Chapitre 3 Le mystère de la loge numéro 5
Le surlendemain, l'un des directeurs trouve sur son bureau le rapport d'un employé décrivant les étranges événements qui se sont produits la veille.
En effet, les spectateurs de la - loge numéro 5 ont perturbé la représentation et dérangé le public par leurs rires et leurs conversations. L'employé écrit qu'il a dû appeler un garde municipal pour faire évacuer la loge à deux reprises, au début et au milieu du deuxième acte. Messieurs Moncharmin et Richard décident de mener leur enquête.
Ils font venir l'employé dans leur bureau. — Que s'est-il passé hier soir dans la loge numéro 5 ?
demande monsieur Richard. — Les spectateurs de la loge numéro 5 se sont très mal comportés dès leur arrivée, au début du deuxième acte.
Ils sont entrés dans la loge, et en sont ressortis aussitôt en racontant qu'une voix leur avait dit : « Il y a déjà quelqu'un, cette loge est occupée ». Ils ont ensuite mieux regardé à l'intérieur : il n'y avait personne. Alors, ils se sont installés et ils ont commencé à parler et à rire. — Vous en avez évidemment parlé avec l'ouvreuse.
Qu'est-ce qu'elle a dit ? demande monsieur Moncharmin. L'employé sourit.
— Elle a dit que c'était le fantôme.
— Allez immédiatement chercher l'ouvreuse !
ordonne monsieur Richard. Cette histoire de fantôme commence sérieusement à m'énerver ! Quelques minutes plus tard, l'ouvreuse entre dans le bureau de monsieur Richard.
Il s'agit de madame Giry, la mère de Meg. — Vous avez eu raison de m'appeler, messieurs, dit-elle avec un sourire amical.
Je peux tout vous expliquer sur le fantôme. — Le fantôme ne nous intéresse pas !
dit monsieur Richard, visiblement très énervé. Racontez-nous plutôt ce qui s'est passé hier dans la loge numéro 5. — C'est à cause du fantôme, dit-elle calmement, il était très en colère et il...
Monsieur Moncharmin interrompt l'ouvreuse.
— Avez-vous déjà parlé au fantôme ?
demande-t-il en souriant. — Bien sûr, monsieur !
répond l'ouvreuse. — Et quand il vous parle, que dit-il ?
— Il me demande de lui apporter un petit éventail.
Les directeurs se mettent à rire.
— Mais alors, le fantôme est une femme ?
demande Richard, ironique. — Non, c'est un homme !
Et il a une belle voix, très douce. Il arrive en général vers le milieu du premier acte. Il me laisse toujours un pourboire sur la petite table de la loge. Il est vraiment très gentil. Après cet entretien, les directeurs décident de licencier madame Giry, visiblement folle, et d'aller voir cette loge numéro 5 d'un peu plus près...