Académie équestre et expressions imagées avec « cheval »
Bonjour à tous et bienvenue sur mon podcast « Balades » en ce 7 décembre. Aujourd'hui, mes deux parties tourneront autour du thème du cheval. En premier, je vous parlerai d'un spectacle insolite [1] qui met à l'honneur le cheval et son cavalier. Ensuite, je vous expliquerai quelques expressions imagées qui sont en relation avec l'équitation. Vous êtes prêts ?
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Dans la précédente émission, je vous ai emmenés au château de Versailles visiter le Hameau de la Reine. Comme je vous l'ai annoncé la dernière fois, nous retournons aujourd'hui à Versailles. Mais nous n'entrons pas dans le château proprement dit. Nous traversons plutôt la grande place qui se trouve devant le château, pour nous diriger vers les écuries [2] du château. Ces écuries sont constituées de deux immenses bâtiments séparés par l'avenue qui conduit vers le château. La taille impressionnante de ces deux bâtiments montre le rôle important que les chevaux tenaient à la cour [3] de Louis XIV. Le bâtiment de gauche – si vous avez le château dans votre dos – est la Grande Écurie, et celui de droite s'appelle la Petite Écurie. Les adjectifs « grand » et « petit » ne décrivent ici pas la différence de taille des deux écuries, mais désignent leurs différentes affectations [4]. En effet, les deux bâtiments sont de la même taille et ont été construits de façon symétrique. Alors que la Grande Écurie hébergeait, entre autres, les chevaux montés par le roi et les princes lors de leurs parties de chasse [5] ou pour la guerre, les chevaux d'attelage [6], eux, se trouvaient dans la Petite Écurie. Aujourd'hui, les Écuries royales abritent [7] différentes institutions ainsi que la galerie des Carrosses [8] et – ce dont je veux vous parler plus en détail dans cette émission – l'académie équestre [9] nationale. Cette académie équestre, qui se trouve dans la Grande Écurie, n'est pas une école d'équitation classique, banale. Il s'agit plutôt d'un lieu où cavaliers [10] et chevaux travaillent ensemble. Alors, le travail des écuyers [11] de l'académie ne se limite pas au dressage des chevaux pour leur faire faire des sauts [12] ou des pirouettes [13] sur demande. Non, ici, plusieurs disciplines sont combinées : il y a outre le dressage, aussi l'escrime [14], le chant, la danse et le tir à l'arc [15]. Vous voyez, les chevaux ne sont pas les seuls à s'entraîner, leurs cavaliers le font eux aussi. Le fruit de ce travail est présenté au public sous forme de théâtre équestre le samedi et le dimanche dans un magnifique cadre à la Grande Écurie. Si vous aimez les chevaux et que vous faites peut-être aussi de l'équitation, alors ce spectacle vous plaira sûrement. Ma fille a pu y assister en octobre et elle était ravie de cette sortie et très impressionnée par les capacités des chevaux. L'académie équestre de Versailles a été créée en 2003 par Bartabas qui est un écuyer et artiste très connu. Bartabas, de son vrai nom Clément Marty, a une soixantaine d'années et évolue [16] dans le monde du spectacle, et plus particulièrement des spectacles avec des chevaux, depuis les années 70. Avec son théâtre Zingaro, il fait des tournées en France, mais aussi en Suisse. Ainsi, il était cet été à Avenches pendant trois semaines. Le nom de ce théâtre vient du cheval préféré de Bartabas. Zingaro était un très beau cheval noir avec lequel Bartabas a mis en scènes plusieurs spectacles. Si vous voulez voir un spectacle équestre un peu plus classique, alors je peux vous proposer le Cadre noir de Saumur. Cette école nationale d'équitation rassemble l'élite des cavaliers français qui participe, par exemple, aux jeux olympiques et à d'autres compétitions internationales. Là aussi, des galas et des présentations publiques ont lieu régulièrement dans l'année. Contrairement à l'académie équestre de Versailles, dont l'origine est moderne, l'histoire du Cadre noir de Saumur remonte à l'époque napoléonienne où les cavaliers faisaient partie de l'armée. Vous voyez que la philosophie derrière ces deux écoles est complètement différente. Toujours est-il que Saumur, la commune où est basé le Cadre noir, se trouve au bord de la Loire. On peut y visiter le château dont les origines remontent au XIVe siècle. Et puis vous avez tous les autres châteaux de la Loire dans les environs. Même si vous ne vous intéressez pas trop aux chevaux, la ville vaut le déplacement.
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Pour les expressions imagées d'aujourd'hui, je vous ai choisi quelques exemples qui ont un lien avec les chevaux. Tout d'abord, il y a là l'expression « monter sur ses grands chevaux ». Imaginez la situation suivante : deux personnes discutent sur un sujet et elles ne sont pas d'accord. À un moment, une des deux perd son sang-froid [17] et s'emporte contre l'autre. Celle-ci peut alors dire : « Calme-toi, ce n'est pas la peine de monter sur tes grands chevaux. » Quand on monte sur ses grands chevaux, on se met en colère et on prend quelqu'un de haut. L'origine de cette expression se trouve au Moyen Âge quand on choisissait les plus grands chevaux pour partir à la guerre. Plus le cheval était grand, mieux son cavalier pouvait dominer la situation. Êtes-vous à cheval sur quelques principes ? Par exemple sur l'orthographe ou sur les bonnes manières ? Si vous êtes « à cheval sur les règles », cela signifie que vous être très strict en ce qui concerne ces règles et que vous attachez de l'importance à leur respect. Finalement, il y a, comme je trouve, la très belle expression « mettre le pied à l'étrier ». L'étrier est attaché à la selle du cheval et il soutient le pied du cavalier. Quand vous voulez monter sur un cheval, vous devez donc d'abord placer un pied dans l'étrier pour ensuite pouvoir vous hisser [18] sur la selle [19]. Les débutants ont souvent besoin de quelqu'un qui les aide à mettre le pied à l'étrier. Ils ne peuvent pas encore monter seul à cheval. L'expression « mettre le pied à l'étrier » veut donc dire « aider quelqu'un à réussir » ou « favoriser la réussite de quelqu'un ». On peut donc dire : « Avec sa formation, maintenant qu'Yvonne a mis le pied à l'étrier, sa carrière va s'envoler, j'en suis sûre. » * Et voilà pour aujourd'hui. J'espère que j'ai pu vous mettre le pied à l'étrier avec cette émission et que vous faites des progrès en français. Nous nous retrouvons dans 15 jours, le 21 décembre, sur podclub.ch ou sur notre application. Je vous emmènerai alors choisir un sapin [20] de Noël. D'ici là, n'oubliez pas de travailler votre lexique grâce à la fonction vocabulaire de notre application. Et rejoignez-moi sur Instagram. Je vous fais la bise et vous dis à bientôt pour une nouvelle balade !