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Ted Talk en français, 04a. L'éducation positive. 1ère partie.

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04a. L'éducation positive. 1ère partie.

Je suis très contente d'être là parce que je connais TED depuis plusieurs années.

Ça a toujours été une grande source d'inspiration pour moi, et j'ai connu TED justement en regardant un vidéo de Ken Robinson. Donc parler aujourd'hui juste après Ken Robinson, c'est pour moi un grand honneur. Alors, Ken Robinson nous a dit justement dans sa présentation que pour lui la créativité, c'était d'avoir des idées nouvelles qui apportent de la valeur ajoutée.

Michel Coster qui est responsable de l'entrepreneuriat de EM Lyon a décrit lui même l'entrepreneuriat comme le fait de créer des richesses à partir de l'imagination.

Donc finalement on voit que l'entrepreneuriat est une forme de créativité.

Est-ce que vous pourriez lever la main si vous-mêmes vous avez déjà créé une entreprise? ou si vous êtes en train de créer une entreprise?

Oh! Ah oui, [elle rit] quand même!

Par contre, ce n'est pas tout à fait représentatif de la proportion de personnes qui en ont déjà créé au niveau national, c'est-à-dire en France. En France, la proportion d'adultes qui sont en train de créer, ou qui ont déjà créé une entreprise, est de 6%. C'est peu. Et ce chiffre de 6% nous classe 56ème parmi les 59 pays étudiés. C'est le moins. Alors, pourquoi est-on si mauvais en entrepreneuriat?

Bien, justement le GEM qui a fait cette étude, a essayé d'étudier un petit peu justement les freins de chacun des pays, et les forces et les faiblesses de chacun. Et pour la France, ils ont trouvé quelque chose de vraiment particulier, de vraiment typique à la France. C'est une immense peur de l'échec.

Alors, cette peur de l'échec nous vient d'où ? Bien, elle nous vient en grande partie de notre éducation. Parce que dans notre éducation il y a quelque chose, il y a une leçon particulière, une règle qu'on nous a apprise, qu'on nous a tellement répétée, qu'elle a fini par s'ancrer au plus profond de nous-mêmes. Et cette règle, c'est qu'il est interdit de se tromper. Évidemment, il est interdit de se tromper parce que si on se trompe, c'est soit qu'on ne maîtrise pas son sujet, soit qu'on le maîtrise, mais qu'on n'a pas porté suffisamment attention. Dans tous les cas, c'est complètement inacceptable.

On est tous d'accord. Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. Alors, ce que je vous propose, c'est d'abord de vous expliquer comment j'en suis venue à cette petite découverte de cette particularité de l'éducation française ; et dans un deuxième temps je voudrais vous expliquer les quatre conséquences de cette règle. Et vous comprendrez très aisément pourquoi cette règle, finalement elle est très néfaste.

Comme vous l'a dit Thomas toute à l'heure, j'ai eu l'occasion de vivre pendant huit ans en Asie avec ma famille, et notamment mon mari et mes deux filles, donc. Et mes deux filles étaient toutes petites quand on est parti, donc elles ont commencé leur scolarité directement en Asie dans des écoles internationales.

Donc en haut vous les voyez à Shanghai avec leur uniforme de la British School. Vous les voyez ensuite avec leur uniforme de leur école hongkongaise, et à droite sans uniforme dans leur école de Tokyo. Alors en Asie mes filles ont toujours été très enthousiastes par rapport à l'école, par rapport à l'apprentissage, à l'enseignement. Pour elles, apprendre, ça a toujours été source de plaisir. D'ailleurs vous les voyez ici à la maison en train de travailler, pour la deuxième soirée consécutive, sur un projet du Cambodge qu'elles avaient décidé de créer, de partager avec leurs camarades de classe.

Puis en 2010 on nous a demandé de rentrer en France. En septembre 2010 pour la première fois, mes filles sont rentrées dans une école française. À partir de ce moment-là, petit à petit, leur enthousiasme par rapport à l'école a commencé à diminuer. Elles ont commencé à se plaindre, elles ont commencé à avoir moins envie d'aller à l'école, elles ont mêmes commencé à avoir peur d'aller à l'école, elles ont mêmes commencé à trouver que les week-ends de deux jours, c'était un peu court. Jusqu'au jour où ma plus grande qui était l'année dernière âgée de neuf ans est rentrée de l'école, elle s'est effondrée dans le canapé, et elle m'a dit : « Tu sais maman, je suis fatiguée. À neuf ans, si on commence à être fatigué, c'est dommage, elle m'a dit : « Non maman, je suis fatiguée d'avoir peur de me tromper. » En tant que maman, enfin pour vous j'imagine ça aurait été la même chose, ça m'a fait quand même un petit peu mal, mais en même temps ça m'a rappelé, effectivement, la règle qu'on m'avait moi-même transmise quand j'étais petite. Cette règle qui est si importante dans l'éducation à la française : il est interdit de se tromper.

Alors, comme je vous le disais tout à l'heure pour moi il y a vraiment quatre conséquences à cette règle qui font que cette règle, elle est vraiment très néfaste pour nos enfants.

La première de ces conséquences, c'est l'intolérance. Si je vous fais ce signe-là avec ma main, quel chiffre voyez-vous ? Bien ! Bonne réponse. En France. Mais mauvaise réponse en Chine. Ce signe-là, en Chine, veut dire huit. Ici, je vous ai ramené deux calligraphies : à droite vous voyez la calligraphie anglo-saxonne avec laquelle mes filles ont appris à lire et à écrire, à gauche la calligraphie française que vous connaissez tous. Ma plus jeune fille s'appelle Inès. Quand elle est arrivée en France l'année dernière, elle était en CE1 et elle a commencé à écrire son nom avec la calligraphie anglo-saxonne puisque c'était la seule qu'elle connaissait. Des gens de ma famille assez proches lui ont dit, et sa maîtresse aussi, qu'elle écrivait mal son nom, qu'elle faisait une erreur sur son nom. Donc sa maîtresse lui a fait faire les lignes de 'i' à la française pour qu'enfin elle puisse écrire son nom correctement. Jusque-là, admettons, je dirais. Le problème, c'est que récemment ma fille m'a dit : « Mais alors, avant je n'écrivais pas mon nom normalement. » C'est ce mot 'normalement' que j'ai trouvé complètement inacceptable. Parce qu'on est tous d'accord pour dire que : ok en France, on s'est mis d'accord sur un certain nombre de codes, et qu'en France, on applique ces codes. Jusque-là tout va bien. Par contre, ce que nous devons enseigner à nos enfants, c'est qu'il y a dans le monde autant de codes qu'il y a de cultures, et que si c'est normal d'écrire en France de gauche à droite et horizontalement, au Japon il est tout à fait normal d'écrire de droite à gauche et verticalement (pardon). Il n'empêche qu'il y a aucun des deux codes qui doit prévaloir sur l'autre.

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