"JE SUIS PARTI AU CHILI" - MON HISTOIRE - #2 (3)
parce qu'en Argentine et au Chili, ce ne sont pas les accents les plus faciles à comprendre
de l'Amérique latine. Mais j'ai continué à pratiquer. Je comprenais de mieux en mieux.
J'avais quand même quelques difficultés, mais je ne lâchais rien. Je m'efforçais, je m'efforçais,
je m'efforçais et même chose qu'en anglais, à la fin de la journée, à force de parler, de parler,
j'étais quand même assez fatigué. Alors, au Chili, je suis resté aussi un mois et demi. donc en tout,
ça faisait trois (3) mois d'espagnol, trois mois d'immersion en espagnol à parler et à
parler dans les hostels, dans les bus, partout où je pouvais, à demander des renseignements
à des personnes dans la rue où se trouve tel lieu, comment je peux aller ici, ici.
J'avais mon téléphone. J'avais Google Maps, mais c'était très sympa. C'était plus sympa en tout cas
de demander mon chemin en espagnol comme ça, ça m'entraînait, ça m'entraînait, ça m'entraînait.
Ensuite, après le Chili, je suis allé en Bolivie. La Bolivie. c'était une très bonne surprise.
D'ailleurs, maintenant que je connais le pays, c'est un des pays que j'ai préféré en Amérique du
Sud. Ce sont des très beaux paysages, la nature est incroyable. On est dans ce qu'on appelle
l'Altiplano, donc ce sont des plateaux, mais des hauts plateaux perchés à trois mille (3000)
mètres d'altitude. Donc c'est un pays qui est assez différent du Chili, par exemple,
parce que on est constamment avec un léger manque d'oxygène. En tout cas, au niveau de l'espagnol,
les Boliviens ont ce qu'on appelle un accent neutre, c'est à dire que leur espagnol n'a
pas vraiment d'accent très marqué, n'a pas de muletillas ou d'argot très spécifique, à la
différence du Chili qui utilise beaucoup d'argot, et à la différence de l'Argentine où l'espagnol
possède un accent assez assez marqué. Donc, finalement, quand je suis arrivé en Bolivie, j'ai
eu la grande surprise de voir que je comprenais tout. Je comprenais parfaitement puisque j'avais
passé trois mois en Argentine et au Chili à entendre un Espagnol des plus compliqués.
Donc finalement, j'ai commencé par le plus compliqué et en arrivant au plus simple, là,
c'était la révélation, c'était waw ! J'arrive à comprendre, mais vraiment, vraiment,
vraiment très bien. Donc j'étais super content. J'étais très motivé, c'était vraiment vraiment
top. Donc c'était encore plus encourageant pour parler. J'étais aussi sur une très bonne lancée
et même principe, j'allais dans des hostels et je rencontrais de toutes les nationalités. Donc
je parlais l'anglais et je parlais espagnol. Je me rappelle même de situations assez cocasses où
je pouvais en fait faire le traducteur. Donc j'avais par exemple un Américain qui parlait
pas espagnol. Ou je vous donne un autre exemple, un Allemand qui parlait pas espagnol et j'avais
de l'autre côté, par exemple la réceptionniste qui parlait qu'espagnol ou la femme de ménage,
ou quiconque qui parlait qu'espagnol ou un mexicain ou un hispanophone.
Donc j'avais d'un côté quelqu'un qui parlait anglais, qu'anglais et de l'autre côté
quelqu'un qui parlait qu'espagnol. Et je voyais ces deux personnes qui voulaient communiquer mais
qui ne pouvaient pas communiquer parce qu'elles n'avaient pas de langage en commun. Et moi,
j'avais les deux. Donc au départ, je me suis dit, Je vais essayer. C'est bizarre un petit peu,
mais je vais essayer. Donc j'étais assez connu dans les hostels. J'étais assez connu
pour être le traducteur. J'étais au milieu des conversations et je disais "il a dit ça,
il a dit ça". "Est ce que tu peux lui dire..." Les gens me demandaient me tapaient sur l'épaule,
et "Est ce que tu peux lui dire ça ?" Et j'allais au secours des gens quand je voyais dans la rue,
par exemple, quand je voyais les touristes qui avaient du mal à
expliquer quelque chose à un vendeur qui ne parlait pas forcément anglais,
j'arrivais et je disais "Est ce que je peux t'aider ? Je parle anglais, espagnol."
