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La boîte aux curiosités (histoire.), 40. MARKUS WOLF & LA STASI (ESPIONNAGE)

40. MARKUS WOLF & LA STASI (ESPIONNAGE)

Entre 1945 et 1947, l'escalade des tensions entre les démocraties occidentales et l'Union Soviétique marque le début de la guerre froide.

Partagée entre les Alliés après la chute du 3e (troisième) Reich, l'Allemagne se retrouve rapidement scindée en deux : d'un côté la « République Fédérale d'Allemagne » rattachée au « Monde Libre » et de l'autre la « République Démocratique Allemande », affiliée à l'URSS.

Pour protéger les intérêts du nouvel état est-allemand, le Parti Socialiste Unifié se dote d'une redoutable police politique, appelée la Stasi.

Sa fonction est d'assurer la sécurité intérieure du pays en espionnant tout le monde et en persécutant les opposants au régime communiste en place. Très efficace et particulièrement impitoyable, elle dispose d'un gigantesque réseau d'informateurs. En RDA, un habitant sur cent sert à l'époque d'indic aux autorités.

En 1953, le service des renseignements extérieurs de l'Allemagne de l'Est passe sous le contrôle de la Stasi.

La direction de cette nouvelle division en charge d'infiltrer l'ennemi est confiée à l'un des espions les plus redoutables de la Guerre Froide, Markus Wolf. Celui que l'on surnomme « l'homme sans visage » passera dès lors le reste de sa longue carrière à développer à l'Ouest un réseau d'espions et d'informateurs qui fera de lui la hantise du contre-espionnage occidental.

Parmi ses agents aujourd'hui démasqués, on retrouve notamment Rainer Rupp – nom de code Topaz – infiltré à l'OTAN ; et Günter Guillaume (nom de code Hansen) en charge de surveiller le chancelier ouest-allemand Willy Brandt.

Markus Wolf est également connu pour le déploiement de ses agents « Roméo » : des espions séducteurs dont la mission est de faire chavirer le cœur de secrétaires au service de personnalités de l'Ouest, afin de leur soutirer des informations sensibles.

Mais les prouesses des hommes de Wolf ne se limitent pas à la simple collecte de données.

Certains d'entre eux – les agents du groupe dit des « mesures actives » – se spécialisent dans la guerre psychologique et la désinformation. Eux ont pour mission de détruire la réputation et le capital « confiance » dont jouissent leurs cibles afin que ces dernières soient ralenties ou tout bonnement stoppées dans leurs projets. Pour ce faire tous les coups sont permis, de la fabrication de faux documents à l'exploitation des petits secrets inavouables de la vie privée.

Outre leur réseau d'indics et de taupes, les services secrets de la Stasi approchent également de nombreux occidentaux occupant des postes importants afin de les faire basculer dans le camp communiste.

Ces traitres ont une double utilité : tant qu'ils ne sont pas découverts, ils font d'excellents informateurs ; et le jour où ils sont compromis, une exfiltration rapide peut permettre de les recycler dans le cadre de campagnes médiatiques visant à discréditer les démocraties occidentales. Une formule « deux en un » dont raffolent les dirigeants de la RDA.

Pour ces traitres – ainsi que pour certains agents de retour au pays après des infiltrations prolongées – la vie à l'Est est souvent synonyme de privilèges.

La Stasi est en effet consciente que ces hommes et ces femmes ont passé des années à vivre à l'occidentale. Il n'est donc pas question de leur couper du jour au lendemain l'accès aux denrées du Monde Libre, au risque de se les mettre à dos. Une agréable demeure leur est donc fournit et des magasins spéciaux sont discrètement aménagés afin que tout ce beau monde puisse continuer à s'adonner aux plaisirs du consumérisme au beau milieu de la RDA communiste.

Bien que ses activités aient été principalement centrées sur l'Allemagne de l'Ouest, le service des renseignements extérieurs de Markus Wolf restera dans les mémoires comme la plus performante des agences d'espionnage de la guerre froide, avec quelques 3 000 agents en place à l'Ouest.

En 1989, alors que le mur de Berlin s'effondre, les effectifs globaux de la Stasi s'élèvent à 85 000 professionnels, auxquels viennent s'ajouter plus de 100 000 informateurs.

Peu avant la réunification allemande, Markus Wolf prend la fuite et tente de se réfugier en Russie puis en Autriche mais se voit refuser l'asile.

Il doit donc retourner en Allemagne où il est arrêté, jugé pour trahison et condamné à 6 ans de prison. Plus tard, ce jugement est cassé par la cour suprême allemande et Wolf écope finalement d'une peine de 2 ans avec sursis pour séquestration et torture.

Dans le courant de l'année 2006, Markus Wolf s'éteint à son domicile de Berlin.

Il est alors âgé de 83 ans. Resté largement silencieux sur ses activités au sein de la Stasi, il emporte avec lui les secrets les mieux de l'Allemagne de l'Est.

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