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Ted Talk en français, 35b. Citoyens du (nouveau) monde. Michel Venne. Partie 2/3.

35b. Citoyens du (nouveau) monde. Michel Venne. Partie 2/3.

{Vidéo : 06:37}

Et ce qui est en train de changer dans ce monde, - il y a beaucoup de choses, je n'en ferai pas le tour, ce n'est pas le but de l'exercice - mais en ce qui nous concerne, en tout cas, on observe, depuis 30-40 ans, un changement important dans les valeurs et les priorités.

Pourquoi ? Parce que dans des sociétés comme la nôtre, des sociétés où on a en quelque sorte, euh… on a en quelque sorte éradiqué la misère absolue - il y a encore des gens qui vivent dans la pauvreté, mais il y a un filet de sécurité sociale - les priorités qui étaient liées au bien-être matériel, bien qu'elles soient toujours présentes, sont devenues secondaires.

C'est comme si cette affaire-là était réglée.

Elle est réglée, en grande partie, grâce au succès de l'État-providence, parce qu'on est protégé contre la maladie avec l'assurance-maladie, on est aussi protégé du risque de l'ignorance avec l'école publique... enfin, on l'espère, et, donc, ces valeurs, ou ces priorités de nature économique, matérielle, elles passent au second rang.

Et ce qui apparaît comme étant les valeurs qui dominent désormais, ont un rapport avec l'expression de soi, le bien-être individuel, la qualité de vie.

Ça se rapporte évidemment aussi à la protection de l'environnement, puisque vivre dans un environnement sain favorise une qualité de vie, un bien-être individuel. Et ça nous amène aussi à souhaiter davantage de participation, parce que quand on participe, on s'exprime. Auprès des enfants, par exemple, à l'école, on va peut-être être moins exigeant sur l'ardeur au travail, mais on va beaucoup leur parler de créativité, d'imagination, de tolérance.

Les valeurs changent, et ces valeurs nous amènent à considérer une façon différente de construire nos rapports dans la société.

Évidemment, les choses ne changent pas de la même façon ou au même rythme dans d'autres régions du monde. Les pays en émergence, les économies en émergence, celles de la Chine, de l'Inde, du Brésil, de Russie, qui… dans lesquelles les préoccupations matérielles sont encore importantes, et qui influencent évidemment la vie de notre propre société, puisqu'on vit dans la mondialisation.

Dans ce… dans ce nouveau monde… Dans ce nouveau monde, dans lequel, de notre côté, on souhaite une meilleure qualité de vie et ainsi de suite, mais dans lequel aussi, nous sommes en compétition avec des économies qui, elles, sont ailleurs, quelle est la première chose qui est importante ?

C'est l'éducation. C'est l'accès au savoir.

Donc, dans ce nouveau monde, l'éducation est centrale.

Pourquoi l'éducation est centrale ? Il y a plusieurs éducateurs dans la salle, et vous avez déjà vos réponses. Bien entendu, parce que, acquérir de la connaissance, c'est le premier facteur d'émancipation d'une personne. C'est la première, euh… c'est, c'est, c'est. C'est ce qui lui permet la liberté. C'est aussi, l'éducation, le meilleur investissement qu'on puisse faire pour notre économie. Le Québec a construit son économie à partir du moment où il a créé, dans les années 1960, un système d'instruction publique. Où il a … où on est passé au début… à la fin des années 50, le taux de scolarisation des francophones au Québec était proche de ceux qu'on trouve dans certains pays en voie de développement.

Aujourd'hui, le Québec est l'une des sociétés les plus scolarisées au monde.

Et c'est comme ça qu'on a réussi, d'abord à rattraper les économies de certains de nos voisins, notamment l'Ontario, en termes de performance, et c'est comme ça qu'on a réussi aussi à diversifier notre économie. Et c'est comme ça qu'on fait de l'innovation.

Mais l'éducation, aussi, c'est un facteur d'égalité des chances.

Et l'égalité des chances, la justice sociale, bref, faire en sorte que le soleil brille pour tout le monde, c'est une deuxième condition de succès de ce nouveau monde.

J'ai connu un sociologue extraordinaire, qui s'appelait Paul Bernard, qui avait l'habitude de dire : « Pour créer de la richesse, il faut commencer par la distribuer ».

Et c'est ce que nous avons fait en éducation. Nous avons créé un système éducatif, nous avons rendu l'éducation accessible pour tous, et nous avons donc distribué la richesse, ce qui nous a permis de la créer.

Le développement dans lequel on s'engage dans ce nouveau monde, c'est inéluctablement un développement durable.

Le développement durable, c'est plus qu'un cliché, c'est plus qu'un mot à la mode, c'est une vraie doctrine, qui certainement, comme vous le savez, consiste à équilibrer nos actions en fonction à la fois de l'économie, de la société et de l'environnement, mais c'est surtout une doctrine de la responsabilité.

Parce que la définition du développement durable c'est : exploiter aujourd'hui les ressources de manière à ce que les besoins des générations futures puissent être comblés.

C'est une vision à long terme. C'est une vision responsable qui, certainement, est apparue lorsqu'on a découvert, il y a déjà une vingtaine d'années, à Rio, justement, que des crises écologiques menaçaient l'équilibre non seulement de la nature, mais de l'Humanité. Et on s'est mis, comme ça, à prendre conscience de l'importance d'agir. Mais par contre, on a convenu, et c'était tout à fait logique de le faire, qu'on ne pouvait pas agir sans négliger non plus l'économie et la vie en société.

Dans ce nouveau monde, dans un monde de développement durable, l'une des conditions essentielles sera le dialogue.

On va redécouvrir la coopération. Alors qu'on vit dans un monde très compétitif, on commence, dans beaucoup de milieux, à redécouvrir la coopération. Je lis même, depuis quelque temps, des articles scientifiques où on redécouvre la coopération dans les milieux naturels ou dans des populations d'insectes.

Et on nous explique comment, finalement, la coopération a été aussi importante, pour la reproduction de certaines espèces que la compétition.

Le lien social... Nous ne pouvons pas développer une société responsable sans que nous ayons des liens entre nous. Ce dialogue, il doit aussi se faire entre les générations et entre les cultures. Pourquoi ? Parce que nos sociétés sont de plus en plus diversifiées, et si nous ne nous parlons pas, nous allons creuser entre nous des fossés qui seront absolument impossibles, ensuite, à remplir.

Ce qui nous amène à réaliser l'importance, dans une société comme celle-là, de changer la politique.

On ne peut plus se contenter de voter aux quatre ans, d'élire un gouvernement à qui on confie nos responsabilités. Ce que l'on souhaite aujourd'hui, et ce que l'on souhaite dans le nouveau monde, c'est que les citoyens aient leur place entre les élections. C'est qu'ils puissent participer au pouvoir. C'est qu'ils puissent contribuer par leur savoir à des meilleures décisions politiques.

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