Et la personne "oui, avec plaisir et tout,
c'est génial". Et voilà, je commençais effectivement à être assez fier de ça.
Moi qui aime bien aider les gens et j'aime bien me mêler de ce qui me regarde pas. D'ailleurs parfois
ç'est un petit défaut, mais dans ce cas, c'était assez sympa, c'était assez instructif. Donc je
me suis mis un peu dans la peau d'un traducteur dans les hostels où j'allais. J'avais le français,
j'avais l'anglais, j'avais l'espagnol, j'avais les trois langues et je sentais que c'était vraiment,
vraiment très puissant. Donc très, très content de cette situation là,
de cette capacité là. C'est vraiment une récompense, quand on parle plusieurs langues,
c'est vraiment gratifiant de pouvoir se dire je peux parler à beaucoup de personnes. Je
vous expliquerai le calcul que j'ai fait dans les futurs épisodes. Mais maintenant je peux savoir à
combien de personnes je peux parler sur terre. On est sept (7) milliards sur terre et je peux parler
à plus de un (1) milliard et quelque de personnes. Donc je me dis que c'est quand même top. C'est
vraiment sympa de pouvoir s'adresser un peu à qui on veut et de ne pas être bloqué par la langue.
C'est dommage d'avoir cette barrière parce qu'on veut connaître la culture. On veut connaître
les habitudes, les coutumes des autres pays, communiquer avec toutes les personnes. Mais on
est parfois bloqué par la langue en fait. Alors c'est génial pour la culture, c'est super d'avoir
plusieurs langues dans le monde entier. Mais parfois c'est assez bloquant. Par conséquent,
j'avais envie de débloquer ça et de pouvoir m'adresser à qui je voulais. J'ai remarqué que,
en ayant déjà ces trois langues, c'était déjà assez puissant et je pouvais parler à
beaucoup de monde. On sait l'influence de l'anglais, on sait que l'espagnol,
c'est la deuxième langue la plus parlée au monde. Donc ce sont des langues qui sont vraiment assez
importantes si on veut voyager. On a tout intérêt à connaître l'espagnol et l'anglais au minimum,
donc c'est assez pratique. J'ai continué mes voyages. Après la Bolivie, je suis allé au
Pérou. Au Pérou, c'est aussi un accent neutre, donc c'est facile à comprendre. Donc même chose,
j'ai progressé, progressé, progressé, je progressais dans les deux langues.
Ensuite, j'ai continué en Colombie. En Colombie, c'est un accent qui est neutre,
qui a quelques petites différences. Là où on va, si on va à Bogota, si on va Medellin. Mais
qui est assez simple à comprendre en fait. Donc un petit conseil au sujet des langues,
si vous commencez par le plus compliqué, ensuite, tout vous paraîtra simple. Donc
c'est ce que j'avais fait. J'avais commencé par les accents les plus compliqués à comprendre et
ensuite j'étais donc Bolivie, Pérou, Colombie, là où c'était assez facile. Quoique, en Colombie,
si on va sur la côte caribéenne, là on est sur un accent caribéen et c'est encore autre chose.
C'est assez compliqué. Ils coupent beaucoup de monde, il y a une articulation qui est différente,
une prononciation qui est différente. C'est assez intéressant. Et même certains hispanophones ne
peuvent pas vraiment comprendre les Caribéens colombiens. Donc là aussi, c'était un petit
challenge. J'avais cette compréhension qui s'était débloquée en Bolivie. Et là,
en arrivant sur la côte caribéenne colombienne, j'étais un peu désarmé.
