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Little women ''Les quatre filles du docteur Marsch'', Jo vo… – Text to read

Little women ''Les quatre filles du docteur Marsch'', Jo voisine V

Intermedio 2 di francese lesson to practice reading

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Jo voisine V

Laurie ouvrait la bouche pour lui faire une autre question, quand il se rappela juste à temps que ce n'était pas poli de faire trop de questions. Mais Jo, à qui Laurie plaisait beaucoup, ne demandait pas mieux que de le faire rire un peu, fût-ce aux dépens de la tante Marsch. Elle lui fit une description très amusante de la vieille dame, de ses impatiences, de son gros chien, du perroquet qui parlait espagnol et de la bibliothèque qui avait tant de charme pour elle.

Laurie riait de tout son coeur, de si bon coeur qu'une bonne, tout étonnée, vint voir ce qui se passait. Jo lui racontait précisément qu'un vieux monsieur était venu un jour demander la main de tante Marsch, et qu'au milieu d'une belle phrase, Polly, le perroquet, avait sauté sur le monsieur et lui avait arraché sa perruque en lui criant : « Silence ! »

« Oh ! cela me fait tant de bien de rire ! Continuez, je vous en prie », lui dit-il, encore tout rouge d'avoir tant ri.

Jo, excitée par son succès, continua à parler de leurs jeux, de leurs projets, de leurs espérances, de leurs craintes pour leur père et des événements les plus intéressants du petit monde dans lequel elles vivaient. Ils parlèrent ensuite de livres, et Jo trouva, à sa grande joie, que Laurie les aimait autant qu'elle et en avait même lu davantage.

« Si vous les aimez tant, venez voir les nôtres, lui dit Laurie en se levant. Mon grand-père est sorti ; n'ayez pas peur.

– Je n'ai peur de rien ! répliqua Jo avec un fier mouvement de tête.

– Je le crois », répondit le jeune garçon avec admiration, tout en pensant que si Jo rencontrait le vieux monsieur dans un de ses accès de mauvaise humeur, elle aurait, malgré son courage, de bonnes raisons d'être effrayée.

Toute la maison était chauffée par un calorifère, et Laurie put, malgré son rhume, promener Jo dans toutes les pièces et la laisser examiner à son aise tout ce qui lui plaisait. Lorsqu'ils arrivèrent dans la bibliothèque, Jo se mit à battre des mains et à danser, comme elle faisait toujours quand elle était particulièrement charmée.

« Que de belles, que d'utiles choses ! soupira- t-elle en s'enfonçant dans les profondeurs d'un fauteuil capitonné et promenant un oeil d'admiration sur l'immense quantité de livres et de tableaux qui tapissaient les murs, et sur les statues, les bronzes et les curiosités artistiques qui remplissaient la chambre. Théodore Laurentz, vous êtes la plus heureuse personne du monde, ajouta-t-elle d'un air convaincu.

– On ne peut pas vivre rien qu'avec des livres, répondit Laurie en se penchant sur une table vis- à-vis d'elle. Je donnerais tout ce qui est ici pour avoir des soeurs... »

Mais, avant qu'il eût pu continuer, on entendit un coup de sonnette, et Jo se leva en toute hâte en s'écriant :

« Miséricorde ! C'est votre grand-papa !

– Eh bien, qu'est-ce que cela fait ? Vous n'avez peur de rien, vous savez, lui répondit malicieusement Laurie.

– Je crois que j'ai un peu peur de lui, mais je ne sais vraiment pas pourquoi j'aurais peur ; maman a dit que je pouvais venir, et je ne pense pas que vous en soyez plus malade, dit Jo en se rasseyant et paraissant plus rassurée, quoique ses yeux fussent toujours fixés sur la porte.

– Je vais bien mieux, au contraire, et je vous en suis très reconnaissant ; seulement, j'ai peur que vous ne vous soyez fatiguée en parlant. C'était si agréable de vous écouter, que je n'avais pas le courage de vous arrêter, dit Laurie.

– Monsieur, ce n'est pas votre grand-père, c'est le docteur ! » dit la servante.

Laurie respira, et se tournant vers Jo :

« Ne vous en allez pas, permettez-moi seulement de vous laisser seule pendant une minute. Je suppose que je dois aller vers le docteur, dit Laurie.

