionneur privé.

Une vraie histoire dans l'histoire !

Enfin, d'autres rues évoquent justement la mémoire du conflit. Nous voici rue des

otages. Vous l'aurez deviné, ce nom renvoie à un passage difficile de l'histoire de

la guerre, lorsque lors de la brève occupation de la ville en 1914, les Allemands prirent

des otages. Parmi lesquels des conseillers municipaux ! Qui furent ainsi emmenés par l'occupant.

Puisque nous parlons de mémoire de guerres, je vous propose d'aller dans un autre lieu

marqué par le passage des troupes. Rendons-nous à 15 minutes d'Amiens, à Naours.

La Première Guerre mondiale n'est pas la première fois que la Somme voit passer des

armées d'invasions. Et par le passé déjà, les habitants ont appris à se mettre à l'abri.

C'est ainsi que sont apparues les “mûches”, terme qui désigne en picard des cachettes

souterraines, où se réfugier en cas d'arrivée imminente d'ennemis.

À Naours, ces refuges forment une véritable cité souterraine, creusée à 33 mètres

de profondeur sous une colline. On y trouve des pièces que les différentes familles

locales pouvaient occuper, mais aussi des étables pour cacher les troupeaux d'animaux,

des cheminées dissimulées de l'ennemi permettant de ventiler les galeries souterraines,,

et tout ce dont les habitants avaient besoin pour rester en sécurité.

Paradoxalement, durant la Première Guerre mondiale, la cité ne sert pas d'abri…

mais plutôt de lieu de loisir ! En effet, les soldats stationnés aux environs de Naours

entendent parler de la curieuse cité souterraine. Et puisque l'ennui doit être combattu sur

leur temps de repos ou pendant une convalescence avant de repartir au front,, de véritables

petites excursions s'organisent durant lesquelles les soldats vont faire du tourisme à Naours

et s'enfoncent dans la cité-souterraine.

Si vous pensiez que les touristes d'hier étaient plus respectueux que ceux d'aujourd'hui,

détrompez-vous ! Gilles Prilaux, archéologue, découvre il y a quelques années à peine

près de 3 000 graffitis laissés par les soldats, une manière pour eux de ne jamais

tomber dans l'oubli. Mais qui sont autant de témoignages, car ils comprennent souvent

un nom et une date, et permettent de retracer la vie de certains soldats !

Merci cependant de ne pas ajouter votre propre graffiti à l'ouvrage, et de plutôt vous

dire qu'au même endroit, il y a un siècle, un homme mort depuis longtemps aujourd'hui

se tenait. Et grâce aux récentes recherches archéologiques, nous connaissons aujourd'hui

le destin, heureux ou non, de près de 300 d'entre eux.

Et puisque nous parlons des traces laissées derrière eux par ces soldats, il existe aussi

des témoignages plus visuels encore. Comme par exemple, à Vignacourt.

Voici la ferme de Louis et Antoinette Thuillier, située sur la commune de Vignacourt. Durant

la Grande Guerre, des milliers de soldats vont passer par la commune, dont une grande

quantité de militaires de l'ANZAC.

Or, la famille Thuillier n'est pas une famille d'agriculteurs comme les autres. Louis est

amateur de photographie. Il a acquis un appareil avant le début de la guerre, et s'est formé

seul à son maniement. Mais à la déclaration de guerre, Louis doit quitter la ferme pour

partir à la guerre, où il est coursier, porteur de messages et autres documents en

voiture ou à vélo. Et c'est à cause d'une blessure qu'il va retourner dans sa ferme.

Où il réalise que la vie à l'arrière du front offre bien des sujets de photographies.

Il apprend à sa femme à se servir de l'appareil photo, et ensemble, ils commencent à photographier

civils comme soldats, français, puis étrangers lorsque des soldats venus de loin se retrouvent à Vignacourt.

Leur passion devient finalement un commerce : Louis et Antoinette proposent aux soldats

de payer pour avoir une photo d'eux qu'ils puissent envoyer dans leurs familles. Ils

installent un drap peint en guise de studio, drap qui est devenu l'un des moyens d'identifier,

aujourd'hui encore, les photographies prises par les Thuillier... Officiers ou simples

soldats, civils ou militaires, près de 4 000 photographies nous permettent de mettre

des visages sur les acteurs du conflit, qu'importe leur rôle.

Ces photos racontent ainsi les histoires individuelles qui se mêlent à la Grande Histoire. Ainsi,

les Thuillier ont par exemple photographié le mariage Pecourt Hartley. Une rencontre

née de la guerre, puisqu'elle se fait entre le Capitaine Harry Hartley, un ingénieur

anglais qui avait émigré en Australie et rappelé par la guerre en Europe, et Simone

Marie Pécourt, une habitante de Vignacourt qui ne se doutait sûrement pas qu'elle

épouserait un capitaine ayant traversé le globe pour finir par passer son village !

Les deux se marient en 1918, et Harry survivra à la guerre. Il s'installe alors à Amiens

où avec un associé, il fonde une entreprise de pneus. Simone et lui resteront là jusqu'en

1940, où hélas, après avoir survécu à une guerre, Harry ne verra pas la fin de celle-là,

tué durant une évacuation.

Cette histoire et bien d'autres, vous les découvrirez au travers de la collection des

Thuillier, au Centre d'Interprétation de Vignacourt,

ouvert en avril 2018 à l'occasion du centenaire. L'occasion de voir la guerre, non plus au

travers du front et des batailles, mais des humains qui y ont été plongés.