J'étais là. Ah oui, c'est plus difficile, mais ok c'est un challenge de plus. Donc c'est que
du positif dans tous les cas. Si vous ne comprenez pas, votre cerveau va débloquer la situation tout
seul. Il va se débrouiller pour vous débloquer la situation. Oui, c'est à dire que le cerveau
est une formidable machine à démêler des noeuds. On lui donne des choses très complexes et il va
se débrouiller pour les simplifier. C'est exactement ce qui se passe quand un bébé
commence à écouter une langue. Il comprend pas du tout et petit à petit, avec l'écoute,
avec la pratique, son cerveau commence à faire des liens logiques, à faire des connexions et il
commence à comprendre de mieux en mieux et de mieux en mieux. Donc faites confiance à votre
cerveau pour quoi que ce soit. Si vous apprenez un nouvel instrument, si vous apprenez quelque chose,
une nouvelle habileté, faites confiance à votre cerveau. C'est avec la régularité, c'est avec la
pratique que vous allez progresser. Même si au début, c'est très difficile. Même si au début,
vous ne comprenez pas, vous n'y arrivez pas, il faut faire confiance à votre cerveau. On
est tous pareils. On n'a pas de don naturel pour comprendre des langues. On n'a pas un
don naturel pour faire des tractions. C'est pas du tout comme ça que ça fonctionne. On
doit pratiquer et pratiquer et on doit laisser notre cerveau. On doit utiliser les techniques
qui fonctionnent pour laisser notre cerveau faire le travail et se donner de la patience,
donner le temps à notre cerveau de pouvoir faire les choses correctement, de pouvoir démêler les
situations, de pouvoir arranger les choses avec la régularité, avec la pratique, avec le temps.
Et c'est ce que je savais pas. Au début, quand j'ai commencé les langues, je me disais "Je veux
tout comprendre rapidement", mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut du temps,
il faut de la pratique, il faut de l'écoute régulière. Il faut de l'immersion, évidemment.
Je vais en reparler dans de futurs épisodes, mais c'est vraiment important. C'est comme pour toute
habileté. Si vous voulez apprendre à faire des tractions, à faire six (6) tractions d'affilée,
ce n'est pas du tout inné, mais c'est quelque chose que tout le monde peut faire, même les
femmes, à n'importe quel âge. Alors ça va prendre plus ou moins de temps, selon l'âge, évidemment,
selon la personne, selon ses caractéristiques. Parce qu'évidemment, il y a des personnes qui
vont être un peu plus favorisées que d'autres. Mais ça ne veut pas dire qu'il y a des personnes
qui pourront pas y arriver. On peut tous y arriver. Il faut plus ou moins de temps,
il faut plus ou moins de patience. C'est là où, dans les langues, la patience va être vraiment,
vraiment cruciale. Et même si vous voulez jouer d'un instrument de musique qui est nouveau,
il va falloir beaucoup, beaucoup de patience. Et pour en revenir à mon voyage, à mon grand
voyage en Amérique du Sud, arrivé en Colombie, je me suis dit je vais apprendre le portugais
maintenant que je connais l'espagnol, l'anglais, que j'ai bien progressé dans les deux langues.
Je peux me permettre d'attaquer une autre langue et je vais m'attaquer au Portugais et je vais vous
expliquer dans la troisième partie que ce n'était pas forcément une bonne chose de commencer le
Portugais alors que j'étais en Colombie. Ça, on verra pourquoi dans la troisième partie.
Voilà, c'est ainsi que se termine cette deuxième partie de mon histoire. On va faire une troisième
qui sortira, je pense, la semaine prochaine. Donc je vous remercie infiniment de m'avoir
écouté et j'espère que l'histoire vous a plu. Vous pouvez retrouver le podcast sur YouTube.
Sur YouTube, l'avantage, c'est que vous pouvez mettre les sous titres. Donc si
vous en avez besoin, vous mettez les sous-titres, vous mettez pause,
vous recherchez le mot que vous n'avez pas compris dans un dictionnaire et c'est comme
ça que vous allez progresser. C'est pour ça que je le mets sur YouTube pour avoir les
sous titres générés automatiquement. Mon but à terme, c'est de pouvoir les corriger exactement
tous. Parce que les sous-titres générés par YouTube sont assez mauvais comme vous le savez.
Et mon souhait, ce serait de les corriger pour avoir la version
transcrite, complète et parfaite pour que vous puissiez suivre les sous-titres si vraiment
vous avez besoin. Et n'hésitez pas à mettre pause quand c'est nécessaire sur YouTube,
de regarder le sous-titre et de rechercher le mot en question. Je vous remercie beaucoup. Je
vous souhaite une très bonne journée ou une très bonne soirée et je vous dis à bientôt.