– Ne vous inquiétez pas de moi ; je suis heureuse comme une reine, ici », répondit Jo.

Et, Laurie étant parti, elle s'amusa à regarder toutes les charmantes choses qui ornaient la chambre.

Elle était debout devant un beau portrait de M. Laurentz, lorsqu'elle entendit ouvrir la porte, et croyant que c'était Laurie, elle dit sans se retourner, d'un air décidé :

« Maintenant, je suis sûre de ne pas avoir peur de votre grand-papa, car il a les yeux pleins de bonté, quoique sa bouche soit sévère et qu'il paraisse avoir une terrible volonté. Il n'est peut- être pas tout à fait aussi beau que mon grand- père, mais il me plaît.

– Merci, madame ! » dit derrière elle une voix refrognée.

Et Jo, se retournant toute surprise, aperçut le vieux monsieur Laurentz.

La pauvre Jo devint cramoisie, et son coeur battit bien fort lorsqu'elle se rappela ce qu'elle venait de dire. Pendant une minute, elle eut une grande envie de fuir, mais cela n'eût pas été courageux, et ses soeurs, en apprenant sa fuite, se seraient moquées d'elle ; elle se décida donc à rester et à se tirer d'affaire comme elle le pourrait. En regardant de nouveau le vieux monsieur, elle vit que ses yeux avaient, sous ses effrayants sourcils, un air de bonté encore plus grand que ceux du portrait, et qu'on entrevoyait, dans ces mêmes yeux, une ombre de malice qui diminua beaucoup sa crainte. Après une pause terrible, le vieux monsieur dit d'une voix plus refrognée que jamais :

« Ainsi, vous n'avez pas peur de moi ?

– Pas beaucoup, monsieur.

– Et vous ne trouvez pas que je sois aussi bien que votre grand-père ?

– Non, monsieur, pas tout à fait...

– Et vous pensez que j'ai une volonté terrible ?

– J'ai dit seulement que je le supposais.

– Cependant, je vous plais malgré cela ?

– Oui, monsieur. »

Le vieux monsieur parut content des réponses de Jo et, se mettant à rire, lui donna une poignée de main ; puis, rapprochant doucement sa main du menton de Jo et attirant sa figure vers lui, il l'examina attentivement et lui dit gravement en rendant la liberté à sa tête :

« Vous avez l'esprit de votre grand-père, si vous n'en avez pas la figure ; il était beau, ma chère, mais ce qui valait mieux, il était brave et honnête, et j'étais fier d'être son ami.

– Merci, monsieur, répondit Jo, qui se retrouvait dans son état habituel.

– Qu'est-ce que vous avez fait à mon petit-fils, hein ? demanda ensuite le vieux monsieur.

– J'ai seulement essayé de l'égayer », dit Jo.

Et elle raconta comment sa visite était venue.

« Vous pensez qu'il a besoin d'être égayé ?

– Oui, monsieur, il paraît un peu seul, et peut- être la compagnie d'autres enfants lui ferait-elle du bien. Nous ne sommes que des petites filles, monsieur, mais nous serions très contentes de pouvoir faire quelque chose pour lui, car nous n'avons pas oublié le splendide cadeau de Noël que vous nous avez envoyé, dit Jo avec animation.

– Chut ! chut ! C'était l'affaire de M. Laurie. Comment va la pauvre femme Hummel ?

– Très bien, monsieur, maintenant. »

Et Jo lui raconta comme quoi sa mère avait su intéresser à cette pauvre femme des personnes plus riches qu'elle.

« C'est tout à fait comme cela que faisait son père ! Dites-lui que j'irai la voir au premier jour de beau temps. Mais voici la cloche du thé. Venez le prendre avec nous. Voulez-vous ?

– Oui, monsieur, si vous êtes bien sûr que cela ne doive pas vous ennuyer.

– Vous le demanderais-je si cela ne me plaisait pas ? » répondit M. Laurentz en lui offrant son bras, d'après les règles de la vieille politesse.

« Que dira Meg de tout ceci ? » se disait Jo en marchant.

Et ses yeux brillaient de plaisir à cette pensée.

« Eh bien ! qu'est-ce qui lui arrive ? demanda le vieux monsieur en voyant Laurie descendre les escaliers quatre à quatre, et prendre un air de profond étonnement en apercevant Jo au bras de son redoutable grand-père.

