×

Utilizziamo i cookies per contribuire a migliorare LingQ. Visitando il sito, acconsenti alla nostra politica dei cookie.

image

Ted Talk en français, 43a. L'enthousiasme, cet engrais qui fait fleurir l'enfance. Partie 1/2.

43a. L'enthousiasme, cet engrais qui fait fleurir l'enfance. Partie 1/2.

Bonsoir.

Quand j'étais enfant, j'avais développé une petite phrase pour me présenter d'un seul coup, et pour répondre d'une seule traite à toutes les questions qu'on me posait toujours régulièrement.

Et la phrase c'était : « Bonsoir, je m'appelle André.

Je suis un garçon -- j'avais les cheveux longs à l'époque déjà, et on me prenait pour une fille, ce qui m'amusait beaucoup -- « J'ai six ans, je ne mange pas de bonbons, et je ne vais pas à l'école. » Et de nos jours, pour me présenter, eh ben ! (eh bien !) Je peux me présenter d'une manière très similaire, et c'est ce que je vais faire ce soir !

Bonsoir. Je m'appelle toujours André, je suis toujours un garçon, et je ne mange toujours pas de bonbons, entre autres choses que je ne mange pas, et je ne vais toujours pas à l'école. Je suis un enfant de 43 ans qui n'est jamais allé à l'école, et ça fait de moi, dans notre monde, une sorte d'exception, et pour moi, c'est toujours assez surprenant d'être une exception, alors que ce que j'ai vécu, est ce qui peut se vivre de plus naturel.

Tout enfant, plongé dans des circonstances semblables, vivrait quelque chose de très ressemblant.

Et c'est de ça dont je veux vous parler ce soir. Je veux vous parler des dispositions spontanées de l'enfant qui n'ont jamais été troublées dans ma vie, et qui fait de moi cette exception, alors que je suis un enfant des plus banals.

Et c'est cela qui compte pour moi, je suis ni spécial, ni surdoué.

Autrement dit : imaginez que nous trempions un noyau d'avocat - c'est arrivé récemment, parce que mon fils de 4 ans et demi, Antonin, que je vous présente ce soir, a voulu essayer - mettons un noyau d'avocat dans l'eau, au bout de quelques jours, il va y avoir une tige qui va en sortir et quelque racines, et aucun d'entre nous n'aurait l'idée de dire : « C'était un noyau d'avocat surdoué ! » Parce que c'est dans la nature du noyau d'avocat de pousser, et c'est ce qui m'est arrivé, et c'est ce dont je veux vous parler, en rappelant justement, que c'est parce que cela arriverait à chaque enfant que cela nous intéresse. Je voudrais parler des dispositions spontanées de l'enfant, et la toute première qui me vient à l'esprit, ça va être une question à [pour] vous : quelle est la première chose que fait l'enfant dès qu'on le laisse tranquille ?

Il joue.

Et tous les enfants jouent, quelles que soient les circonstances qui les entourent, quel que soit l'environnement, la guerre, la misère, la peur, le luxe, je ne sais pas ce qu'il y a de pire.

Euh, dans tous les cas, l'enfant dès qu'on lui en donne la possibilité, joue, et si nous ne l'interrompions jamais, il jouerait toujours.

Or, nous l'interrompons.

Alors j'ai la chance de travailler avec un neurobiologiste, voilà que les neurobiologistes nous ont dit une chose intéressante, ils nous ont dit que : il se trouve que ce n'est pas par hasard que nous sommes envoyés dans le vaste monde équipés du dispositif d'apprentissage le plus génial qui ait jamais été inventé, j'ai nommé le jeu.

Il n'y a pour apprendre rien de mieux que le jeu.

Il faudrait l'écrire sur la porte du frigidaire. Et sachant cela, on se demande toujours, pourquoi personne n'a voulu voir ce qu'il arriverait d'un enfant… à un enfant qu'on laisse jouer, pas seulement toute une journée, mais par exemple 43 ans durant. Est-ce qu'il en ressort vraiment un sauvage, illettré, asocial et chômeur ?

Alors pour vous dire… pour continuer avec la neurobiologie, pour l'enfant, jouer et apprendre sont des synonymes.

