34. Louis Mandrin, le Robin des Bois Français.
C'est dans une France écrasée d'impôts et d'injustices que naît Louis Mandrin en 1725.
Aîné d'une famille aisée de bonne réputation habitant près de Grenoble, la vie semble lui sourire. Mais le vent tourne quand son père meurt, lui laissant à 17 ans la responsabilité de 8 frères et sœurs et d'une exploitation agricole. Hélas, le jeune Louis peine à diriger les affaires familiales.
Pour rembourser ses dettes, il signe en 1748 un contrat de ravitaillement militaire avec la Ferme générale, une compagnie financière surpuissante qui, au nom du roi Louis XV, se charge de collecter un grand nombre d'impôts dont les lourdes taxes sur le sel et le tabac. C'est la bête noire du peuple. Mais Mandrin ne parvient pas à honorer ses engagements et la Ferme refuse de le payer.
Ruiné, l'homme décide alors de se tourner vers la contrebande de tabac afin de nourrir les siens. Accusé de meurtre après une bagarre qui tourne mal, il est condamné aux galères en 1753, mais parvient à s'évader. Louis déclare alors la guerre aux Fermiers généraux qui ont scellé la ruine de sa famille et profitent des pauvres pour s'engraisser toujours plus.
C'est le début des aventures héroïques du brigand justicier. Devenu « capitaine » contrebandier, Mandrin organise ses 300 larrons en un véritable régiment opérant entre l'est français, la Suisse et le duché indépendant de Savoie.
Là, il achète sel, tabac et coton pour les revendre sans taxe en France. Les douaniers enragent ; le peuple est ravi. Toutes les tentatives d'arrestation échouent.
Rusé, l'ennemi public numéro un reçoit l'appui des paysans et se réfugie facilement hors du royaume. On l'aime aussi pour son panache, comme la fois où il ridiculise les Collecteurs en les forçant à acheter des marchandises volées. En 1754, le Robin des Bois français mènera ainsi 6 « campagnes de guerre » contre ces exploiteurs. Mais fin 1754, la Ferme générale dépêche les Dragons du roi.
Cette fois-ci, les hommes de Mandrin ne font pas le poids et sont décimés. Réfugié en Savoie, Louis est capturé quelques mois plus tard par une mission secrète de l'armée française et est enfermé à la prison de Valence. Les charges sont aussi lourdes que les impôts de l'époque : vols, contrebande, assassinats, crime de lèse-majesté… Torturé, Mandrin ne trahira jamais ses compagnons. Craignant que le Duc de Savoie le fasse libérer, la Ferme expédie son procès : Louis Mandrin est condamné à mort.
Le 26 mai 1755 à Valence, il est conduit en place public où le bourreau lui brise les membres avant de l'étrangler. Mais le célèbre bandit justicier ne tombera pas dans l'oubli.
Inspirée d'un opéra de Rameau, la « complainte de Mandrin » chante ses célèbres aventures ; petit et grand écrans lui dédieront films et feuilleton. Sans compter de nombreux livres et même une marque de bière bien française !