– Je ne savais pas que vous étiez revenu, monsieur, dit-il en échangeant avec Jo un regard de triomphe.

– C'était évident d'après la manière dont vous dégringoliez les escaliers. Venez prendre votre thé, monsieur, et conduisez-vous convenablement », dit M. Laurentz en lui tirant les cheveux par manière de caresse.

Et il continua à marcher, tandis que Laurie exécutait derrière son dos une série de mouvements qui indiquaient son contentement.

Le vieux monsieur ne parla pas beaucoup en buvant ses quatre tasses de thé, mais, en revanche, il examina les deux jeunes gens qui bavardaient et riaient comme de vieux amis ; et le changement de son petit-fils ne lui échappa pas. Il y avait alors des couleurs, de la vie et du plaisir sur la figure du jeune garçon, de la vivacité dans ses manières et de la gaieté dans son rire.

« Elle a raison, se dit-il, l'enfant est trop seul. Il faut que je voie ce que ces petites filles pourraient faire pour lui. »

Jo lui plaisait à cause de ses manières originales et spirituelles, et elle paraissait comprendre Laurie aussi bien que si elle était un petit garçon. Si les Laurentz avaient été ce que Jo appelait des « gens raides et guindés », elle ne leur aurait pas plu du tout, car elle aurait été gauche et contrainte avec eux ; mais, comme ils étaient bienveillants et simples, elle resta elle- même et leur fit une très bonne impression.

Quand ils sortirent de table, Jo parla de s'en aller ; mais, Laurie lui dit qu'il avait encore quelque chose à lui montrer et la conduisit dans la serre, qui avait été illuminée exprès pour elle. Jo se crut dans un endroit féerique lorsqu'elle se promena au milieu de ces rangées d'arbustes et de fleurs rares, que les nombreuses lumières embellissaient encore ; mais son plaisir fut plus grand lorsque Laurie, qui avait fait un gros bouquet des plus belles fleurs de la serre, le lui donna en lui disant avec un air heureux qui fit plaisir à Jo :

« Voudriez-vous donner ceci à madame votre mère et l'assurer que j'aime beaucoup le médecin qu'elle m'a envoyé ? »

En rentrant dans le grand salon, ils trouvèrent M. Laurentz assis au coin du feu ; mais l'attention de Jo fut entièrement absorbée par la vue d'un beau piano à queue.

« Jouez-vous du piano ? demanda-t-elle à Laurie d'un air respectueux.

– Un peu, répondit-il modestement.

– Oh ! je vous en prie, jouez-moi quelque chose. Je voudrais tant vous entendre afin de pouvoir le raconter à Beth.

– Jouez d'abord, vous.

– Je ne sais pas jouer ; je suis trop stupide pour apprendre, mais j'aime extrêmement la musique. »

Laurie jouait remarquablement bien pour son âge ; il ne se fit pas prier, et Jo l'écouta avec béatitude, le nez voluptueusement enfoui dans de l'héliotrope et des roses. Ah ! elle aurait bien désiré que Beth pût l'entendre aussi ; mais elle ne le dit pas et fit seulement tant de compliments à Laurie qu'il en fut tout à fait honteux, et que son grand-père se mit à dire :

« Assez ! assez ! jeune fille ; trop de sucres d'orge ne lui valent rien. Il ne joue pas mal, mais j'espère qu'il réussira aussi bien dans des affaires plus importantes. Vous partez ? Je vous suis très reconnaissant de votre visite, et j'espère que vous reviendrez bientôt. Bonsoir, docteur Jo. Mes amitiés à votre mère. »

Il était très aimable, mais quelque chose dans son air fit craindre à Jo d'avoir fait quelque méprise, et elle le demanda à Laurie, quand ils furent seuls.

« Non, c'était moi, répondit Laurie : il n'aime pas m'entendre faire de la musique.

– Pourquoi ?

– Je vous le dirai une autre fois. John va vous reconduire chez vous, puisque je ne le puis pas.

– Ce n'est pas la peine, il n'y a que deux pas à faire. Soignez-vous bien.

– Oui, mais vous reviendrez, n'est-ce pas ?

– Si vous me promettez de venir nous voir quand vous serez guéri.

