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Ted Talk en français, 37b. Nus et culottés, se dépouiller soi-même pour découvrir le monde ! Partie 2.

37b. Nus et culottés, se dépouiller soi-même pour découvrir le monde ! Partie 2.

{Vidéo : 09:06}

Alors euh, ce qui est… ce qui est intéressant justement avec le fait de partir tout nu, c'est qu'on n'a pas vraiment le luxe de choisir.

Quand on sort des bois, on est très vulnérable, on a faim, on a soif ; souvent on a mal aux pieds, on est fatigué et c'est le voyage qui va décider pour nous. Donc là, c'est très intéressant, parce que c'est encore un potentiel de rencontres et de diversité extraordinaire.

On n'irait peut-être pas rencontrer les gens qu'on va rencontrer en sortant des bois. Et en quoi c'est intéressant ? Ben tout simplement, comme on est invité chez les gens on va être dans une position d'écoute, d'ouverture, de compréhension et il va se passer cette alchimie extraordinaire qui va nous permettre de rencontrer d'autres univers.

Pour moi c'est important ce, ce…ce moment-là.

C'est vrai que ça réveille des peurs. Ces différences culturelles, c'est (ce n'est) pas évident. Des fois il nous est arrivé de dormir chez des assassins. Euh ça fait, ça fait tout drôle, et pourtant, dans la position de l'invité on va quand même chercher à se comprendre. Ça peut réveiller des peurs chez nous, mais aussi chez les autres, de voir arriver comme ça deux hommes sauvages qui débarquent, et là va se mettre en place un jeu, un jeu qui va être de cheminer entre les couches de peur pour aller contacter chez l'autre le fond de bienveillance et de confiance nécessaire pour continuer la rencontre.

À chaque fois que ça s'est passé pour nous ça a été une victoire.

En tout, en quatre ans, on a été hébergés 220 fois chez l'habitant et (passés) seulement cinq nuits dehors. Pourquoi cinq nuits dehors ?

Ben (Eh bien) quand on se met à parler avec les gens, on se rend compte que, ils ne sont pas forcément disponibles, ils ont (ils n'ont) pas forcément l'envie de passer une soirée avec deux inconnus, mais pour nous, si on arrive à se comprendre et à parler, c'est souvent des expériences très riches. Ça dépasse le simple fait d'aller dormir chez l'habitant.

Alors, on a été très touché pendant ces voyages par la disponibilité dont faisaient preuve les gens. Des fois ils étaient en plein repas de mariage et on a été invités à venir à table. Ils avaient une confiance aussi hors du commun.

Je me demandais si moi je serais capable d'offrir cette confiance à des inconnus. Une femme un jour rencontrée dans la rue nous a tendu ses clefs, et nous a dit : « Tenez, voici mes clefs. Allez vous installer chez moi je vous rejoins ce soir. » C'était à Paris. (Rires)

Alors on a beaucoup reçu dans ces voyages, tellement reçu qu'un jour on s'est demandé : « Mais qu'est-ce qu'on donne, nous ?

» Alors on a installé un petit rituel à la fin de chaque rencontre où on confectionnait un cadeau. Alors bien sûr avec les moyens du bord parce qu'on (que l'on n') avait pas d'argent. Ça pouvait être un origami, une chanson, rendre un service, faire la vaisselle, le ménage, tailler une haie. Et au bout d'un moment, on s'est rendu compte que ces cadeaux ils avaient une autre fonction, ils étaient là aussi pour honorer la rencontre et pour inviter de la gratitude dans ce qui se passait avec ces gens, parce que c'est vrai qu'avec… avec le temps, on peut tomber dans une forme de routine, d'habitude et ça, ça tue l'émerveillement.

Alors, y'a eu (il y a eu) des bons moments, bien sûr, puis y'a eu (il y a eu) des moments terribles.

Je me souviens un jour on a dormi dans une poubelle, ou alors dans un, dans un grenier avec des pigeons morts, on essayait de trouver une place entre les cadavres de pigeons. Des moments de grand doute où on perd toute confiance.

Et puis, quand on arrive à la fin du voyage, on se rend compte que chacune de ces expériences était nécessaire pour réaliser notre rêve. Les hauts et les bas. La difficulté c'est d'en avoir conscience au moment où on les vit.

Alors nous on avait une petite technique - c'est Mouts qui avait installé ça - à chaque qu'on vivait un moment difficile, on se posait la question : « Alors, qu'est-ce qu'on apprend là ? » Et puis y'a toujours des choses à apprendre ! Notre façon de formuler une demande, notre façon de se présenter.

