50. Jules César et la Chute de la République Romaine.
Notre histoire débute en 63 av.
JC.
(Avant Jésus-Christ.) Conquête après conquête, la République Romaine s'est hissée au rang de superpuissance. Pourtant, Rome est un colosse aux pieds d'argile : son appareil politique est complètement corrompu, son économie est frappée de plein fouet par à une crise de la dette et son armée est engagée dans une guerre très impopulaire au Moyen-Orient. Tous les éléments sont alors réunis pour que la République s'effondre. À l'époque, Jules César est un politicien véreux mais plein d'avenir. Il a de l'ambition à revendre et de la suite dans les idées. Alors pour gravir les marches du pouvoir, il s'allie à deux personnalités très en vue à Rome : le redoutable général Pompée et le richissime Marcus Crassus. En échange de faveurs politiques, les deux hommes vont l'aider à se tailler un chemin vers le sommet de l'état romain. Grâce à leur appui, César est élu consul de la République en 59 av. JC.
Seulement il y a un problème.
Comme tous les hommes de pouvoir, César est impliqué dans un certain nombre d'affaires louches et ses ennemis sont bien décidés à les exploiter, afin de l'éliminer de la scène politique. Pour le moment, il bénéficie de l'immunité liée à son statut de consul, mais dans un an, quand son mandat prendra fin, il sera à la merci de ses adversaires. Pour échapper à la justice, César décide finalement de devenir gouverneur d'une petite province romaine sans histoire : la Gaule Cisalpine. Cette fonction lui confère à nouveau l'immunité – cette fois-ci en vertu d'une loi interdisant les poursuites contre les citoyens absents de Rome pour le service de la République. Il parvient ainsi à échapper aux persécutions dont il est la cible.
Rapidement, César réalise que son avenir est au Nord.
Il lève alors une puissante armée privée, et se lance à la conquête de la Gaule. Durant 10 ans, ses troupes vont se battre sans relâche, tuant et réduisant en esclavage des millions de personnes. Ses opérations militaires sont d'une telle brutalité que Rome envisage un temps de le livrer aux Gaulois pour crime de guerre – un projet que ses partisans vont aussitôt faire capoter. Mais le pouvoir de César est devenu trop important et la République commence à vraiment se méfier de lui.
Le Sénat finit par le démettre de ses fonctions, exige la dissolution de son armée et lui ordonne de revenir à Rome – en tant que simple citoyen – pour y répondre de ses actions en Gaule. De surcroît, les autorités romaines lui font savoir que si son armée s'aventure au sud du fleuve Rubicon, il sera immédiatement considéré comme un traitre. César est au pied du mur.
Soit il se rend et sa carrière politique est finie, soit il prend la tête de sa redoutable armée pour marcher sur Rome et balayer ses opposants. L'homme ne peut se résoudre à laisser ses ennemis le trainer dans la boue : le 11 Janvier 49 av. JC, il donne l'ordre à ses hommes de traverser le Rubicon. César est à présent hors-la-loi et pour l'anéantir, le Sénat lui envoie son ancien allié, le général Pompée. La République romaine vient de plonger dans la guerre civile.
Les différents épisodes de cette guerre vont se jouer un peu partout en Méditerranée jusqu'à la bataille de Pharsale. Le 9 août 48 av. JC, César remporte une victoire décisive sur les troupes de Pompée. Ce dernier parvient alors à s'échapper et tente de se réfugier en Égypte. Mais les Égyptiens redoutent la fureur de César et quand ils voient Pompée débarquer sur leurs côtes, ils le poignardent et lui coupent la tête, pour ensuite l'offrir au nouveau maitre de Rome. Pour la République, la fin de la guerre civile marque le début d'une grande période de réformes. César commence par redynamiser l'économie en annulant les intérêts sur la dette et en lançant de grands travaux. Il établit aussi un système d'administration plus juste pour ses provinces – afin de s'assurer leur loyauté – et prépare un ambitieux plan d'invasion de la Perse, un empire aux innombrables richesses. Malheureusement, César va commettre une grave erreur.
En se comportant comme un dictateur arrogant et peu soucieux des traditions, il ne tarde pas à se faire de puissants ennemis, et réveille une peur profondément enfouie dans le cœur des Romains : le retour de la monarchie. Depuis que son dernier roi a été chassé par une révolte populaire vers 500 av. JC, Rome s'est jurée qu'elle n'accepterait plus jamais la loi d'un seul homme. Le 15 Mars 44 av.
JC, la situation dégénère. Un groupe de conspirateurs organisés autour du sénateur Brutus se jette sur César et le poignarde à mort. Sa disparition marque pour Rome le début d'une nouvelle guerre civile. Cette période d'agitation intense verra émerger le premier des grands empereurs romains. Son nom : César Auguste.