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Balades, Une Française à Zurich – Text to read

Balades, Une Française à Zurich

Intermedio 2 di francese lesson to practice reading

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Une Française à Zurich

Bonjour à tous et bienvenue sur mon podcast « Balades » en ce 26 octobre. À l'occasion des 10 ans de PodClub, je vous propose une émission un peu différente. Aujourd'hui je ne serai pas seule. Mais écoutez, je ne veux pas en dire trop.

*

Françoise : Bonjour, chers auditeurs et chères auditrices. Je suis Françoise, la maman d'Isabelle et son invitée mystère, ravie [1] de participer à cette émission. Isabelle : Bienvenue au studio. Tu as déjà assisté à des prises de son [2], mais aujourd'hui, te voilà derrière le micro. Comment te sens-tu en tant que participante ? Françoise : Tout d'abord, un petit peu intimidée [3] de devoir prendre la parole et de me confier [4] à tes auditeurs. Isabelle : Oui, la première fois, c'est en effet assez impressionnant, mais, crois-moi, on y prend goût. Alors, de quoi pourrions-nous parler aujourd'hui ? Tu pourrais commencer par nous raconter ton arrivée en Suisse. Françoise : Je vais en étonner [5] plus d'un en disant que je suis arrivée à Zurich après mon mariage en 1967, autrement dit, il y a plus d'un demi-siècle. Isabelle : Pour toi qui venais de Paris, ça a dû être un réel changement ! Françoise : La ville de Zurich, elle-même, m'a beaucoup plu. C'était l'été et j'ai été charmée par la nature, les parcs et le lac, bien sûr. Ce qui m'avait alors beaucoup impressionnée, c'est cette propreté [6] qu'on ne connaissait pas à Paris et ce sentiment de sécurité et de calme que l'on ressentait dans toute la ville. Isabelle : Mais, la ville de Zurich ne te paraissait pas extrêmement petite par rapport à Paris ? Françoise : C'est vrai, qu'on en avait vite fait le tour [7]. Et les magasins de Paris me manquaient bien un peu. Isabelle : À l'époque, Zurich devait ressembler à une petite ville de province [8]. Françoise : Oui, Zurich a beaucoup évolué [9] depuis cette époque et est devenue une ville moderne et internationale. Isabelle : À ton arrivée, tu ne parlais pas allemand, et encore moins suisse allemand. Est-ce que cela n'a pas été un obstacle [10] à ton intégration ? Françoise : C'est vrai que la langue n'est pas facile à apprendre mais à l'époque, beaucoup de Zurichois parlaient français ce qui ne facilitait pas l'obligation [11] de connaître l'allemand. Je me souviens d'avoir pris mes premiers cours d'allemand à l'École-club Migros de Kreuzplatz, ce qui m'a bien aidée – et j'en garde un très bon souvenir. Je me rappelle que je m'y rendais avec Ben, mon cocker [12], que toute la classe avait adopté. Il était très sage [13] pendant la leçon. Heureusement, car la grammaire et l'accent me posaient quelques problèmes au début. Isabelle : Mais comment te débrouillais-tu [14] pour faire tes achats ? Françoise : Je n'ai jamais réellement rencontré de difficultés. À la boucherie [15], où je faisais mes courses, la bouchère [16] – une dame d'une soixantaine d'années – parlait très bien français. Elle l'avait appris en Suisse romande dans sa jeunesse. Isabelle : Ah, c'est la boucherie où on m'a offert une saucisse pour mon anniversaire ? Françoise : Oui, c'est un geste que j'ai trouvé très gentil et tu n'étais pas peu fière de ce cadeau ! Isabelle : Et comment as-tu trouvé les Zurichois ? Françoise : Contrairement aux Parisiens pour qui tout doit aller très vite, j'ai trouvé les gens peu stressés. C'est d'ailleurs l'image qu'on se fait en France de la Suisse, un pays où l'on prend son temps. Et puis, ils m'ont semblé aimables [17], serviables [18] pour moi qui ne connaissais rien aux usages locaux, corrects et honnêtes. Un jour, j'avais oublié un sac sur un banc public. Je l'ai récupéré après une demi-heure, personne n'y avait touché. Isabelle : Idyllique… Tout cela me paraît bien beau, mais n'y a-t-il pas un côté de la Suisse qui te paraît plus négatif ? Françoise : Eh bien, oui. Je trouvais que la Suisse vivait un peu repliée [19] sur elle-même et en ce temps-là, on ne connaissait pas encore le droit de vote [20] des femmes. Il y a eu depuis beaucoup de changements, heureusement ! Et les musées, les expos, la culture en général, c'était vraiment limité. D'ailleurs, j'ai toujours déploré [21] le manque de films de langue française. Isabelle : Est-ce que le fait de vivre en Suisse t'a changée ? Françoise : Bien entendu. Quel que soit le pays où l'on vit, on s'imprègne un peu de sa mentalité, de sa culture. Isabelle : Alors as-tu une autre vision de la France, aujourd'hui ?

