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La statistique expliquée à mon chat, Tu bois du light ? T’e… – Text to read

La statistique expliquée à mon chat, Tu bois du light ? T’es foutu !

Intermedio 1 di francese lesson to practice reading

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Tu bois du light ? T'es foutu !

<3 Sous-titres réalisés avec amour par Bobine412, Maxime et TheBigBob 2003. Merci à eux <3

Aujourd'hui, je vais tenter d'attirer l'attention de mon chat Albert sur un papier de recherche.

Le papier en question a été publié le 20 avril 2017 dans la revue anglophone "Stroke" ;

en voici le titre original.

Si je tente une traduction dans la langue de Molière, ça donne quelque chose comme ceci :

À propos des boissons light et du risque d'accident vasculaire cérébral.

Une étude de cohorte prospective.

Le papier est assez rébarbatif à lire

et je ne vais pas embêter mon chat avec trop de détails le concernant.

Dans les grandes lignes, Albert, ce que les chercheurs ont fait,

c'est séparer un échantillon de personnes en deux groupes

selon la quantité de boissons light consommée.

À gauche, les gros consommateurs,

à droite, ceux qui ont rapporté consommer peu voire pas du tout.

Cette séparation faite, les chercheurs ont découvert quelque chose d'inquiétant :

le risque d'accident vasculaire cérébral s'est révélé sensiblement plus élevé dans le groupe de gauche.

Les chercheurs ont donc mis en évidence un lien, une corrélation,

entre consommation de boissons light et risque d'AVC.

Je sais, Albert, ça fait très peur, surtout à une époque où ce type de boisson est massivement consommé.

Mais une corrélation, c'est aussi ce qui a été découvert entre le nombre de magasins IKEA par habitants

et le nombre de prix Nobel par habitants.

On sent toutefois que conclure que les magasins IKEA sont des catalyseurs de recherche ne va pas marcher.

Un lien, il y en a également un très fort entre la concentration de CO2 atmosphérique

et le taux de personnes en surpoids sur la planète.

Mais à nouveau, conclure qu'une atmosphère pauvre en CO2

est la solution au problème du surpoids serait bien naïf.

En science, mettre en évidence une corrélation,

c'est comme avoir détecté quelque chose sous le sable à l'aide d'un détecteur de métaux.

Comprendre si cette corrélation est le résultat d'une relation de cause à effet,

cela revient à retourner le sol en espérant trouver quelque chose d'intéressant.

Car disons-le clairement :

on s'en fiche bien de savoir que la consommation de boissons light et le risque d'AVC sont liés.

Nous, ce que l'on veut savoir, c'est s'il y a une relation de cause à effet entre les deux.

Malheureusement, retourner le sol est aussi l'étape la plus difficile.

Par manque de temps, de moyens ou simplement parce qu'ils ont la flemme,

de nombreux scientifiques ne le font jamais.

Les derniers mots rédigés par les auteurs de l'article publié dans "Stroke"

sont ainsi particulièrement révélateurs.

Je te fais la traduction, Albert :

De futures recherches sont nécessaires afin de confirmer nos résultats

et d'investiguer les mécanismes pouvant expliquer cette corrélation.

Si on a de la chance, les auteurs ou d'autres chercheurs termineront cette étude un jour

et on aura le fin mot de cette histoire.

Là où les choses s'aggravent, c'est quand on voit ce qui est fait de ce genre de papier de recherche sur Internet

où les corrélations deviennent par magie des relations de cause à effet sans la moindre preuve.

Admire par exemple, Albert, ce superbe titre sur le site lebonbon.fr :

« Pourquoi il faut arrêter de boire du light »

L'article date du 21 avril, soit à peine 24h après la publication du papier de recherche.

Le même jour sur medisite.fr où, je cite, « le contenu est validé par des médecins »,

on nous dit très sérieusement : « Soda light : cette boisson triple votre risque de faire un AVC. »

Mais on peut faire encore plus alarmiste.

Ainsi apparaît le 26 avril sur nicematin.com un article intitulé :

« Vous n'avez pas envie de savoir ce que vous risquez en buvant des sodas allégés »

En parcourant les autres articles publiés par la même personne, on a cela dit vite compris.

Bon, revenons-en à nos boissons light et au risque d'AVC.

Que devraient faire les chercheurs pour déterminer si la corrélation qu'ils ont mis en évidence

cache en fait un lien de cause à effet ?

