12b. La questiologie ou l'art de poser les bonnes questions. Part 2/2
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Pour comprendre les gestes mentaux, il faut faire un parallèle avec les gestes physiques.
Si vous shootez dans un ballon, ou vous frappez avec une raquette de tennis, vous n'utilisez pas les mêmes muscles, et vous n'obtenez pas les mêmes effets. C'est logique. De la même manière, si je vous demande de résumer une situation, vous allez utiliser des zones corticales différentes que si je vous demande d'analyser une situation. Ce (ne) sont pas les mêmes neurones. Ce (ne) sont pas les mêmes connexions. Alors, pour mieux comprendre comment fonctionne la questiologie, je vous propose ici une vidéo d'un coaching d'adolescents.
(Vidéo)
« Pourtant, eh, je travaille à fond, eh, je participe en classe, je suis attentif, je travaille beaucoup à la maison, mais une fois devant le contrôle, eh bien heu, j'oublie tout, eh, je suis bloqué.
Vous voyez cet adolescent, cet adolescent, il est déjà extrêmement actif.
Il est acteur de sa situation. Il travaille, il écoute en classe, il participe, il cherche des solutions lors de son interrogation. Si je lui pose la question : « Pourquoi bloques-tu lors de ton interrogation ?
», ça ne va pas l'aider. Il était déjà acteur, et je lui demande encore d'être acteur dans ma question.
À la place, je vais lui proposer de changer de posture ; je vais lui proposer d'abord de ressentir ce qui se passe, et ensuite de prendre du recul sur ce qu'il fait. (Vidéo)
« Quand tu es face à ton interrogation, et que tu es bloqué, qu'est-ce que tu ressens en fait ?
« J'ai une peur viscérale de rater mon contrôle justement, ça m'empêche d'avancer.
« Et de quoi tu as peur, quand tu as peur de rater ton contrôle ?
« Euh, eh bien, si j'ai des mauvaises notes, je pense que ça m'empêchera de choisir ce que je veux faire plus tard.
Vous voyez, juste en changeant les postures, cet adolescent peut prendre conscience de sa carte du monde.
Simplement. Et remarquez aussi que la question qui lui permet de prendre du recul n'est pas difficile à fabriquer. C'(e) (n')est pas une grammaire difficile. Il a suffi de doubler le verbe. « De quoi as-tu peur, quand tu as peur de rater ton interrogation ?
Et hop, il se rend compte que l'enjeu de son interrogation, c'est en fait de pouvoir choisir sa carrière.
Prise de recul en doublant le verbe, vous pouvez essayer avec n'importe quel verbe, ça fonctionne. Alors une fois ça fait, il a pris conscience de sa carte du monde, il s'agit maintenant de lui offrir des opportunités, des pistes, de nouvelles pistes. Et pour ça, il faut proposer des gestes mentaux différents. Le geste mentaux qu'il a… , eh le geste mental pardon, qu'il a utilisé jusqu'à présent, c'est le fait de décrire ce qui lui arrive.
Là, je vais lui proposer un geste mental où on fait un rapprochement entre deux éléments différents. (Vidéo)
« Alors, ça vaut dire que, rater un contrôle, ça t'empêche de choisir ce que tu veux faire plus tard.
« Ben non, c'est pas juste pour un contrôle que je vais être bloqué dans un choix d'option ou un autre.
Ben non, ben non.
C'est aussi simple que ça. Une fois que je lui ai proposé ce geste mental-là, je vais encore lui en proposer un autre qui, celui-ci, va le projeter dans une situation. (Vidéo)
« D'accord.
Au pire, alors, qu'est-ce que ça pourrait pouvoir dire, de rater une interrogation ? « Je devrais simplement la refaire, être rigoureux, voilà, faire attention.
Vous voyez, en lui proposant des gestes mentaux et des postures différentes, on multiplie les possibilités, quel que soit l'objet.
Alors il y a une double bonne nouvelle dans cette histoire, c'est qu'il y a seulement quatre postures, et une dizaine de gestes mentaux.
C'est tout à fait gérable, quatre et dix, c'est gérable. La bonne nouvelle c'est que ça multiplie par quarante la possibilité des questions, et donc des réponses, et donc des possibilités. Alors vous qui êtes parents dans vos vies privées, parents, enfants, ou qui êtes mari, femme, qui êtes ami, poser des questions différentes ouvre des opportunités intéressantes pour vos proches.
Et dans vos vies professionnelles, être capable de poser des questions différentes permet d'avoir une carte du monde beaucoup plus étendue et des possibilités nouvelles. Alors, ça, c'est l'objectif de la questiologie.
C'est permettre à chacun de varier et de multiplier le type de questions pour sélectionner celles qui l'intéressent et qui va lui permettent d'avancer. Aujourd'hui, au 21e siècle, nous sommes face à des défis sans précédent : Économiques, écologiques, démographiques, etc.
Comme Einstein nous invite, il va falloir répondre à ces défis, non pas en cherchant des réponses immédiatement, mais en posant de nouvelles bonnes questions. Nous avons besoin, pour notre avenir, de leaders qui soient capables de poser de meilleures questions.
Et c'est là, l'objectif de la questiologie. Je vous remercie de votre écoute, et si vous avez des questions, je suis à votre service.
Merci. (Applaudissements)