Françoise : Naturellement, je suis au courant par les médias français de ce qui se passe dans mon pays. Et bien sûr, je garde le contact avec ma famille. D'un autre côté, je me tiens informée par la presse suisse et la télé, des événements en France. C'est toujours intéressant de confronter les deux points de vue. Isabelle : Pourrais-tu t'imaginer retourner vivre en France ? Françoise : J'ai toujours beaucoup de plaisir à retourner à Paris, retrouver ma famille. Mais je sens que j'ai un peu perdu le contact avec la vie parisienne que j'ai quittée il y a si longtemps. Et je crois qu'il me serait difficile de m'y réadapter. Isabelle : Et pourquoi donc ? Françoise : En Suisse, nous sommes habitués à ce que tout fonctionne dans la vie de tous les jours, ce qui en France n'est pas forcément le cas. Ici, les grèves [22] sont pratiquement inconnues et les travailleurs n'ont pas de problèmes pour se rendre à leur travail. Et surtout, il n'y a pratiquement pas de chômage. Isabelle : Alors, la Suisse est le pays rêvé ? Françoise : Oui, avec un peu plus de fantaisie, ce qui manque en Suisse, ce serait parfait. Et puis j'apprécie toujours la cuisine de mon pays. Au risque de vous paraître chauvine [23] : rien n'égale [24] la cuisine française ! Isabelle : Alors, pour conclure notre petit entretien : vers quel pays penche ton cœur ? La Suisse ou la France ? Françoise : Je vais rester neutre comme le veut la tradition suisse : les deux pays ont leur charme et leurs qualités, à chacun de les découvrir ! Isabelle : Eh bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Maman, d'être venue aujourd'hui dans le studio Françoise : Ça m'a fait grand plaisir d'être ici – à bientôt ! Isabelle : Chers auditeurs, je vous retrouve dans 15 jours, le 9 novembre, sur podclub.ch ou sur notre application. Je vous parlerai alors d'un petit gâteau. D'ici là, n'oubliez pas de travailler votre lexique grâce à la fonction vocabulaire de notre application. Et rejoignez-moi sur Instagram sous #podclubisabelle et #balades. Je vous fais la bise et vous dis à bientôt pour une nouvelle balade !

[1] ravi(e): très content

[2] la prise de son: enregistrement d'une chanson, d'une voix

[3] intimidé(e): qui a un peu peur

[4] se confier: raconter qch de personnel

[5] étonner: surprendre

[6] la propreté: qualité de ce qui est propre

[7] vite en faire le tour: voir rapidement

[8] la province: région ou ville au mode de vie tranquille et un peu démodé

[9] évoluer: changer, se transformer

[10] l'obstacle (m): ce qui empêche d'avancer

[11] l'obligation (f): devoir, nécessité

[12] le cocker: chien de taille moyenne à la fourrure souvent rousse et aux longues oreilles

[13] sage: qui se comporte bien

[14] se débrouiller: (familier) s'arranger, trouver un moyen

[15] la boucherie: magasin où on vend de la viande

[16] le boucher, la bouchère: personne qui prépare et vend la viande

[17] aimable: poli, gentil, courtois

[18] serviable: qui aime rendre service, aider

[19] replié(e): introverti, tourné sur soi-même

[20] le vote: action d'exprimer sa volonté, son opinion

[21] déplorer: regretter, être triste

[22] la grève: arrêt du travail pour protester

[23] chauvin(e): très patriotique

[24] égaler: être comparable

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