Ce qui plombe leur étude actuelle, c'est qu'il n'y a aucune garantie

que la seule chose qui différencie les gens à gauche et à droite

est leur consommation de boissons light.

Peut-être bien que les boissons light sont dangereuses.

Mais si ça se trouve, les gens à gauche consomment aussi beaucoup plus d'alcool

et c'est en fait ça la cause du risque d'AVC plus élevé dans ce groupe

et non la consommation de boissons light.

Si ça se trouve aussi, le groupe à gauche fume beaucoup plus

que celui à droite.

Ou utilise plus souvent la voiture.

Ou mange moins souvent des fruits et légumes.

Les chercheurs derrière le papier de recherche en question sont conscients du problème.

Alors, ils ont fait ce qu'on appelle des ajustements.

Ils ont récolté des données supplémentaires sur les individus dans les deux groupes.

L'âge, le sexe, le niveau d'éducation, la qualité de l'alimentation, l'activité physique

et le nombre de cigarettes fumées.

À l'aide de ces données supplémentaires, ils ont fait en sorte que les deux groupes

soient plus ou moins équivalents selon tous ces critères.

Mais même ainsi, ça ne prouve toujours pas que les boissons light sont dangereuses.

Les études du genre sont bancales par construction.

Elles ne pourront jamais faire plus que mettre en évidence une possible corrélation.

Même si on ajuste les choses pour une centaine de critères différents,

il y en aura toujours d'autres que l'on pourra invoquer pour mettre la relation de causalité en doute.

Par exemple, un critère pour lequel aucun ajustement n'a été fait

et qui me vient immédiatement à l'esprit, c'est l'exposition à la pollution.

Si ça se trouve, la consommation de boissons light est surtout un phénomène citadin

et dans de nombreuses villes, la qualité de l'air laisse souvent à désirer,

ce qui pourrait avoir un impact sur le risque d'AVC.

Pour établir une relation de cause à effet,

il ne faut pas se contenter de récolter les données sur le terrain et d'ensuite les analyser.

Il faut activement bousculer les individus interrogés dans leurs habitudes.

Le plan est le suivant :

on rassemble un large échantillon d'individus

et on les divise de façon tout à fait aléatoire en deux groupes de même taille.

Si le nombre de personnes dans cette étude est assez grand,

d'un point de vue statistique, ces deux groupes sont garantis d'être équivalents

selon n'importe quel critère.

Il y aura ainsi la même proportion de personnes aux yeux bleus dans les deux groupes,

la même proportion de personnes ayant fait un AVC récemment

la même proportion de propriétaires de chat,

et la même proportion de personnes qui consomment régulièrement des boissons light.

La clé du succès à partir d'ici, c'est d'imposer dans le groupe du dessus,

à tous ceux qui consommaient des boissons light jusqu'alors

de ne plus en boire sans pour autant changer quoi que ce soit d'autre dans leur vie.

Et dans le groupe en dessous, c'est le contraire.

On va bousculer tous ceux qui ne buvaient pas de boissons light jusqu'alors

en leur demandant d'en boire à partir de maintenant.

Les deux groupes sont à présent équivalents par construction

selon tous les critères imaginables...

...sauf un seul ! Celui de la consommation de boissons light.

Si dans quelques années on observe un déséquilibre du nombre d'AVC entre les deux groupes,

il n'y aura qu'une conclusion possible :

les boissons light sont responsables, et une relation causale avec le risque d'AVC

aura été établie.

Chers internautes, comme certains d'entre vous le savent déjà,

Albert a obtenu récemment le prestigieux prix Wernaers de la communication scientifique

Et pour fêter l'évènement, nous vous proposons un petit concours.

Concrètement, nous allons expédier à trois de nos fans

une superbe impression sur plaque dans un peu plus d'un mois.

L'un des trois chanceux sera tiré au hasard

parmi ceux à avoir partagé le post Facebook en ce moment épinglé sur notre page.

Un autre sera tiré parmi ceux à avoir retweeté le message épinglé sur notre compte Twitter.

Et un dernier parmi ceux qui nous soutiendront sur tipeee.com/amisdalbert

au cours des 31 jours suivant la publication de la présente vidéo.

Attention ! Pour être éligible, votre adresse de livraison doit se situer en Europe,

dans l'un des pays à l'écran.

Merci à tous pour votre attention

et à très bientôt pour de nouvelles aventures avec Albert.

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