Le lâcher-prise, le détachement. En fait, on s'est très vite rendu compte qu'on était des savants fous. On était passionnés d'apprendre, de découvrir, de pousser les limites. On s'est même mis des, des…des contraintes en plus.

Un jour on a fait tout un voyage en choisissant d'être pieds nus, de refuser toute chaussure. Un autre jour, un voyage en étant végétariens.

Alors, je ne vous explique pas pour trouver à manger... Un autre jour, sans formuler de demande.

Et puis, un jour, même, tout une après-midi de stop sans parler. On était fous et on était passionnés par la découverte. Ça c'était notre laboratoire, et ce laboratoire, il a des limites. On est deux, donc c'est rassurant, on est jamais vraiment dans l'inconnu. On a des caméras.

Alors ce n'est pas que ça nous aide dans les rencontres, au contraire des fois c'est plutôt un poids, mais pour nous c'est une sacrée source de motivation, une sacrée source aussi de reconnaissance, donc là encore, ce n'est jamais vraiment totalement l'inconnu. Mais malgré tout, on a choisi ces contraintes, ces limites plutôt, parce que ça nous permettait de partager ces pépites. Et en parlant de pépite, j'aimerais terminer avec une histoire.

Ça s'est passé le premier jour avec Mouts, où on est partis tout nu avec les caméras. On avait très peur parce que cette nuit-là, ils annonçaient 0 °C pour la nuit. Donc si on voulait passer la nuit dehors le feu n'était pas du tout une option. Alors, on avait appris une petite technique de friction avec deux bouts de bois, et puis on s'entraîne, on s'entraîne, toute la journée on frotte notre bout de bois, et puis à un moment le soleil tombe, la température aussi et toujours pas de feu.

On se dit : « Ooh, là là là là… Catastrophe !

Là il va falloir trouver autre chose. Si on n'a pas de feu, il faut une source d'isolation. » Et à ce moment-là, on regarde autour de nous, on est en plein milieu de la forêt ; y'a (il n'y a) pas grand-chose au mois d'avril, mais on commence machinalement à gratter un rocher pour y trouver un peu de mousse. Au bout de cinq minutes, Mouts m'appelle en hurlant : « Nans, regarde ce que j'ai trouvé.

» Un briquet ! (Rires)

On venait de vivre un vrai miracle.

C'était très, très mystérieux, et c'était tellement mystérieux en fait, qu'on a décidé de ne pas le jouer. Parce qu'on s'est dit que personne n'allait nous croire. Donc on a fait semblant d'allumer le feu avec deux bouts de bois. Alors la magie, il y en a eu dans ces voyages.

Et aujourd'hui si je suis là avec vous, c'est surtout pour témoigner d'une magie d'un autre genre. C'était surtout la magie des rencontres. Ces inconnus qui nous recevaient et qui ouvraient leur univers, qui nous ouvraient leur porte, et qui nous ont appris quelque part la véritable nudité, la nudité du cœur, celle qui permet aux hommes dans leur diversité de vivre ensemble, d'apprendre à se connaître, d'apprendre à se comprendre et peut-être d'apprendre à s'aimer. Alors j'aimerais leur rende hommage ce soir ; pour leur courage et puis aussi pour nous avoir transmis toute cette beauté.

{Vidéo présentée sur scène par Nans Thomassey}

Nans : En fait il suffit de bien t'isoler avec 1,50 m de paille et tu dors nickel.

(Musique)

Nans: On vient de se faire arrêter par les gendarmes là.

Et ben en fait, on était en règle. Mouts : Ça y est, on rejoint la civilisation.

Femme : Mon dieu Maryline, ils sont partis tout nus !

Mouts : Il fait bon tout de suite quand on s'habille.

En échange on a un mini-baluchon. Femme : C'est gentil merci.

Femme : On est parti les gars.

Mouts : En route moussaillon.

Et nous on a un petit cadeau quand même pour vous. Bon c'est symbolique, c'est le soleil. Homme : J'appelle ça des ancrages, je le garde précieusement.

Mouts : Est-ce que ça vous dirait de venir avec nous ?

Alors nous en échange on a un petit cadeau pour toi. Une cuillère pour Papé. Nans : Oui, c'est la relation humaine qu'on a envie de re-établir.

De ne pas rester sur des relations artificielles avec les gens que tu croises aussi. De voir un peu ce qu'ils pensent et tout. On est tombés dans un guet-apens. C'est la maison du bonheur. (Musique)

[Du rien au rêve]

(Applaudissements)

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