Cuisine et trou normand
Bonjour à tous et bienvenue sur mon podcast « Balades » de ce 6 juillet. L'émission d'aujourd'hui sera très gourmande. Les deux thèmes que j'ai choisis, parlent de cuisine et de spécialités culinaires [1]. Tout d'abord, il y aura l'histoire avec les 5 mots proposés par Lou. Ensuite, je vous parlerai d'une pratique [2] qui vous permet de savourer [3] un repas composé de nombreux plats.
*
Aujourd'hui, c'est au tour du défi que m'a lancé Lou. Je vais devoir intégrer dans une histoire les mots suivants : citrouille [4], poussière [5], pamplemousse [6], haricots verts et petits pois [7]. À la première lecture de ces mots, je me suis dit que Lou voulait m'envoyer en cuisine pour vous y concocter [8] un petit plat. Malheureusement, je n'ai pas trouvé de recette qui contienne tous les ingrédients mentionnés et je ne me voyais pas créer une recette intégrant haricots, petits pois, citrouille et pamplemousse. Il me fallait donc chercher autre chose. Et puis, tout d'un coup, des souvenirs d'enfance liés à la cuisine et à la préparation des repas me sont apparus. Cela remonte à quarante ans et des poussières [9] quand ma sœur et moi passions une grande partie de nos vacances chez mes grands-parents. Les repas que ma grand-mère préparait, comprenaient toujours plusieurs plats. Nous commencions par une entrée. Les jours de semaine, cela pouvait être un demi-pamplemousse ou un demi-melon pour chacun d'entre nous. Quelquefois, les adultes ajoutaient un peu de porto sur le melon. Ensuite il y avait le plat principal suivi d'une salade. Oui, contrairement à ce qu'on fait en général en Suisse, nous prenions et prenons encore aujourd'hui la salade après le plat principal. Après la salade, il y avait toujours un plateau de fromages et pour terminer un petit dessert. En semaine, cela pouvait être du fromage blanc [10] avec une compote [11] de fruits du jardin, ou par exemple en été, tout simplement une pêche. Ma grand-mère faisait très bien la cuisine. J'aimais toujours ce qu'elle faisait. Et croyez-moi, à l'époque, j'étais une enfant extrêmement difficile. Ce n'était pas évident pour ma mère de composer les menus. Je n'aimais ni les légumes, ni la viande rouge et encore moins le poisson. J'ai l'impression que je m'alimentais principalement de pâtes [12]. Sauf chez ma grand-mère. Là, nous allions faire les courses ensemble au marché où ma grand-mère achetait ses fruits et légumes. De retour à la maison, ma sœur et moi l'aidions à faire la cuisine. Mes tâches préférées étaient d'équeuter [13] les haricots verts et surtout d'écosser [14] les petits pois. Ces activités étaient très conviviales parce qu'on s'installait autour de la table de la cuisine et nous papotions pendant le travail. Et puis pour ma sœur et moi, c'étaient des activités typiques de vacances que nous ne faisions jamais à la maison en Suisse. C'est peut-être pour cela que je faisais au moins l'effort de goûter les haricots et les petits pois chez ma grand-mère. Un autre passe-temps qui nous menait dans la cuisine ma sœur et moi, était de prendre les graines [15] des pastèques [16] en été ou des citrouilles en automne, de les nettoyer et les faire sécher pour ensuite les enfiler sur un fil pour faire un bracelet ou un collier. Un peu comme avec les marrons. Je vous en avais parlé dans une précédente émission. Et voilà, j'espère que cette petite histoire – ou plutôt ces souvenirs avec les mots de Lou – vous ont plu.
*
C'est la saison des mariages. Avez-vous aussi eu la chance d'assister dernièrement à un mariage ? Moi, oui. Cela faisait très, très longtemps que je n'avais plus été invitée à un mariage. Samedi dernier, la nièce de mon mari s'est mariée et nous avons pu prendre part aux festivités. Il faisait un temps magnifique, la mariée était rayonnante [17], la cérémonie solennelle [18] et l'apéritif très réussi. Bon, je vous épargne les détails. Toujours est-il qu'après la cérémonie et l'apéritif, les invités étaient conviés [19] à un dîner – lui aussi excellent d'ailleurs. Je ne vais pas vous parler du menu en détail maintenant, mais en milieu de dîner, juste avant le plat de viande, on nous a servi un sorbet au basilic et à la menthe. Cet intermède [20] sert à redonner de l'appétit pour la suite du repas. En France, on appelle ce moment du repas un « trou normand ». Il y a très longtemps, on parlait du « coup du milieu ». Eh oui, en milieu de repas, on prenait un coup… d'alcool, bien sûr. N'importe lequel. Petit à petit, il s'est établi de servir du calvados. Le calvados, comme son nom l'indique, vient de la région Calvados qui se trouve en Normandie. Et c'est de là que le trou normand détient son nom. Aujourd'hui, le trou normand n'est pas un simple verre de calvados. Non, en général, on sert une boule de sorbet de pommes arrosé de calvados. Le sorbet et l'eau de vie de pommes sont censés [21] faciliter la digestion [22] et redonner de l'appétit pour la suite du repas. Le trou normand est servi d'habitude après le plat de poisson ou de fruits de mer et avant le plat de viande. Je me rappelle la toute première fois qu'on m'a servi un trou normand. Ce n'était pas en Normandie, mais dans la région des châteaux de la Loire. Là aussi, une région où on mange bien. Sans oublier les vins de la région : Sancerre, Pouilly-Fumé, etc. Je devais avoir à peine 20 ans et je passais mes vacances d'été chez ma grand-mère, ma tante et mes oncles. Pendant ces vacances, ils m'ont emmenée voir les châteaux de la Loire. C'était la première fois que je visitais cette région. Nous avons passé la nuit dans un charmant petit hôtel qui se trouvait juste en face du château de Villandry. C'est le château qui est en fait surtout visité pour ses jardins. Sa particularité est qu'une partie de ces jardins est en fait un potager [23] décoratif, où poussent des légumes et des plantes médicinales arrangés de façon artistique. Je peux vraiment vous conseiller la visite de ce château. Le restaurant de l'hôtel où nous séjournions valait lui aussi le détour. Le soir, nous avons savouré un excellent dîner. Et là, j'ai pu goûter la première fois ce fameux trou normand. Il n'était pas annoncé sur le menu. Quelle bonne surprise ! Aujourd'hui, les restaurants adaptent le traditionnel trou normand à leur région. Ainsi, le calvados est remplacé par une eau-de-vie [24] du terroir et est servie avec un sorbet correspondant. Vous pouvez donc trouver un trou alsacien ou un trou périgourdin.
*
Je vous ai mis l'eau à la bouche ? Eh bien, vous pouvez maintenant aller chercher quelque chose à grignoter car l'émission d'aujourd'hui est terminée. Je me réjouis de vous retrouver dans quinze jours, le 20 juillet pour la dernière émission avant les vacances. Cette fois-ci ce sera au tour de l'histoire avec les mots de Nelly. D'ici là, n'oubliez pas de travailler votre lexique grâce à la fonction vocabulaire de notre application. Et pensez aussi à me rejoindre sur Instagram sous #podclubisabelle et #balades. Je vous fais la bise et vous dis à bientôt pour une nouvelle balade !