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Ted Talk en français, 37a. Nus et culottés, se dépouiller soi-même pour découvrir le monde ! Partie 1.

37a. Nus et culottés, se dépouiller soi-même pour découvrir le monde ! Partie 1.

J'ai un ami qui me disait : « Voyager, c'est découvrir.» Découvrir, c'est enlever des couches.

Alors je vais vous raconter comment j'en suis arrivé un jour à partir sans vêtements, sans rien ; et ce que ces voyages nous ont enseigné.

Ça commence en 2005 ; à l'époque je suis élève-ingénieur dans une école d'ingénieurs à Toulouse qui s'appelle l'INSA.

Mes parents habitent Grenoble, et donc pour moi c'est un peu difficile de faire les allers-retours financièrement, alors, un jour je me jette à l'eau et je fais du stop.

Ce petit coup de pouce va changer ma vie.

1 200 km aller-retour. Je me rends compte que j'ai mis les pieds dans un univers qui est bien plus vaste qu'un simple moyen de transport économique.

Je me mets à faire la rencontre du monde dans l'habitacle des voitures.

Les aventures s'enchaînent et moi je me sens chargé d'un sentiment de…, de liberté (où) tout devient possible. Je me souviens un jour, je me fais prendre par un pilote d'avion acrobatique qui me propose d'aller faire mon baptême de l'air sur les côtes du pays de Galles lors d'un coucher de soleil. Incroyable ! Et ça, c'est (ce n'est) que le début !

En 2008, j'ai mon diplôme d'ingénieur en poche, et à ce moment-là c'est assez clair pour moi, je me sens très attiré par le dépouillement alors j'ai envie de continuer l'expérience.

Je vais aller en Amérique en stop et chez l'habitant avec un ami. Donc ça commence par 60 jours sur la mer en voilier-stop, et quand on arrive dans les Caraïbes, eh ben (bien) nos économies sont vraiment très maigres en fait, et puis elles vont fondre comme neige au soleil en remontant l'Amérique centrale de la Colombie jusqu'au Mexique. Alors là on est contents de découvrir les réseaux d'hospitalité ; genre « CouchSurfing », l'hébergement chez l'habitant.

Arrivés aux portes des États-Unis, on n'a plus d'argent.

Alors chance, hasard, sérendipité ; je ne sais pas. Le fait est qu'on rencontre une jeune californienne qui nous invite à venir travailler dans sa ferme. Alors pas n'importe quelle ferme, une ferme qui travaille avec le cannabis médicinal.

(Rires)

Alors, nous voilà largement rémunérés...

(Rires) Et puis nous euh… nous, on venait de passer trois mois en Amérique centrale sans un sou, donc on en profite, voilà, on fait les « kékés » un peu ; mais très vite se pose la question pour nous : rester dans cet Eldorado ou continuer notre chemin. Alors ça a été long. Pendant deux semaines on a beaucoup douté tout d'un coup. Et je crois qu'inconsciemment on a fait le choix que… on allait continuer parce que l'abondance qu'on cherchait on ne la trouverait pas là-bas.

Donc on a continué, et d'ailleurs juste après cette expérience, dans l'opulence, on a décidé de passer un autre pas dans notre démarche de dépouillement.

Cette fois-ci on allait voyager sans argent.

De Montréal à Halifax, sans argent, en plein hiver par moins 40 (°C) ; et en plus, on allait se donner le challenge supplémentaire de ne pas utiliser Internet pour demander l'hébergement chez les gens.

Donc seulement en toquant à la porte. L'expérience a été fantastique, si bien que quand on est revenu en France, un an et demi plus tard, on a commencé, tous les deux avec mon ami, à écrire un livre qui sera publié plus tard chez Lonely Planet, sous le nom de « La bible du grand voyageur ».

Et puis à la fin de l'écriture, moi j'ai passé neuf mois dans ma chambre là, j'en ai un peu marre ; alors j'appelle un ami, Mouts, et puis je lui dis : « Écoute, est-ce que ça te dit qu'on se fasse un voyage, mais cette fois-ci en France ?

L'idée c'est de retrouver les sensations d'aventure qu'on avait à l'étranger, mais de les vivre chez nous dans notre territoire. » Alors Mouts s'est emballé et il me fait : « Oui, oui oui, avec plaisir ! Mais il faut se mettre un défi! » Alors qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire ? Alors on propose, ben… voyager sans sac à dos. « D'accord, ouai, ok... » Nous on était bien chauds. L'autre répond : « D'accord, mais voyager sans argent ! » « Ouais. Ok, ok... »

Et puis comme ça, Mouts propose : « Est-ce qu'on partirait pas sans vêtements ?

