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Little women ''Les quatre filles du docteur Marsch'', Meg va à la foire aux vanités IX

Meg va à la foire aux vanités IX

Mais, à la fin de la soirée, elle entendit par hasard quelques mots d'une conversation qui la troublèrent extrêmement ; elle était assise dans la serre et attendait une glace que son danseur était allé lui chercher, lorsqu'elle entendit une voix demander de l'autre côté du mur de fleurs :

« Quel âge a-t-il ?

– Seize ou dix-sept ans, je crois.

– Ce serait un très beau parti pour une de ces petites filles. Sallie dit qu'ils sont très intimes maintenant, et le vieux monsieur raffole d'elle.

– Mme Marsch y a peut-être bien pensé ; mais la jeune fille n'y pense évidemment pas encore, dit une voix que Meg reconnut pour être celle de Mme Moffat.

– Elle a cependant énormément rougi quand les fleurs sont arrivées. Pauvre petite fille ! Elle serait si jolie si elle était habillée. Pensez-vous qu'elle s'offenserait si nous lui offrions de lui prêter une robe pour jeudi ? demanda la voix de Clara.

– Elle est fière, mais je ne crois pas qu'elle s'en fâcherait, car elle n'a que cette robe de tarlatane. Elle peut y faire quelque accroc ce soir, ce qui sera un bon prétexte pour lui en offrir une nouvelle.

– Nous verrons ! J'inviterai ce petit Laurentz, soi-disant pour faire plaisir à Pâquerette, et nous nous amuserons à les voir ensemble. »

Au même moment, le danseur de Meg arriva et la trouva rouge comme un coquelicot et très excitée. Son orgueil lui fut utile dans ce moment- là ; il l'aida à cacher sa mortification de ce qu'elle venait d'entendre, car, quelque innocente et simple qu'elle fût, elle ne pouvait s'empêcher de comprendre le sens du bavardage de ses amies : Mme Marsch y a pensé ; – Elle a rougi ; – et sa robe de tarlatane. Elle s'était sentie au moment de pleurer et elle aurait voulu s'enfuir chez elle, dire ses troubles et demander des avis à sa mère ; mais, comme c'était impossible, elle avait fait tous ses efforts pour paraître gaie et, étant un peu excitée, elle y avait assez réussi pour que personne ne pût soupçonner combien cela lui coûtait.

Pour tout dire, elle fut très contente quand, à la fin de la soirée elle put aller tranquillement dans son lit. Une fois seule, quelques larmes vinrent rafraîchir ses joues brûlantes. Les paroles de ses amies, relatives à sa mère et à Laurie, avaient ouvert un nouveau monde à Meg et troublaient la paix de l'ancien, où jusqu'alors elle avait vécu aussi heureuse qu'une enfant. Son amitié innocente pour Laurie était gâtée par les quelques mots qu'elle avait entendus ; sa foi en sa mère était un peu blessée par les plans mondains que lui attribuait M me Moffat, laquelle jugeait les autres d'après elle- même, et sa bonne résolution de se contenter de la simplicité de toilette qui convenait à une jeune fille pauvre était affaiblie par la pitié de ses amies, qui semblaient penser qu'une robe comme la sienne était le plus grand malheur du monde.

La pauvre Meg passa la nuit sans dormir et se leva malheureuse, à moitié fâchée contre ses amies, et à moitié honteuse d'elle-même. Personne n'était en train de rien faire ce matin-là, et il était plus de midi lorsque les jeunes filles retrouvèrent assez d'énergie pour reprendre leur tapisserie. Quelque chose dans les manières de ses amies frappa immédiatement Meg ; elles la traitaient avec plus de respect, pensait-elle, prenaient un tendre intérêt à tout ce qu'elle disait, et la regardaient avec des yeux qui montraient visiblement de la curiosité. Tout cela la surprit et la flatta ; mais elle n'en comprit la raison que lorsque miss Belle, levant les yeux de dessus la lettre qu'elle écrivait, dit d'un air sentimental :

« Pâquerette, j'ai envoyé à votre ami M. Laurentz une invitation pour jeudi ; nous aimerions à le connaître, et ce sera pour nous un partner agréable. »

Meg rougit, et une idée malicieuse de taquiner les jeunes filles lui fit répondre modestement :

« Vous êtes bien bonne, mais je crains bien qu'il ne vienne pas.

