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Ted Talk en français, 09a. De Sidi Moumen au New York Magaz… – Text to read

Ted Talk en français, 09a. De Sidi Moumen au New York Magazine. Part 1/2.

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09a. De Sidi Moumen au New York Magazine. Part 1/2.

Bonsoir et merci.

Donc, voilà, je me présente.

Je m'appelle Youssef Ouechen. Donc je suis connu sous le nom de Joseph Ouechen. J'ai 28 ans. Je suis photographe et blogueur de mode. Donc, pour un petit peu vous situer, je vais vous raconter ce que je fais aujourd'hui.

Donc aujourd'hui je suis contributeur... Ah là c'est pas... Pardon... Voilà c'est là. Donc je suis contributeur régulier pour l'« Officiel Maroc ».

C'est un magazine marocain, et pour « Blonde Magazine », c'est un magazine allemand, et pour le « ELLE » États-Unis. Pour moi, c'est un rêve de contribuer au « Elle » États-Unis et récemment pour le « New-York » magazine. Donc je suis très très fier et très content. (Applaudissements)

J'ai exposé à Toronto l'année dernière, ils m'ont invité à exposer dans le cadre de la Fashion Week.

C'est la semaine de la mode. Et cette année, là, c'est San Francisco. C'est-à-dire, j'ai exposé à San Francisco il y a pas longtemps donc aussi, donc, dans le cadre de la Fashion Week de là-bas Donc, là oups !

C'est juste la photo d'un bidonville. Donc, c'est là où je suis né. C'est le bidonville de Sidi Moumen. Donc, on va parler aujourd'hui de... Aujourd'hui j'ai décidé de raconter mon histoire et de la partager avec vous, que j'ai intitulée : « De Sidi Moumen à New-York magazine ».

Donc, j'aimerais bien partager cette histoire, moi, qui [suis] né là-bas à Sidi Moumen en 82.

Donc c'est là-bas, où la vie est vraiment extrêmement dure, là-bas où j'ai grandi, là-bas, où (ils) sont sortis les kamikazes des attentats de Casablanca du 16 mai 2003, là-bas, où j'osais même pas rêver à travailler avec ces grands magazines et à voyager, donc. Moi, il y a des événements dans ma vie, donc c'est-à-dire, moi, ma vie, les grands événements sont liés avec des chiffres.

Donc, dont 20. 20, à votre avis ça peut être quoi le 20 ? Je sais pas moi. Bah on peut dire ça. Bah écoutez, bah 20, ça ne peut pas être...Je vais dire… 20, c'est pas l'argent que j'ai investi. C'est-à-dire 20 000 dirhams. C'est pas aussi vingt ans - c'est-à-dire vingt ans d'années que j'ai mis pour réussir et tout ça.

C'est non plus 20, comme « 20 février ». Ces événements-là qui ont changé ma vie. Ils ont changé mon regard sur le Maroc. Bah exactement, comme vous avez dit, c'est 20 dirhams, donc « 20 dirhams, c'est quoi ? », vous allez me demander. 20 dirhams, c'est l'argent de poche que ma mère me donnait pour s'en sortir. Donc c'est 20 dirhams.

J'imagine que dans la salle, ou ailleurs, donc, vous allez me demander : « Mais comment on peut réussir avec 20 dirhams ?

Ben, je vous explique : Ouais, c'est de la magie, mais voilà, c'est vrai.

Donc je vous explique comment : donc 10 Dirhams, c'est pour faire l'aller-retour du bidonville au centre-ville. Pour moi, aller au centre-ville, c'est voyager. C'est découvrir Casablanca. C'est voir ce qui se passe à Casablanca Pour moi, le voyage en ville, c'est aussi des heures et des heures passées dans les kiosques de Casablanca, que dans les bidonvilles, c'est impossible de les trouver.

J'ai passé des heures et des heures dans les kiosques pour feuilleter les magazines comme le « Elle ». Par la suite, je suis devenu contributeur.

Comme le « Vogue » aussi. Donc, c'est là où je passais beaucoup de temps, parce qu'à l'époque, je pouvais pas acheter ces magazines-là. Pour moi c'était impossible de les acheter, écoutez, aujourd'hui, c'est vers les 100 dirhams, donc je peux pas. L'autre 10 dirhams, c'est aussi aller aussi au cybercafé qui était pas dans le bidonville, qui était dans un autre quartier. Pour moi aller au cybercafé, c'est voyager virtuellement, c'est voir l'autre bout du monde, ce qui se passe ailleurs là-bas.

Donc c'est aussi sortir de l'en-cloisonnement subi à l'époque. Donc c'est ça, les 20 dirhams. Vous allez me dire : « Mais 20 dirhams, c'est pas... on peut pas s'en sortir avec 20 dirhams !

Bah c'est vrai qu'on peut pas s'en sortir avec 20 dirhams, c'est là où je me pose la question : mais comment se former avec... sans moyens, c'est-à-dire sans avoir accès aux bibliothèques, sans avoir accès à une formation académique, c'est-à-dire faire une grande école d'art ou tout ça ?

Ben j'ai commencé, à l'époque, je me rappelle très, très bien, je me suis inscrit dans les newsletters des instituts étrangers, dont l'institut français, et Cervantès, et tout ça, c'est là où je recevais sur mon adresse mél les invitations à des vernissages. Je me rappelle très, très bien de mes premiers vernissages.

C'est là... c'était dur pour moi quand j'étais dans les vernissages, pour moi c'est un monde pas à moi, c'est à part, je peux dire c'est élitiste. Pour moi, déjà franchir la porte de l'institut français, c'était énorme pour moi.

Je ne pouvais pas...donc voilà,… je parlais pas, moi qui parlais pas français, donc c'était dur pour moi, même comprendre ces gens-là, comprendre ces œuvres, c'était plus de la découverte que du plaisir à contempler ces œuvres-là. C'est aussi la télé.

Donc moi je me rappelle très, très bien. Donc la télé a joué un rôle très très important pour moi. Je regardais beaucoup France Télévision. C'est là où j'ai appris à maîtriser et à parler français, à m'exprimer (en) français. Il y a quatre ans, je savais même pas formuler une phrase en français.

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