Pourtant, il ne faut pas oublier que l'arrière du front n'existait pas que du côté des alliés !

Et oui, les soldats allemands avaient eux aussi leurs zones où ils vivaient lorsqu'ils

n'étaient pas au front. La Somme fait ainsi partie des 10 départements français à connaître

l'occupation par l'ennemi. Mais alors, que se passe-t-il de l'autre côté des

tranchées ?

Les Allemands au repos sont ainsi au contact de la population française. C'est le cas

à Péronne, la plus grande ville occupée de la Somme, où les Allemands sont entrés

en 1914. Près de 7 000 hommes y logent, bien souvent chez des habitants à qui l'on ne

demande guère leur avis. Mais à quoi ressemble leur vie ?

De prime abord, on pourrait penser qu'elle est le miroir de celle d'un soldat allié,

les soldats allemands ayant aussi besoin de repos, de distractions, de moments de camaraderie,

mais aussi de deuil et de pratique religieuse.

Mais la réalité, est plus complexe. Les soldats se reposent au milieu d'une population

où la plupart des familles a vu un ou plusieurs de ses hommes partir à la guerre. Certains

civils sont même issus d'autres communes, et qui fuyant l'invasion, se sont retrouvés

à Péronne. Et se sont retrouvés prisonniers de l'avancée allemande. Le contact avec

les locaux est donc relativement difficile, particulièrement au début de la guerre.

S'ajoute à cela le travail forcé, les réquisitions et le manque cruel de ravitaillement,

qui n'aident en rien à améliorer les relations entre soldats allemands et les habitants.

Cela, et le fait de “vivre à l'heure allemande” au sens propre, puisque les horloges

sont avancées d'une heure pour vivre à l'heure de Berlin et non plus de Paris !

Pourtant, le temps passant, une certaine routine va apparaître : il faut faire avec l'occupant..

D'abord, parce que la population s'habitue à la présence des Allemands. Les commerçants

réalisent bien vite que les soldats sont souvent leurs principaux clients, et pour

la prostitution, la présence d'autant d'hommes loin de chez eux fait prospérer l'activité.

Mais pas seulement ! Car parfois des relations amicales se nouent entre soldats et civils,

et parfois même, amoureuses. Des relations aussi marginales que particulièrement complexes,

vous l'imaginez bien.

C'est cette détente que la propagande allemande va tenter de fixer sur pellicule, en montrant

soldats allemands et civils français côte à côte, ou même des militaires aux côtés

d'enfants.

Pour les soldats allemands, l'arrière du front n'est donc pas aussi reposant que

côté alliés. Ils ne peuvent compter sur le soutien de la population, et parfois, doivent

même sans méfier : la peur de l'espionnage, de réseaux d'évasions ou d'autres manifestations

hostiles à leur présence est continue.

Mais l'arrière du front, ce n'est pas seulement le repos et le contact avec les

civils. Pour une partie de l'armée, c'est aussi le quotidien militaire.

À commencer par une composante majeure : l'état-major.

L'état-major d'une armée, c'est son cerveau. C'est là que se prennent les décisions,

que l'on décide des mouvements en fonction des informations qui remontent. Or, pour les

alliés, il y a un problème majeur : puisque le front de l'ouest est constitué de plusieurs

armées, il y a plusieurs état-majors… qui doivent se rencontrer, se mettre d'accord,

et qui perdent ainsi en efficacité et en vitesse d'exécution.

Aussi, lorsque le 21 mars 1918, Ludendorff lance sa grande offensive et pousse sur la

Somme, la situation devient critique. Amiens est menacée, le front percé, et les troupes

alliées ont des difficultés à se coordonner. Devant le risque de se retrouver séparés

par les armées ennemies, et pour faire littéralement front, les alliés prennent une décision

d'ampleur ici, dans la mairie de Doullens.

C'est dans cette salle que vont se réunir le 26 mars 1918 le président de la République,

Raymond Poincaré, le président du Conseil, Georges Clemenceau, ainsi que les généraux

Pétain et Foch et Weygand, qui représentent la France. Face à eux, représentant les

alliés, Lord Milner et le maréchal Haig, ainsi que les généraux Rawlinson, Montgomery,

Lawrence et Wilson.

Britanniques et Français décident de s'unir sous un commandement unique : celui du général

Foch.

La décision est efficace, l'événement, historique. Foch à la tête de toute les

armées parvient à arrêter l'offensive de Ludendorff, et le 18 juillet 1918, lancera

la grande contre-offensive qui amènera quelques mois plus tard à l'armistice du 11 novembre

1918.

Aujourd'hui, c'est un vitrail situé dans la mairie de Doullens, dans cette salle qui

fut celle du commandement unique, qui rappelle ce 26 mars 1918, le jour où les alliés décidèrent

de s'unir plus que jamais pour arrêter les Allemands une bonne fois pour toutes.

J'espère que cette vidéo vous aura donné envie de voir par vous-même ces

hauts-lieux du premier grand conflit mondial. Si ça vous a plu n'oubliez pas de liker,

commenter, partager la vidéo. C'est super important !

Merci au département de la Somme pour avoir produit cette vidéo.

On se retrouve très bientôt sur Nota Bene, Salut !

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