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Ted Talk en français, 25b. Journalisme humanitaire, au delà des clichés : Elodie Vialle.

25b. Journalisme humanitaire, au delà des clichés : Elodie Vialle.

Ma question c'est : est-ce qu'on se pose suffisamment ce type de question lorsqu'on s'apprête à représenter l'aide humanitaire, à représenter la pauvreté ?

Est-ce qu'on prend suffisamment en compte la dignité des personnes, quand on parle en leur nom ? « C'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c'est notre regard aussi qui peut les libérer.

», nous dit l'écrivain Amin Maalouf. « C'est notre regard aussi qui peut les libérer. » Les bénéficiaires, bénéficient-ils vraiment de la victimisation dont ils font l'objet ? À force, le symbole est tellement fort, que le cliché devient réalité.

La victime est comme enfermée dans ce cliché. Changer de regard donc sur les pauvres en Haïti, mais aussi en France. Quel regard porte-t-on sur nos pauvres en France ? C'est la question que m'a posée mon collègue Ralph, vous savez l'auteur de la photo des humanitaires sur le parking. La première fois qu'il est venu en France, c'était récemment, il a été très étonné de voir autant de pauvres dans un pays aussi riche. Comment montrer la pauvreté sans tomber dans le misérabilisme ? « Je sors avec Rihanna et ça coûte cher d'entretenir une fille comme ça.

» Cette photo a été prise par Little Shao, elle a été présentée dans le cadre d'une exposition organisée par la fondation Abbé Pierre. L'auteur du message sur la pancarte, c'est Luigi Li. Un humoriste qui se sert de son talent pour changer notre regard sur les sans abris. L'humour pour chasser les clichés. Comme dans cette vidéo que je voulais vous montrer. ====================================

(Vidéo)

Quelque part en Afrique ... (en anglais) Traduction.

(Rires)

Le réalisateur : Coupez !

(cut) … (Rires)

Qu'est-ce que tu fais ?

Je pensais que tu pouvais porter un saut sur ta tête.

Michael : Ne me dis pas que ce n'était pas drôle.

Michael.

Acteur de collecte de fonds. M : À chaque fois que ces réalisateurs d'outre-mer débarquent en Afrique, je suis la première personne qu'ils appellent.

J'ai un talent fou.

Attendez de voir ça ...

Ça, c'est un Africain triste.

Une femme : C'est ma première fois en Afrique, et en tant que jeune maman, j'ai hâte de rencontrer les enfants.

Ton père... où est-il ?

M : Mon père est parti quand j'avais deux ans.

Il est parti chercher du travail et il n'est plus jamais revenu.

Je suis donc devenu le chef de famille.

C'est votre première mission humanitaire ?

R : Coupez.

Michael !

Tu dois t'en tenir au script. F : Alors... Michael,

où est ton père ?

M : Mon père est parti lorsque j'avais deux ans.

F : Les cadeaux que nous apportons sont insignifiants pour nous, pourtant leurs visages s'illuminent plus que tout ce que j'ai vu auparavant.

Michael, avez-vous des pâtisseries en Afrique ?

M : Non.

F : J'ai une surprise pour toi.

M : Merci.

F : Je t'en prie.

M : C'est dégueulasse.

Les vedettes m'offrent toujours ces cadeaux minables.

F : Ils possèdent si peu, et pourtant ils sourient.

M : Comme vous le voyez, c'est un dur métier... vous savez.

Parfois, je pense arrêter, mais là aussi, c'est pour la bonne cause.

F : Avec seulement 9 dollars, vous pouvez changer la vie de ces petits pauvres anges.

Alors s'il vous plaît, ouvrez votre cœur, mettez la main à la poche, et ensemble nous pouvons sauver l'Afrique.

Les stéréotypes portent atteinte à la dignité.

Défiez les perceptions. Ouvrez votre cœur, mettez la main à la poche, Faites don de vos stéréotypes sur : rustyradiator.com. ====================================

(Applaudissements)

Oui c'est très drôle, mais je vous rassure, cette vidéo ne dit pas non plus la réalité.

C'est-à-dire que dans les faits, les ONG ne paient pas des enfants acteurs pour aller jouer les bénéficiaires. Mais ça montre, nous montre bien que l'humour peut, comme le disait le Jérôme…, comme disait Jérôme juste avant, casser les clichés également. Casser les clichés sur la pauvreté, sur l'aide humanitaire. L'aide humanitaire, ce n'est pas qu'une main blanche qui donne à une main noire.

Est-ce qu'on a suffisamment dit par exemple, qu'après le séisme et avant les ONG, ce sont d'abord des Haïtiens qui ont aidé des Haïtiens ? Qui ont sauvé la vie des Haïtiens ? Comme cette personne, Loramus Rosemond. Il est journaliste également, et après le séisme, il a perdu sa maison. Elle a été détruite. Mais ça ne l'a pas empêché de vouloir aider. Alors il s'est rendu dans les camps à la rencontre des personnes âgées pour recueillir leurs besoins, relayer leurs attentes à la radio. Pour conclure, le journaliste, qu'est-ce qu'il fait ?

Il va aller chercher l'information, la recueillir, tenter de la faire comprendre, -- il faut d'abord qu'il la comprenne -- la retranscrire. Ça ne veut pas dire qu'on ne doit pas montrer la pauvreté. Il faut bien montrer ce que vivent ces personnes. C'est un premier pas vers la prise de conscience, l'action, mais c'est une information, une image, qui doit être contextualisée.

Parce que la victime ne doit pas faire oublier la cause. Informer sur Haïti aujourd'hui, ce n'est pas évoquer le destin maudit de l'île, c'est revenir sur les causes du séisme. Nous savions que ça allait arriver, et nous savons que ça arrivera encore. C'est cette piste-là qui est explorée par des journalistes déjà, qu'il faut creuser d'avantage.

Si l'on veut informer, et non émouvoir, avec des clichés. Merci.

(Applaudissements)

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