Ne pas être sorti de l'auberge
Ne pas en avoir fini avec les difficultés ou les ennuis.
Voilà une expression du XIXe siècle en apparence étrange, car il semble difficile d'associer les ennuis avec une auberge, généralement destinée à être accueillante, et de laquelle rien ne nous empêche de se sortir, pour peu qu'on ait payé notre dû.
Il nous faut donc nous tourner vers l'argot et plus précisément celui des voleurs pour comprendre le sens de cette expression.
En effet, dans ce monde-là, le terme auberge désigne la prison, ce lieu où le voleur trouve gîte et couvert, comme dans une auberge, une fois qu'il a été capturé et condamné. Autant dire qu'une fois qu'il y est enfermé, non seulement il est loin d'en avoir fini avec les ennuis de la captivité, promiscuité et sévices divers, entre autres, mais il aura beaucoup de mal à en sortir de son propre chef. Cette expression en a donné une complémentaire qui est sortir de l'auberge pour « se tirer d'un mauvais pas », donc des ennuis dus à la situation pénible dans laquelle on se trouvait.