– Pourquoi, chérie ?

– Il est trop vieux.

– Qu'est-ce que vous voulez dire, mon enfant ? demanda miss Clara. Quel âge a-t-il ?

– Près de soixante-dix ans, je crois, répondit Meg en comptant les points de son dessin, afin de cacher la gaieté qui brillait dans ses yeux.

– Oh ! la petite rusée ! Nous parlions naturellement du jeune homme, dit miss Belle en riant.

– Il n'y a pas de jeune homme auprès de M. Laurentz ; Laurie est un petit garçon. »

Et Meg rougit du regard bizarre qu'échangèrent les deux soeurs.

« Il a à peu près votre âge ? demanda Annie.

– Non, il a plutôt celui de ma soeur Jo.

– C'est très gentil à lui de vous avoir envoyé des fleurs, n'est-ce pas ? demanda Annie, prenant sans motif un air grave.

– Oui, il nous en envoie souvent à toutes ; leur maison en est toute remplie, et nous les aimons tant ! Ma mère et le vieux M. Laurentz sont grands amis, et il est tout naturel que nous jouions ensemble, dit Meg qui espérait que ses amies en diraient davantage.

– Il est évident que Pâquerette ne sait encore rien, dit miss Clara à Belle.

– Je vais aller acheter quelques petits objets de toilette pour mes filles. Puis-je faire quelque chose pour vous, mesdemoiselles ? demanda Mme Moffat, qui entra dans la chambre en marchant avec la légèreté d'un éléphant.

– Non, merci, madame, répond Sallie ; j'ai ma robe de soie rose qui est toute neuve, et je n'ai besoin de rien.

– Ni moi... » commença Meg.

Mais elle s'arrêta court, car il lui vint tout à coup à l'idée qu'elle aurait grand besoin de plusieurs objets, mais qu'elle ne pouvait pas les acheter.

« Qu'est-ce que vous mettrez ? demanda Sallie.

– Encore ma vieille robe blanche, si je peux la raccommoder assez bien pour qu'on ne voie pas la grande déchirure que j'y ai faite hier, dit Meg en essayant de parler librement ; mais la vérité est qu'elle ne se sentait pas du tout à son aise.

– Pourquoi n'en envoyez-vous pas chercher une autre chez vous ? demanda Sallie qui n'avait pas beaucoup de tact.

– Pour une excellente raison, miss ; je n'en ai pas d'autre ! »

Il fallut un certain courage à Meg pour dire cela. Sallie ne s'en doutait pas, car elle s'écria avec une surprise naïve :

« Pas d'autre ! Que c'est drôle de... »

Mais Belle, lui adressant un regard de reproche, l'empêcha de finir sa phrase et dit avec bonté :

« Rien n'est plus naturel ! À quoi lui servirait d'avoir plusieurs robes, puisqu'elle ne va pas encore dans le monde ? – D'ailleurs, Pâquerette, quand vous en auriez une douzaine chez vous, vous n'auriez pas besoin de les envoyer chercher ; j'ai une jolie robe de soie bleue toute neuve, qu'à mon grand regret, il m'a fallu mettre de côté parce que j'avais grandi trop vite ; vous la porterez pour me faire plaisir, n'est-ce pas, chérie ?

– Vous êtes très bonne, mais cela ne m'ennuie pas de mettre ma vieille robe, si cela ne vous fait rien à vous-même ; elle est bien assez belle pour une petite fille comme moi.

– Oh ! je vous en prie, laissez-moi vous habiller ; cela me fera beaucoup de plaisir, et vous serez une vraie petite beauté quand je vous aurai arrangée à ma manière. Je ne vous laisserai voir à personne jusqu'à ce que vous soyez prête, et nous arriverons comme Cendrillon et sa marraine », dit Belle de son ton le plus persuasif.

Meg ne pouvait pas refuser une offre faite avec tant de bonne grâce, et un désir secret, de voir si elle serait en effet « une vraie petite beauté », la décida à accepter et lui fit oublier tous ses petits griefs envers la famille Moffat.

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