Ne pas être dans son assiette
Ne pas être dans son état normal, physiquement et/ou moralement
De nos jours, à moins de faire du cheval ou de l'aviation, par exemple, quand on pense 'assiette', on pense généralement au plat individuel dans lequel on mange.
Alors il semble assez normal de ne pas être dans son assiette car qui aurait l'idée saugrenue de s'y vautrer ? Mais c'est oublier que l'assiette individuelle n'est entrée dans les moeurs qu'après le XVIe siècle, l'habitude étant auparavant de manger avec les doigts (ou avec la fourchette chez les riches, à partir de Louis XIII) dans le plat commun placé au centre de la table.
En effet, le mot 'assiette' a son origine liée au verbe 'asseoir'.
De ce fait, un des sens du mot est, depuis 1580 chez Montaigne, la "manière d'être assis" et, pour les amoureux des équidés, la "position du cavalier sur sa monture". Cette association du mot à une position a donné, au figuré et chez le même auteur, le sens de "état de l'esprit" ou "façon d'être". C'est cette dernière signification qu'on retrouve dans notre expression. Certains esprits curieux se demanderont pourquoi le mot assiette a ensuite désigné ce plat individuel.
À ceux-là, je répondrai que c'est parce que, toujours en restant avec le sens de 'position' et dès la fin du XIVe siècle, le mot a désigné la situation d'un convive à une table. Par extension, le service posé à chaque place a également été appelé 'assiette' avant que le mot ne désigne finalement plus que le petit plat individuel.