×

Utilizziamo i cookies per contribuire a migliorare LingQ. Visitando il sito, acconsenti alla nostra politica dei cookie.

Ted Talk en français, 42a. L'optimisme est une discipline: … – Text to read

Ted Talk en français, 42a. L'optimisme est une discipline: Luc Simonet à TEDxLille. Partie 1/2.

Intermedio 1 di francese lesson to practice reading

Inizia a seguire questa lezione ora

42a. L'optimisme est une discipline: Luc Simonet à TEDxLille. Partie 1/2.

Alors d'abord je voudrais souhaiter une bonne fête à toutes les dames puisque c'est la fête de la femme aujourd'hui.

[Applaudissement]

Et euh, vous connaissez cette pensée de Jean-Marc Reiser qui disait : « Les femmes qui veulent être les égales des hommes manquent sérieusement d'ambition.

»Alors, je suis avocat depuis la nuit des temps, avocat fiscaliste, avocat d'affaires, et quand mes clients me téléphonaient, il y a huit ans, pour me dire : « J'ai tel ou tel problème », j'avais envie de dire : « Je m'en fous ». Et donc, je me suis dit que c'était peut-être le signe que je devais changer quelque chose à ma vie parce que je pense que quand on n'est plus dans l'enthousiasme, c'est justement le signe qu'on doit changer quelque chose à sa vie.

Et vous savez sans doute d'où vient le mot « enthousiasme » ?

Il vient du grec « éntheos theiasmós », ce qui littéralement signifie : « dans le souffle du divin ».

Ça (Cela) n'a évidemment rien de religieux, on pourrait dire que c'est le souffle de la transcendance.

Bon !

Il est vrai que, parfois, je faisais du droit fiscal de manière un petit peu particulière, parce que je me souviens qu'il y a 25 ans, une avocate me téléphone en disant : « Luc, j'ai un gros problème, un client richissime qui fait l'objet d'un terrible chantage fiscal de la part de sa fille qui par ailleurs lui vole plein d'argent, etc. »Je lui dis : « Très bien, viens avec ton client. » Et je vois arriver un homme, 80 ans, très excité, « Maître, il faut tout organiser au Liechtenstein dans les îles Caïman, au Luxembourg, ma fille va tout me voler, elle me fait un chantage fiscal, etc.»

Je le laisse partir comme un cheval fou au grand galop et je ne l'interromps plus pendant dix minutes.

Au bout de dix minutes, je l'interromps tranquillement, et dans sa tête, il vient voir un avocat fiscaliste, et je dis : « Monsieur, est-ce que vous n'avez pas le sentiment que tout l'argent que vous vole votre fille n'est rien d'autre que le symbole de l'amour que vous ne lui avez jamais donné ? »Consternation chez l'avocate, le client ne m'entend pas, continue de plus belle : taïaut ! taïaut ! Liechtenstein ! Îles Caïman ! etc. Et je le laisse repartir et je ne l'interromps plus. Et au bout d'un quart d'heure, il s'arrête, et il dit : « Quand même, Maître, ce que vous m'avez dit tout à l'heure m'interpelle, je reconnais que jamais je n'ai accordé le moindre regard à ma fille. J'étais toujours en voyage d'affaires, je m'occupais de mon business, etc. »Et en sortant de mon cabinet, ce client a eu un très beau réflexe : il a téléphoné à sa fille, il l'a invitée à dîner le soir et lui a présenté ses excuses pour tout le mal qu'il lui a fait. Plus jamais cet homme n'a fait l'objet du moindre chantage fiscal, ni du moindre vol.

Et donc - en fait - il se fait que j'ai donné pendant quelques années un cours de droit des affaires dans une grande école de commerce à Bruxelles et j'aimais bien raconter l'histoire du tailleur de pierre, que vous connaissez sans doute, mais s'il y a une seule personne qui ne la connaît pas, je la raconte quand même.

C'est l'histoire d'un homme qui passe devant une cathédrale et il voit trois ouvriers qui sont occupés à tailler des pierres.

Il demande au premier : « Qu'est-ce que tu fais ?

