×

Utilizziamo i cookies per contribuire a migliorare LingQ. Visitando il sito, acconsenti alla nostra politica dei cookie.

Ted Talk en français, 06c. Y a-t-il une vie avant la mort ?… – Text to read

Ted Talk en français, 06c. Y a-t-il une vie avant la mort ? Pierre Rabhi. Partie 3/3.

Intermedio 1 di francese lesson to practice reading

Inizia a seguire questa lezione ora

06c. Y a-t-il une vie avant la mort ? Pierre Rabhi. Partie 3/3.

{12:58}

Parce que, en fait euh, ma question est de savoir, si par exemple, des extra-terrestres nous observaient, et ils nous étudiaient, ils seraient amenés à conclure : « ils sont surdoués, mais inintelligents ».

Parce que le fait, c'est (ce n'est) pas parce qu'on est surdoué de connaissances, etc, qu'on a organisé le monde tel qu'il devrait être organisé. En plus sur des disparités, et des injustices inouïes, où quatre cinquièmes de la population du monde ont à peine de quoi répondre à leurs nécessités simplement vitales, et le cinquième qui dépense, qui évidemment festoie, après avoir pillé d'ailleurs - ou continué à piller - le territoire des autres. Donc du coup, cette inéquité, et cette ... cette euh… comment dire, cette disparité me parait être l'alternative première à régler. Si on ne la règle pas, la subordination de la femme, la femme subordonnée. Non, la femme ne doit pas être subordonnée. Elle doit constituer l'élément, l'élément qui va nous permettre l'équilibre féminin-masculin, qui va redonner à la société, évidemment, une sensibilité autre et rééquilibrer le tout, et dans ma campagne électorale, bien sûr, j'insistais beaucoup sur la nécessité de l'éducation, la nécessité de re-localiser l'économie, pour ne pas être obligé de (de), d'être subordonné à des transports d'alimentation, etc. Et donc, toutes ces choses-là, j'ai peu de temps pour vous les expliquer, mais en tout cas, elles ont constitué, si vous voulez, une espèce de démarche qui s'est de plus en plus confirmée, et finalement, la grande interrogation, vous savez, j'ai pris la phrase de Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde » ou « La beauté pourra sauver le monde. Je ne me rappelle plus exactement, et je me suis beaucoup interrogé sur cette notion de beauté qui sauve le monde.

Je me suis dit, bon, est-ce que… Nous avons beaucoup de musique, nous avons beaucoup de tableaux, nous avons beaucoup de monuments extraordinaires, nous avons ... mais est-ce que ça a sauvé le monde ? Non.

Donc l'interrogation aujourd'hui c'est « quelle est cette beauté qui peut sauver le monde ? » Elle est en nous. La beauté qui sauvera le monde c'est la générosité, c'est le partage, c'est la compassion, c'est toutes ces valeurs qu'on considère comme ringardes, et pourtant, qui amènent à quoi ? À une énergie fabuleuse, qui est celle de l'amour. Et sans amour, il ne peut pas y en avoir.

L'autre élément pour aboutir à cela, on me dit les alternatives, d'accord, mais je dis aux gens, vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer au solaire, et exploiter votre prochain, c'est (ce n'est) pas incompatible ! (Rires) C'est (Ce n'est) pas les alternatives, vous voyez ! (Applaudissements)

Donc, il faut faire attention que, on ne se perde pas dans les substitutions à quelque chose que l'on récuse et oublier que la première substitution à faire, elle doit se faire à partir du cœur humain lui-même, c'est-à-dire de la vision que nous avons de la vie. Et si nous ne forgeons pas une vision comme celle-là, et bien on finira par, évidemment, probablement, disparaître.

Alors, pour finir, si vous voulez, je me suis posé beaucoup la question, alors là, sur, finalement, « quelle est la vocation de l'être humain sur terre ? » Nous avons une vision, malheureusement, d'une planète qui est pourtant magnifique, mais que nous ne voyons pas comme un présent extraordinaire du destin. Elle est toute petite finalement, perdue dans un immense désert sidéral. Et tout ce que nous trouvons à faire, c'est la voir comme un, comme disons, un gisement de ressources qu'il faut piller jusqu'au dernier poisson, jusqu'au dernier arbre, etc. Là est l'inintelligence radicale et profonde si nous ne revoyons pas cette vision là et la changer. Alors, pour finir, je vous citerai une anecdote qui illustre ce que j'ai envie de vous dire, et je regarde le (l'horloge)… je suis à zéro, voilà ! (Rires)

Bon, il faut maintenant que ... Il faut maintenant…

(Applaudissements)

Je vais, je vais quand même transgresser un petit peu, avoir un petit chouïa de plus, pour quand même conclure.

L'agriculture écologique a démontré que ça pouvait être une voie véritablement, où on devient un petit thérapeute de la terre, où on en prend soin. On la nourrit, et c'est, c'est cela qu'il faut développer. Et par ailleurs, je citerai une anecdote que j'ai vécue en Ardèche, puisque nous avions notre ferme, notre troupeau de chèvres, etc. Et que nous avions construit notre petite liberté, sur… sur des actions qui ont eu du sens pour nous, et qui nous ont amené beaucoup de bonheur, mais, sur le principe de sobriété. C'est-à-dire, qu'il était… le principe de sobriété et de modération, il est libérateur, tout de suite libérateur. Parce que le problème de la société humaine, c'est que l'indispensable n'a pas été résolu et le superflu n'a pas de limite. Et comme le superflu n'a pas de limite, donc on est dans cette croissance économique exponentielle qui ne se met aucune limite, ce qui fait, qu'évidemment, dans ma campagne électorale, j'ai posé un blasphème : la décroissance. Et ce que j'entendais par la décroissance, ce n'était pas le retour en arrière, c'est-à-dire une civilisation de la modération. Parce que nous sommes aujourd'hui dans une expérience formidable, d'acquis que nous avons eus, formidables, et on en a cité, tous ces acquis. Simplement, au service de quoi ?

De quel paradigme nous mettons ces acquis ? Il est certain que si nous ne prenons pas l'option d'une civilisation de la modération, si nous ne prenons pas l'option du changement de société par le changement humain, si nous ne prenons pas l'option de la valeur inestimable de la vie, la vie a tellement de valeur, qu'elle ne peut pas avoir de prix. Si on lui met un prix, on la profane. Si nous voyons notre comportement global sur cette magnifique planète, il est certain qu'on peut conclure que notre espèce est un accident. (Applaudissements)

Learn languages from TV shows, movies, news, articles and more! Try LingQ for FREE