Arriver comme un cheveu sur la soupe
Je sais, disait Béjart rencontré à Lausanne, que tout le monde parle aujourd'hui d'écologie.
Et j'ai un peu l'air, avec mon ballet, de venir comme un cheveu sur la soupe. En réalité, c'est un problème dont, comme des tas de gens, je suis préoccupé depuis des années. La nature n'est pas un décor placé autour de nous pour faire joli et je n'aime pas les équivoques qui entourent ce mot. La nature, c'est nous. Elle fait partie intégrante de notre existence. Elle nous fait vivre. En la tuant, nous nous suicidons. Si le mot 'soupe' est ici à prendre au sens plus large de 'nourriture', il n'est pas besoin d'imaginer une explication pour comprendre la métaphore.
En effet, qui apprécie de trouver un cheveu posé sur le contenu de son assiette ?
Bizarrement, ce n'est pas la saleté que l'expression évoque, ce qui semblerait naturel, mais plutôt le côté incongru, mal venu de ce cheveu arrivé là très malencontreusement.
Cette expression semble n'être attestée qu'au tout début du XXe siècle.