»« Moi, Monsieur, vous voyez bien, je suis occupé à tailler une pierre. C'est un métier terrible, on ne gagne pas d'argent, c'est affreux, etc. »Puis, il passe devant le deuxième qui est un petit peu… qui fait un petit peu moins la gueule, et qui dit : « Moi je taille une pierre, je taille des pierres aussi, mais enfin finalement, c'est quand même bien, je suis en plein air, et euh… je veux dire je gagne un peu ma vie pour nourrir mes enfants. »Et puis il passe devant le troisième qui fait la même chose que les deux premiers. Il lui dit : « Et toi tu fais quoi ? »« Bah moi, Monsieur,vous voyez bien je suis occupé à construire une cathédrale ! » Et il est tout heureux.

Et donc j'explique à mes étudiants : voilà trois ouvriers qui font exactement la même chose.

Mais pourtant la question n'est pas de savoir ce qu'ils font ; la question est de savoir dans quel état d'esprit ils le font.

Je dis : « Vous, par exemple, pourquoi vous voulez devenir ingénieur commercial ou licencié en science consulaire, etc.

? »Et euh… Ils me prennent un peu pour un dingue parce que je viens donner un cours de droit des affaires et j'entends derrière dans l'auditoire : « Pour le pognon ! »Je dis : « Très bien, parlons-en un peu, c'est quoi l'argent pour vous ? » Je dis vous savez, vous pouvez considérer que l'argent c'est une matière inerte que vous allez tenter d'accumuler le plus possible pour soigner vos angoisses. Quelles angoisses ?

Eh bien d'abord l'angoisse par rapport à la finitude de votre vie, parce que figurez-vous que l'argent c'est un nombre et que par définition le nombre est infini.

Donc pour conjurer l'angoisse par rapport à la finitude de votre vie, vous serez peut-être tentés d'accumuler le plus possible de l'argent.

Ou alors je dis : « Vous considérerez que l'argent, c'est une énergie.

Une belle énergie si vous faites de belles choses pour ou avec l'argent, une énergie moche si vous faites des choses moches pour ou avec l'argent.» Bon…

Alors voilà, euh… me voilà arrivé au terme d'un septennat sabbatique aujourd'hui, et donc j'avais créé cette association qui s'appelle la « Ligue des Optimistes du Royaume de Belgique » - c'est un truc un peu surréaliste - (Rires) Hein bon !

C'est un peu belge…

Mais enfin, l'idée au fond, c'est de faire émerger, je dirais, avec un peu de légèreté, une idée plus sérieuse qu'elle n'en a l'air.

L'idée, c'est quoi ?

J'essaie de... Ah voilà, attendez, hein ! (Réglages techniques) L'idée c'est de dire : je suis le maître de chacune de mes pensées et pas l'inverse. Si je suis le maître de ma pensée, décidément - bon tant pis ! Si je suis le maître de ma pensée, je suis une personne responsable, si j'ai cette responsabilité, je suis responsable pour ma vie, pour mon environnement, et pour le monde.

Donc l'idée au fond, c'est de dire que l'optimisme, ce n'est pas une aptitude congénitale au bonheur qui nous affranchirait de tous les problèmes douloureux et des grands chagrins de notre vie.

L'optimisme au fond, relève d'une décision et d'une discipline et en fait il constitue aussi le fondement de la responsabilité de chacun.

C'est de dire que si nous voulons que le monde aille mieux, il va falloir que chacun s'y implique et je pense que c'est ça, fondamentalement, l'idée.

Alors vous savez, on a, je veux dire, on a bien entendu aujourd'hui, on parle beaucoup de la crise.

Cette crise est bien sûr une crise économique difficile, douloureuse, mais c'est probablement, et peut-être davantage encore, une crise du sens.

C'est-à-dire que nous avons appris très bien comment faire les choses.

Les avancées technologiques de ces dernières années sont fulgurantes en matière informatique, en matière technologique, etc. Mais le problème, c'est que nous ne savons plus pourquoi. Et c'est ça, la question… la question du sens.

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE