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La boîte aux curiosités (histoire.), 19. LES YAKUZAS - HISTOIRE DE LA MAFIA JAPONAISE.

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19. LES YAKUZAS - HISTOIRE DE LA MAFIA JAPONAISE.

Le corps tatoué, la main amputée d'un doigt et l'allure arrogante, leur nom signifie « perdants ».

Plutôt paradoxal quand on sait qu'ils forment la plus grande organisation criminelle au monde : les yakuzas.

La naissance des yakuzas remonte au Japon du XVIIème siècle, durant l'ère Edo.

Ils seraient issus de deux guildes de parias : celle des joueurs professionnels et celle des marchands ambulants, originaires des milieux les plus miséreux de la société. Ces individus auraient formé des bandes armées, rançonnant et tuant pour survivre.

Quand, au XIXème siècle, le pays du soleil levant s'ouvre à l'Occident, les yakuzas en profitent.

Ils développent marché noir et trafics en tous genres pour s'implanter dans toutes les couches de la société.

C'est pourtant avec hostilité que la pègre assiste à cette ouverture, synonyme pour elle d'atteinte aux traditions et d'ingérence dans ses affaires.

Elle noue alors des alliances politiques aux idées conservatrices voire extrémistes. Intimidations et assassinats ne vont pas tarder à faire trembler les ministères nippons.

Une stratégie d'infiltration qui va payer durant la seconde Guerre mondiale.

Le Gouvernement fait alors appel aux yakuzas pour divertir les troupes et organiser des trafics dans les territoires conquis. Les profits sont , bien sûr, colossaux pour tous.

La reddition du pays, et son occupation en 1945, va même être une aubaine.

La ruine économique légitime le marché noir, unique moyen de survie dans les villes. Il faut aussi fournir aux occupants G.I. substances illicites, compagnie féminine et jeux d'argent. L'État et la police ferment cependant les yeux car les yakuzas font régner l'ordre et louent leurs bras pour briser les grèves ou assagir la concurrence d'affaires.

Prostitution, drogue, rackets divers, jeux de hasard : la liste des activités yakuzas devient interminable.

Dans les années 60, les effectifs mafieux avoisinent les 200 000 membres, tous hiérarchisés et dirigés d'une main de fer par quatre « familles ». L'empire yakuza fait partie intégrante du pays. Pourtant son déclin est proche.

Le blanchiment d'argent s'est transformé en véritable usine et la corruption gangrène les plus hautes sphères du pouvoir.

La pègre nippone s'est aussi exportée aux États-Unis qui la voient d'un très mauvais œil. Pire : des innocents sont parfois victimes des rivalités entre bandes. Les autorités décident de réagir.

En 1992, on vote enfin une loi antigang et on démantèle certains clans.

Les autres doivent adopter un statut légal d'association ou d'entreprise. Résultat : le nombre de yakuzas tombe sous la barre des 60 000. Mais leurs activités se maintiennent par une clandestinité accrue. On ne se débarrasse pas aussi facilement de ces bandits tatoués.

Un tatouage coloré, traditionnellement perçu comme négatif : l'« irezumi.

» Couvrant parfois l'intégralité du corps, il indique le clan d'appartenance et symbolise courage et fidélité. Près de 70% des yakuzas en portent un.

Tout aussi représentatif : le « yubitsume » :l'auto-amputation de l'auriculaire ou d'un autre doigt.

Présenté au chef de clan en signe de repentance pour une faute importante, il est ensuite gardé dans le formol. Un rappel de (à) ne jamais enfreindre le code d'honneur familial. Près de la moitié des yakuzas auraient ainsi égaré leur petit-doigt…

Une faute plus grave entraîne l'exclusion temporaire ou définitive du coupable.

Pour une disgrâce, un yakuza soucieux de son honneur ira même jusqu'à pratiquer le « seppuku » : suicide rituel par auto-éventration. On ne plaisante jamais avec le code de la « famille ».

Une famille régie par des règles strictes et soigneusement organisée.

Un ordre qui reflète le schéma pyramidal traditionnel de la société japonaise. Au sommet, le patriarche, entouré de conseillers, de comptables et de juristes. Il garantit protection et conseils à ses « enfants ». Viennent ensuite ses deux lieutenants, égaux en titre mais pas en autorité. Ils assurent le relais avec leurs subordonnés, les « grands frères ». Ces derniers chapeautent les « petits frères », à la base de cette structure criminelle aussi redoutable qu'efficace. Pour preuve, des dizaines de milliards d'euros de profits annuels. Mais la sélection est rude pour intégrer l'univers des yakuzas.

Après une initiation à la criminalité, la recrue partage une coupe de saké salé avec son futur patriarche.

Une cérémonie d'allégeance pour lui jurer fidélité, obéissance et respect de la « voie chevaleresque » ; un code de conduite en neuf règles. L'ignorer peut conduire à la mort.

[À l'écran : Si dernièrement les autorités ont multiplié les victoires, les yakuzas sont loin d'avoir perdu.

Avec pignon sur rue, ils demeurent profondément ancrés dans un système politique et social conservateur.]

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