Julie Barlow, The Bonjour Effect: Part 2
...à Paris ? Mais à Paris, la première fois qu'on est allé à Paris. C'était en 99, ça remonte jusqu'à 15 ans maintenant et on avait une bourse d'une fondation américaine pour étudier les Français. On avait à peu près trente ans à l'époque et on était libre d'étudier, on avait choisi la France. Je peux te le dire honnêtement, on avait choisi la France parce que on avait comme la capacité d'exercer, enfin de répondre aux exigences de cette bourse là en France. Il y a plusieurs boursiers qui sont dans d'autres pays que nous. On s'est dit parce qu'on était francophone…
Expliquons le mot « bourse ». Une bourse, c'est une aide financière.
Ouais c'est une aide financière qui venait de fondation privée. Donc qui envoie des jeunes autour de trente ans. Donc nous on était allé en France avec la question ou l'espèce de thématique du projet c'était : pourquoi la France résiste à la mondialisation.
Bon sujet, c'est un sujet pertinent !
Mais là, à l'époque, on parlait beaucoup de la résistance de la France. Mais maintenant c'est une question très différente. Mais on s'est rendu compte très rapidement en fait que les Français ne résistaient pas vraiment à la mondialisation. Mais ils voyaient ça d'une façon complètement différente que les Américains. Donc on a laissé tomber la question, on a décidé de se concentrer sur les espèces de malentendus entres les Français et les Américains, entre la civilisation française et nord-américaine. Quelques fois on ne se comprend pas, parce que dans le fond, nous on a compris assez rapidement qu'il s'agissait souvent d'un malentendu. Donc on a fait un premier livre sur les Français qui décrivait vraiment la société française et les mœurs des Français. Ensuite, on est venu au Québec, on a écrit deux autres livres. En 2013 et 2014, l'année scolaire de nos filles qui étaient en CM1 à l'époque, on a décidé de retourner une année à Paris. On avait envie d'aller à Paris, ça nous convenait la vie parisienne. Et on avait le projet d'étudier le livre dont on parle Le Bonjour Effect.
Donc si je résume vous êtes allé à Paris une première fois en 1999 avec un projet d'étude sur pourquoi les Français résistaient à l'internationalisation. Et petit à petit ce projet il a évolué et puis ça s'est transformé en ce livre Le Bonjour Effect.
Oui avec trois livres entre temps ! Mais c'est exact, oui.
Et qu'est ce que vous exposez dans ce livre, qu'est-ce qui qui peut être utile pour les voyageurs surtout nord-américains qui voyagent à Paris ?
Ouais, mais voilà, c'est tout le livre qui est utile, ou on l'espère en fai. Mais c'est parce que on se rend compte que les gens jugent vraiment très rapidement les Français. Mais en même temps les Français ont peut-être...les Français ont exporté notre culture au point où les gens dans la civilisation anglo-saxonne d'Amérique du Nord, en particulier, on a l'impression qu'on connaît les Français, qu'ils sont juste comme nous mais mieux dans la cuisine, dans la culture. Ils sont comme sophistiqués, on admire la culture française mais on oublie que c'est vraiment une autre culture avec d'autres codes. Donc les gens vont à Paris, ils rêvent de vivre l'expérience, la vie parisienne, de voir l'art, d'être exposés à la culture et de manger évidemment. Et puis rapidement ils se rendent compte, ils ont l'impression que les Français sont pas aussi gentil que ça. En fait ils les trouvent...on dit « rude » en anglais ! Ils sont malpolis. Suivant des réactions comme ça, même des gens qui travaillent en France depuis longtemps, qui ont les mêmes problèmes toujours avec les réactions. Ils trouvent les gens... Ils disent non, ils ne répondent pas, ils sont malpolis...d'où la réputation des Français d'être un peu arrogant. Et nous, ce qu'on voulait faire avec ce livre là, c'était de trouver, puis d'expliquer les codes. Pourquoi, on a de telles réactions rencontrées quand on va au restaurant, quand on parle à des personnes à qui on demande des informations. Donc c'est comme une liste de sujets et on traite chaque sujet un à la fois.
Et donc dans cette liste là, il y a le premier chapitre qui m'a marqué. C'est comment vous parlez du « bonjour ». Le « bonjour » fonctionne comme une formule magique pour commencer la communication. Alors, dis moi Julie, qu'est ce que c'est un « bonjour » parfait ?
Un « Bonjour » parfait, c'est tous les « bonjours ». Commençons par expliquer un peu qu'on ne peut pas commencer à parler à un Français sans commencer par « bonjour ».
C'est vrai !
Ça semble évident mais les gens l'oublient en fait. Parce que nous, on a pas cette espèce de façon assez formelle finalement de commencer la conversation en Amérique du Nord. On est pas comme ça. Il faut dire « bonjour » avant de demander quelque chose, avant de pouvoir parler à quelqu'un. Si on rentre dans le territoire, un magasin, il faut dire « bonjour ». Avant de demander une information, même dans l'épicerie, on en peut pas juste rentrer puis dire « excusez, excusez-moi, j'aimerais savoir telle ou telle info ». C'est comme demander la permission de commencer à discuter, à communiquer, à parler, à converser avec quelqu'un.
Oui, demander la permission, c'est vrai.
Donc le « bonjour » parfait, c'est le « bonjour »... en fait, si tu as l'impression que tu dis « bonjour » trop dans ta journée, c'est que tu es probablement à peu près correct ! Faut le dire toujours à tout le monde et il faut attendre qu'il te réponde « bonjour ».
Oui, c'est ça ! Et ça c'est un détail que tu mets dans ton chapitre. Les détails comptent. C'est que : on dit « bonjour » et on attend quelques secondes que l'autre personne réponde « bonjour ». Parce que si on dit bonjour et qu'après on pose sa question tout de suite. Bah ça,
les gens considèrent ça comme malpoli. Ça tu l'expliques très bien. Oui...