» « Ouai, grave ! » Alors à ce moment-là, on est tous les deux, mais alors à fond dans le bluff. Deux mois plus tard, on est au bord de la Drôme, la rivière, à poil, (Rires) on se regarde une dernière fois, on se demande mais qu'est-ce qu'on fait là ? Et puis on se jette à l'eau.

Je (ne) vous cache pas que ça a été difficile pour ma mère, qui m'a dit : « Mais chaton, mais pourquoi tu as besoin de te mettre dans des situations comme ça ?

Qu'est-ce que j'ai loupé dans ton éducation ? » Alors avec nous, quand même, on a pris un petit sac étanche dans lequel on a placé un téléphone portable de secours pour la rassurer. Aussi, un permis de conduire. Parce ce que le rêve pour nous c'était de partir de la Drôme pour arriver à Paris en décapotable rouge pour sortir en boîte de nuit habillés en costard-cravate. Un petit rêve de la quarantaine anticipée. Et puis un autre objet, on a pris un couteau, pour reprendre l'expression consacrée « partir avec son couteau ».

(Rires) (Applaudissements) Et enfin, on a pris avec nous un petit appareil photo pour témoigner de ce qu'on allait vivre.

Alors je vous passe les détails de cette expérience, mais sachez que quand on est arrivés, après cinq jours, quand on est arrivés, dans l'excitation de ce qu'on venait de vivre, on a monté un petit film.

Un film amateur, on n'avait pas du tout de connaissances. Un film de trois minutes, on l'a monté en une nuit, une nuit blanche.

Le lendemain matin, on l'envoie à une maison de production.

Et bon, les semaines passent, et on est convoqués à Paris par la boite de production Bonne Pioche. Ça tombe bien. Trois mois plus tard, on va avec eux habillés en buisson chez France 5.

L'aventure était lancée.

On allait produire des films documentaires de 52 minutes sur ces aventures. Alors euh, nous… c'était le double challenge. Même si on était accompagnés d'une coréalisatrice, Charlène Gravel, on n'avait aucune connaissance dans le milieu.

Donc c'était le challenge de partir à poil pour réaliser des rêves, mais aussi de partir à poil pour réaliser des films.

Y'avait (Il n'y avait) aucun scénario. On avait juste notre lieu de départ, et puis notre destination c'était un rêve, un rêve d'enfant.

Ça pouvait être, aller faire un bonhomme de neige en haut d'une montagne.

Ou aller rencontrer un druide en Bretagne. Boire le thé avec un Lord en Grande-Bretagne. On en a réalisé seize comme ça en tout.

Bien sûr, ces rêves c'est à chaque fois des prétextes.

Des prétextes pour sortir de notre zone de confort. Finalement, « Nus et culottés » était né, magnifique laboratoire de l'aventure, nous transformant nous-mêmes en chercheurs de l'inattendu.

Alors je vais vous présenter quelques résultats des recherches, parce que c'est quand même le petit côté ingénieur qui ressort.

Alors, après 12 000 km en stop, 200 véhicules en auto-stop, voilier-stop, cargo-stop, avion-stop et même hélicoptère-stop...

Alors, ce qu'il y a de magique avec le stop c'est que c'est le moyen de transport de la sérendipité par excellence.

On ne sait jamais sur qui on va tomber. C'est le hasard ! Enfin le hasard, les dés sont un peu pipés hein ; c'est (ce n'est) pas tout à fait le hasard !

J'ai remarqué – par exemple – qu'en tant qu'homme j'ai deux chances sur trois de me faire prendre par un autre homme ; qui lui-même avait souvent fait du stop dans sa vie.

Si c'est une femme seule qui me prend en stop, il y a deux chances sur trois pour qu'elle soit, soit dans travaille de l'éducation soit qu'elle travaille dans les soins. Des métiers où on a l'habitude d'être en relation avec l'autre et donc où il y a moins de peur.

Des fois je m'amusais à demander à une femme qui me prenait seule en stop : « Vous êtes instit (institutrice) ?

» « Mais comment vous savez ça ? » (Rires) Alors si c'est moi qui vais directement voir les gens - c'est une démarche active - là, c'est encore différent.

On va avoir le temps de parler, de… de se sentir, de s'expliquer.

Si par exemple je vais dans une station service, et là souvent on a des gens qui n'ont jamais pris en stop qui vont oser le faire pour la première fois.

Donc là on étend encore nos possibilités de rencontres.

C'est là que pour nous ça devient vraiment intéressant ! À condition, à condition de ne pas choisir soi-même. Parce qu'inconsciemment bien sûr, on va vers ce qui nous rassure, vers ce qu'on connaît.

Je me souviens un soir avec Mouts, on cherchait l'hébergement chez l'habitant, et ce soir-là j'avais plein d'énergie alors je demandais aux gens.

Et puis au bout de 5 minutes, Mouts me regarde et me dit : « Mais Nans, pourquoi tu ne demandes qu'à des femmes là ? » (Rires)

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