01. POURQUOI LES ROMAINS ÉTOUFFAIENT-ILS LEURS BÂILLEMENTS ?
Si le bâillement est aujourd'hui considéré comme un comportement physiologique anodin, il était par le passé empreint d'une signification pour le moins macabre.
Durant l'Antiquité romaine, le monde était un endroit assez peu accueillant pour les nouveau-nés.
Microbes, virus et bactéries étaient alors responsables d'un taux de mortalité infantile très élevé.
Ne disposant pas de connaissances suffisantes, les médecins de l'époque finirent par se tourner vers les sciences occultes pour expliquer cette véritable hécatombe.
En examinant différents nourrissons, ils avaient en effet remarqué que les plus fragiles d'entre eux – ceux qui tombaient malades et finissaient par mourir – baillaient plus souvent et plus intensément que les autres.
Aujourd'hui, on sait que bailler permet à l'organisme d'accroitre ses apports en oxygène.
De fait, il est parfaitement logique de bailler plus quand on est affaibli. Mais à l'époque les Hommes étaient encore très loin de ce niveau de compréhension du corps humain.
Faute d'explications plus rationnelles, les érudits de l'Empire finirent donc par émettre l'hypothèse que le bâillement pouvait entrainer une expulsion involontaire de l'âme hors du corps.
Pour remédier à ce problème, ils recommandèrent alors aux mères romaines de couvrir la bouche de leur enfant lorsque ce dernier baillait.
Se faisant, elles évitaient à l'âme du nouveau-né de s'envoler, abandonnant derrière elle un corps sans vie.
Cette pratique s'imposa rapidement dans toute la société romaine, tant et si bien que même les adultes finirent par étouffer leurs bâillements par précaution.
De plus, comme bailler était déjà particulièrement communicatif, les Romains décidèrent de se préserver les uns les autres de la contagion en détournant le visage au moment opportun.
Ce délire collectif n'eut bien entendu aucun impact sur l'espérance de vie des populations de l'Empire.
Les bébés continuèrent à tomber comme des mouches mais au moins tout le monde pouvait à présent se donner bonne conscience face à l'adversité !