– Je vous le promets.

– Bonsoir, Laurie.

– Bonsoir, Jo, bonsoir. »

Quand Jo eut raconté ses aventures, toute la famille éprouva le désir d'aller dans la maison à côté, car chacune se trouvait attirée par quelque chose. Mme Marsch désirait parler de son père avec le vieillard qui en parlait si bien et ne l'avait pas oublié ; Meg aurait voulu voir la serre ; Beth soupirait après le piano à queue et désirait admirer les beaux tableaux et les statues.

« Mère, pourquoi M. Laurentz n'aime-t-il pas entendre Laurie jouer du piano ? demanda Jo, qui voulait toujours savoir le pourquoi des choses.

– Je crois, mais je n'en suis pas sûre, que son fils, le père de Laurie, avait épousé une grande artiste italienne ; cette union avait déplu au vieillard, qui était très orgueilleux. La dame était cependant charmante, très distinguée et estimée de tous. Mais ces genres de mariage sont si rarement heureux que le préjugé fut le plus tenace chez M. Laurentz. Il ne voulut jamais revoir son fils. Le père et la mère de Laurie moururent loin de lui en Europe pendant l'enfance de Laurie, et ce ne fut qu'alors que son grand-père fit venir son petit-fils chez lui. Je crois que Laurie, qui est né en Italie, n'est pas d'une constitution robuste et que c'est pour cela que M. Laurentz semble toujours inquiet pour sa santé. Laurie ressemble à sa mère ; il a hérité d'elle son goût pour la musique, et je m'imagine que son grand-père a peur qu'il ne veuille devenir à son tour un artiste. En tous cas, les aptitudes musicales de Laurie lui rappellent sans doute, plus qu'il ne le voudrait, la femme de son fils qu'il n'aimait pas, et je pense que c'est pour cela qu'il s'assombrit, comme dit Jo, quand le pauvre Laurie joue du piano.

– Mon Dieu ! Que cette histoire de Laurie est triste et romanesque ! s'écria Meg.

– Qu'on laisse donc Laurie être artiste s'il en a vraiment la vocation, s'écria Jo, et qu'on ne gâte pas sa vie en le forçant à aller à l'université !

– Aller à l'université ne gâte rien, répondit Mme Marsch. Il manque toujours quelque chose aux artistes qui ignorent tout en dehors de leur spécialité.

– C'est parce que sa mère était Italienne qu'il a de si beaux yeux et de si beaux cheveux noirs et son teint mat si distingué ; les Italiens sont toujours beaux, dit Meg qui était un peu sentimentale.

– Qu'est-ce que vous savez de son air et de ses yeux ? C'est à peine si vous lui avez parlé, s'écria Jo qui, elle, n'était pas du tout sentimentale.

– Ne l'ai-je pas vu à la soirée des Gardiner ? Et d'ailleurs je vois bien, d'après tout ce que vous me dites, qu'il est très aimable. C'est très joli cette phrase qu'il a dite sur ce que maman lui avait envoyé.

– Il parlait du blanc-manger, je suppose.

– Que vous êtes donc étonnante, Jo ! Il parlait de vous, c'est évident.

– Vous croyez, Meg ? répondit Jo, en ouvrant les yeux comme si l'idée ne lui en était jamais venue.

– Je n'ai jamais vu une jeune fille comme vous ! Vous ne savez même pas reconnaître quand on vous fait un compliment, dit Meg, de l'air d'une personne qui croit connaître très bien toutes ces choses-là.

– Ce sont toujours des bêtises les compliments, et vous gâtez mon plaisir. Laurie est un gentil garçon, il me plaît. Nous serons bonnes pour lui parce qu'il n'a plus de mère, et il pourra venir nous voir, n'est-ce pas, mère ?

– Oui, Jo ; votre petit ami sera le bienvenu ici. Je sais qu'il est doux, poli et réservé, et j'espère que Meg se rappellera que les enfants doivent rester enfants le plus longtemps possible.

– Je ne me considère plus comme une enfant, fit observer la petite Amy. Et vous, Beth, qu'en pensez-vous ?

– Je ne sais qu'en penser, dit Beth ; j'aime mieux songer au plaisir que j'aurais à voir un jour le beau palais et le grand piano du grand-père de Laurie. »

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