12. SUPER-HÉROS, DES ORIGINES À NOS JOURS.
Nous sommes en 1933 quand Jerry Siegel et Joe Shuster donnent naissance au premier super-héros de l'Histoire, Superman.
Malheureusement, le personnage n'intéresse pas les journaux et personne n'accepte de les publier. Pour les deux hommes, c'est le début d'une longue traversée du désert qui va durer 5 ans.
En 1938, Siegel et Shuster finissent par se faire remarquer par une petite maison d'édition.
Cette dernière se spécialise dans la publication de comic books. Elle porte à l'époque le nom National Allied Publications mais est aujourd'hui connue sous celui de DC Comics.
En Juin 1938, à l'occasion de la sortie de l'Action Comics n°1, Superman rencontre pour la première fois son public et c'est le coup de foudre.
Le surhomme devient rapidement la nouvelle icône de la jeunesse américaine, un porteur d'espoir et de réconfort dans un pays confronté à une grave crise économique.
L'année suivante, DC récidive en publiant la première aventure de Batman et le succès est une nouvelle fois au rendez-vous.
Cet engouement pour les super-héros ne tarde pas à attirer d'autres éditeurs et la concurrence se développe. Au nombre des challengers, on retrouve Timely Comics qui deviendra Marvel bien des années plus tard.
Alors que le monde plonge dans la 2nde guerre mondiale, les auteurs de comics partent en guerre contre les forces de l'Axe et l'URSS.
De Tokyo à Berlin, les super-héros font trembler les dictateurs et protègent vigoureusement la liberté. Le plus zélé d'entre eux est Captain America, un personnage dont le costume est aux couleurs de la bannière étoilée.
Quand les Etats-Unis rentrent en guerre, le gouvernement américain ne va pas s'y tromper.
Conscient de l'impact psychologique de ces œuvres, il les intègre au paquetage des soldats: un moyen efficace de maintenir le moral des troupes envoyées au combat en Europe et dans le Pacifique.
La fin de la guerre marque la chute des super-héros.
Les temps ont changé et les aspirations des lecteurs aussi. L'industrie de la bd se porte très bien mais le public préfère maintenant les westerns et les histoires d'épouvante. Conséquence : les justiciers masqués disparaissent presque complètement des kiosques.
Dans le milieu des années 1950, les comics sont confrontés à leur première véritable crise.
Suite à la publication d'un livre intitulé «La séduction de l'innocent », une polémique nationale éclate autour de leur influence sur la jeunesse. Les débats vont aboutir à la création de la Comics Code Authority, un organisme de régulation destiné à contrôler chaque petite revue avant sa sortie.
Cette véritable censure va porter un lourd préjudice aux créateurs.
Dorénavant, ils devront proposer un contenu aseptisé et conforme à la morale. Pour les super-héros en revanche, c'est une très bonne nouvelle. D'une part les histoires d'épouvante ont été reléguées aux oubliettes, d'autre part les éditeurs souhaitent maintenant sauver les meubles en revenant aux fondamentaux.
Au début des années 1960, les super-héros ont renoué avec leur public.
Marvel est à présent le leader du secteur. Ce succès, la maison d'édition le doit surtout à Stan Lee et Jack Kirby. En quelques années, le duo de choc va accoucher de tout un tas de nouveaux personnages à succès dont Les 4 Fantastiques, Spiderman ou encore Hulk.
En 1971, le ministère de la santé demande à Marvel de réaliser une bd sur les dangers de la drogue pour la jeunesse.
Stan Lee se met au travail mais son histoire ne reçoit pas l'approbation de la CCA. Marvel fait alors un choix risqué : se passer purement et simplement de l'aval de la commission. The Amazing Spiderman n°96 va sortir au mois de mai et se vend jusqu'au dernier exemplaire. Cet évènement va marquer le début d'un vaste mouvement de désobéissance. Mouvement qui entrainera un assouplissement considérable des règles en vigueur.
Dans les années 1980-90, les auteurs de comics développent des univers plus sombres et plus complexes.
Les superhéros n'y sont plus des figures de perfection. Ils ont à présent leurs blessures et sont confrontés aux mêmes doutes et aux mêmes traumatismes que leurs lecteurs. On découvre par exemple qu'Iron Man est un homme détruit par l'alcool et que Batman peut parfois se montrer tout aussi cruel que les criminels qu'il pourchasse.
Vers la fin des années 1990, les éditeurs sont confrontés à une nouvelle crise : les comic books ne font tout simplement plus recette.
Pour survivre, les superhéros doivent à présent se tourner vers de nouveaux horizons. Au début des années 2000, ils commencent à prendre d'assaut le cinéma et se lancent à la conquête du monde vidéoludique. Soutenus par des effets numériques toujours plus réalistes, rien ne semble aujourd'hui pouvoir les arrêter. Quelle sera la suite de cette incroyable aventure ? Nul ne le sait vraiment. Une chose est sûre : elle ne demande qu'à être écrite…