10. LA PETITE HISTOIRE DU PÈRE NOËL
Lui, c'est le père Noël, personnage mythique des fêtes de fin d'année.
Dans la nuit du 24 au 25 Décembre, il a pour habitude de parcourir le monde sur son traineau volant et de distribuer des cadeaux aux enfants. Mais d'où vient-il ce curieux vieillard arborant une majestueuse barbe blanche et vêtu d'un resplendissant costume rouge ?
Selon ses biographes, il serait né en Turquie en 270 et se serait illustré par des actes d'une extrême générosité tout au long de sa vie.
A l'époque, il ne s'appelle d'ailleurs pas Père Noël mais Nicolas et exerçait la très respectable profession d'évêque dans la ville de Myre.
Peu après sa mort, qui survient le 6 décembre 343, il est canonisé par l'église catholique et devient alors Saint Nicolas.
Pour occuper son éternité, il décide un beau jour de devenir saint patron et protecteur des enfants.
C'est ainsi que tous les 6 décembre, date anniversaire de sa mort, il sillonne les villes d'Europe pour distribuer des cadeaux aux bambins méritants.
Mais attention car à ses débuts, Saint Nicolas ne se déplaçait jamais seul.
Il avait en effet jugé bon de faire équipe avec le Père Fouettard – aussi connu sous les noms de Krampus, Hans Trapp ou encore Ruprecht selon les pays. La fonction de ce terrifiant acolyte était de faire amèrement regretter leur comportement aux petits voyous ayant désobéis à leurs parents pendant l'année.
Mais voici qu'arrive le XVIème siècle.
La réforme protestante met alors fin au culte de Saint Nicolas dans de nombreuses régions d'Europe du Nord. Cependant un petit pays peuplé d'irréductibles néerlandais résiste.
Pour eux, hors de question d'abandonner leur fête populaire de Sinter Klaas – comprenez Saint Nicolas en langue flamande. Des années plus tard, l'Europe se lance à la conquête du Nouveau Monde.
Les Néerlandais fondent la ville de New Amsterdam – aujourd'hui connu sous le nom de New York – et la fête de la Saint Nicolas commence à se populariser en Amérique du Nord. Les colons anglais ne tardèrent pas à s'approprier cette tradition festive hollandaise et Sinter Klaas devint alors Santa Claus.
Au fil des décennies, les familles chrétiennes trouvèrent plus approprié que cette fête des enfants soit associée à la naissance de Jésus.
Santa Claus décide alors de modifier son planning et d'effectuer sa tournée, non plus dans la nuit du 5 au 6 décembre, mais dans la nuit du 24 au 25. 1821 est une année charnière pour Santa Claus.
Cette année-là, le pasteur américain Clement Clarke Moore écrit un conte de Noël à succès qui fixera les nouvelles normes en matière de Père Noël : il y est présenté comme un lutin sympathique, fumant la pipe, dodu et souriant, qui distribue les cadeaux en se déplaçant sur un traîneau tiré par des rennes. Ce nouveau look de Santa Claus est peaufiné par le dessinateur Thomas Nast en 1863.
Exit les dimensions « nain de jardin » ainsi que les habits d'évêque traditionnels et bonjour les bourrelets, le costume rouge à fourrure blanche et la large ceinture de cuir noir. Notre Santa Claus « made in America » devait maintenant attendre une opportunité pour se lancer à la conquête du Vieux Continent.
Elle ne tarde pas à se présenter avec la fin de la seconde guerre mondiale et la mise en place du plan Marshall qui vit une déferlante de produits américains s'abattre sur une Europe ravagée par les combats. C'est ainsi qu'en France, pays catholique où Noël n'était traditionnellement associé qu'à la naissance du Christ, le personnage du Père Noël finit enfin par se faire une place de choix dans les foyers et les cœurs de millions de personnes.