C'est exactement la même chose et il ne peut pas les différencier.

Imaginez maintenant qu'une personne aimée, une personne de référence primaire, vienne voir l'enfant et lui dise : « Il faut que tu arrêtes de jouer pour apprendre.

» Alors c'est drôle, mais c'est comme si je vous demandais maintenant, respirez, sans prendre d'air.

Vous allez me trouver absurde, et vous allez penser que je demande quelque chose d'absurde.

Justement, c'est là que c'est intéressant, parce que l'enfant ne se permet pas de penser ça. Il ne se permet pas de penser de l'adulte, que l'adulte a un problème.

Comme il ne se permet pas de penser cela, il pense que c'est lui qui a un problème.

Et lorsque l'enfant constate qu'il a un problème, ça (cela) active dans son cerveau les mêmes réseaux neuronaux que lors d'une douleur intense. Il faudrait qu'on se le dise !

Et donc !

Après cette injonction contradictoire, je vais vous parler d'une autre disposition spontanée de l'enfant, elle nous vient de la neurobiologie. Euh ! Je ne suis pas neurobiologiste, et je vais pas (je ne vais pas) faire de… m'attribuer des fonctions que je ne pourrais pas remplir, mais je vais vous faire un rapide résumé de ce qu'on a cru, on a cru qu'il y avait des cerveaux génétiquement programmés, qu'il y en avait des bêtes et qu'il y en avait des intelligents.

Et c'était pratique, on est… on s'en est tenu à cela pendant de nombreuses années, et puis on a constaté une chose très spectaculaire récemment, on a constaté que la région du cerveau qui est responsable des mouvements du pouce, est surdéveloppée chez les jeunes de nos jours.

(Rires)

Alors on s'est dit : « C'est extraordinaire, ça veut dire que le cerveau peut se développer comme un muscle.

», et on a développé des programmes de musculation cérébrale, destinés à nous faire nous promener avec des cerveaux comme ça, et ça n'a pas marché.

Nous nous trouvons devant une question quand même poignante : pourquoi ce qui marche pour les SMS, ne marche pas pour les mathématiques ?

(Rires) Et c'est là qu'on a fait la découverte… la découverte du 21ème siècle. On a découvert que notre cerveau se développe là où nous l'utilisons avec enthousiasme.

Et l'enthousiasme, c'est la clef des choses.

Et ça en plus, c'est extraordinaire que la neurobiologie nous apporte la preuve d'une chose que nous savons depuis toujours, car nous savons qu'en état d'enthousiasme, nous avons des ailes, que plus rien ne nous arrête, que apprendre (qu'apprendre) se fait tout seul, nous savons cela, et alors là, la neurobiologie nous livre une statistique très intéressante : l'enfant, équipé de manière naturelle et en série, du dispositif d'apprentissage le plus génial qui soit, le jeu, est également équipé, de sa portion d'engrais portable, parce qu'il s'avère que l'enthousiasme, c'est l'engrais du cerveau.

Ça se décrit, vous pouvez voir sur Google, c'est très intéressant de voir ce qui se passe.

Et donc, chacun d'entre nous vient non seulement équipé du meilleur des dispositifs d'apprentissage, mais en plus, de son engrais portable.

Et les enfants baignent dans un état d'enthousiasme constant.

Les statistiques disent qu'un enfant de deux à trois ans, s'enthousiasme ; ressent une tempête d'enthousiasme, toutes les deux à trois minutes, et s'enthousiasme pour tout.

Le moindre bout de papier va les enthousiasmer pendant des heures.

Et les mêmes statistiques, vous savez ce qu'elles disent sur nous les adultes : on s'enthousiasme… on ne trouve [que] la même quantité d'enthousiasme, [que] deux à trois fois par an. (Rires) Or, il n'est pas forcé qu'il en soit ainsi. En nous, en chaque enfant, il y a un génie potentiel. Donc, puisque chacun d'entre nous contient un enfant, il y a en chacun d'entre nous un génie potentiel qui n'attend qu'une chose : c'est de voir pour quoi nous allons nous enthousiasmer.

Mais pour nous enthousiasmer, il faut aussi que nous nous débarrassions de certaines choses, par exemple, des hiérarchies entre les métiers et les matières.

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE