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Ted Talk en français, 07a. Soro Solo. Modernité et traditio… – Text to read

Ted Talk en français, 07a. Soro Solo. Modernité et traditions ou le choc des cultures. 1/2.

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07a. Soro Solo. Modernité et traditions ou le choc des cultures. 1/2.

Bonsoir Messieurs Dames.

J'ai envie d'emprunter une petite phrase que j'ai entendue une fois au Québec. C'est un artiste qui dit : « Si jamais je raconte des niaiseries, mettez-moi dehors ».

J'espère que je ne vous ennuierai pas trop. A vrai dire je m'appelle donc Soro Solo. Je suis né en Côte d'Ivoire, c'est un pays de l'Afrique Occidentale dans le Golfe de Guinée. Et je suis né dans le nord de la Côte d'Ivoire, dans la région de savanes. Je vais dire mon village, ben, c'était déjà une ville, puisqu'il y avait une/des écoles, un hôpital.... un sous-préfet, un préfet, enfin bref une administration. Donc déjà, une ville en émergence. C'est là où je suis né, et c'est là où j'ai été à huit ans à l'école primaire privée catholique de Korogo. À l'époque de ma naissance, la Côte d'Ivoire, mon pays, était une colonie française. Et dans mon village y'avait donc on va dire, deux modèles de société. Le modèle que la France nous apportait et puis aussi notre vie de toujours, quoi. Et dans mon village, on n'avait pas encore l'huile raffinée pour cuisiner, on utilisait le beurre de karité. Je vais vous toucher un mot, rapidement, sur le beurre de karité.

C'est un grand arbre, qui doit faire, je (ne) sais pas vraiment, mais je pense qu'il doit faire facilement 5 à 6 mètres de hauteur. Il pousse dans la région de savanes. Et il a des fruits oléagineux.

Je passe sur les détails.

Quand on écrase la graine de ce fruit-là, on en extrait une huile ou un beurre et ce beurre là, il était à multi usages. On l'utilisait dans la cuisine, pour frire, pour cuisiner.... On l'utilisait, les guérisseurs l'utilisaient pour fabriquer les onguents ; parce qu'avant la médecine moderne, nous, on s'adressait à des guérisseurs. C'est vrai que ce beurre de karité n'intervenait pas encore dans la chirurgie, hein ! Mais en tout cas, nos parents, nous, on nous soignait avec des onguents fabriqués aussi avec du beurre de karité. Donc voyez, cuisine, médicament. On l'utilisait aussi pour les cosmétiques. Pour la peau, les filles l'utilisaient pour se lisser et tresser les cheveux, et les garçons quand ils sortent de l'initiation, par exemple, se lissaient la peau pour aller danser la danse initiatique, qui permet de passer de l'adolescence à la majorité, et de siéger dans la cour des grands. Donc le beurre de karité était à multi-usages.

Et croyez-moi, les filles de mon village étaient vraiment belles quand elles se tressaient les cheveux avec ce beurre de karité, avec cette peau qui brillait, luisante, non je ne dis pas que les occidentales ne sont pas belles !

La preuve : mon premier amour était une Française.

Mais les filles de mon village étaient vraiment magnifiques et belles, avec ce beurre de karité.

Il se trouve que ce beurre de karité, il sentait un peu fort quand même.

Il (n') était pas conditionné comme les produits modernes que la France avait commencé à importer dans nos pays. Il sentait très fort, voilà, il faut le reconnaître.

Sauf que nous étions en contact avec la France, qui nous apportait de nouveaux produits de consommation. Et avec la présence française dans mon pays, il soufflait partout, dans les villages, dans les campagnes, dans les villes, un vent de la modernité. Le vent de la modernité. C'est donc quelqu'un comme moi, c'est donc à travers la France que je vais découvrir la culture occidentale, à travers le blanc de France. J'apprends donc à lire, à écrire, à penser, en français. La France nous voulait beaucoup de bien et la France nous aimait énormément, croyez-moi, puisqu'elle nous apportait quelque chose de nouveau : de nouveaux médicaments, une nouvelle façon de s'habiller, une nouvelle façon de se coiffer, une nouvelle façon d'imaginer son imaginaire. Donc elle nous aimait beaucoup la France et d'ailleurs nous aussi on l'aimait beaucoup, c'est pour cela que nous apprenions assidument tout ce qu'on nous apprenait dans les livres français. Et d'ailleurs on était très fiers de citer des maximes genre Molière : « La parfaite raison fuit toute extrémité,

Et veut que l'on soit sage avec sobriété. [Le Misanthrope, I, 1, v.

149-152 ]

On était de bons français.

(Applaudissements)

Oui la France nous aimait.

Et elle nous aimait à un point tel que, il fallait qu'on oublie nos langues maternelles, il fallait parler français. Et avec la complicité même des instituteurs noirs de mon village, quand on vous surprenait à parler votre langue maternelle, même avec votre mère qui n'a jamais appris à parler français, ni avec votre oncle, si un gamin, un camarade de classe te surprenait à parler ta langue maternelle il te dénonçait à l'instituteur.

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