Comment parler français COURAMMENT? 4/4:PRATIQUE ORALE#44(1)
Vous écoutez le podcast FLUIDITÉ, épisode 44.
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Dernier épisode de notre série “comment parler français couramment” partie 4,
la pratique orale. Alors, restez à l'écoute !
[GENERIQUE]
Bonjour et bienvenue dans ce quarante-quatrième épisode.
Si vous n'avez pas écouté les trois premiers épisodes de la série,
je vous invite à le faire pour comprendre cette troisième partie.
On a vu premièrement la stratégie globale, dans un deuxième temps l'acquisition de la langue,
et ensuite les outils qui sont la grammaire et le vocabulaire. Et aujourd'hui,
on va parler de la pratique orale et je vais vous expliquer pourquoi et comment faire en détail.
Alors, je disais dans les épisodes précédents que si vous voulez parler, il faut dans tous
les cas acquérir la langue. C'est tout simplement impossible de s'exprimer oralement si vous vous
bouchez les oreilles, si vous n'écoutez pas de français parlé. Donc c'est le premier élément à
mettre en place et je vous renvoie à l'épisode 42 pour savoir comment acquérir la langue.
L'écoute est le plus gros du travail, mais elle ne suffit pas. Et comme on a vu dans
la troisième partie, lire et relire les règles de grammaire, la documentation de la langue,
ne suffira pas non plus pour parler. à un moment ou à un autre il faudra
commencer à pratiquer oralement. Et c'est le moment que craignent beaucoup d'apprenants. Le
verbe “craindre”, ça veut dire “avoir peur de quelque chose”. Généralement,
ils ont peur du moment où ils vont parler pour la première fois. Donc on va voir comment se préparer
à cette première fois, à la pratique orale. Généralement, les apprenants ont peur des
erreurs et donc du ridicule. L'éducation nationale dans beaucoup de pays ne veut
pas qu'on fasse d'erreurs. Si on en fait une, c'est très mal vu, mal perçu et on se souvient
que nos camarades de classe se moquaient de ceux qui se trompaient. Ici, “fasse”, du verbe faire,
est la conjugaison au subjonctif qu'on utilise après “vouloir que”. Donc l'éducation
nationale ne veut pas qu'on fasse d'erreurs. L'école traditionnelle nous dit également
qu'il faut avoir les meilleures notes possible. Elle nous met en concurrence les uns contre les
autres et nous fait comprendre qu'il faut être parfaits. Alors, le mot "concurrence" veut dire
“la rivalité”'. C'est un faux-ami avec l'anglais “the competition” et l'espagnol “la competencia”.
Et en français, la compétition, c'est un tournoi, donc en anglais
“the tournament”, en espagnol “el torneo”. Et à cause de tout ça, on n'ose jamais se lancer,
parce qu'on attend le bon moment. Mais finalement ce bon moment n'arrivera pas. “Se lancer”, ça veut
dire “oser faire une action”, on peut dire aussi “se jeter à l'eau”. Par exemple : “Aujourd'hui,
je vais essayer de parler russe pour la première fois, je vais me jeter à l'eau”.
Donc le perfectionnisme n'est pas la solution pour parler une langue avec confiance. Ce n'est
pas la perfection que l'on doit chercher, mais l'optimisation ou l'amélioration.
Et c'est valable pour tous les apprentissages dans n'importe quel domaine. La perfection est
un but qu'on n'atteindra jamais en vérité. Elle n'existe que dans un monde utopique.
Quelqu'un qui aurait toujours tout juste dans sa vie, c'est pratiquement impossible. Alors que
l'optimisation ou l'amélioration est possible à court, moyen et long terme. A tout moment,
on peut toujours s'améliorer. Et c'est ce qu'on souhaite constamment.
De ce fait, je vous conseille d'oublier la recherche de perfection et de penser
seulement à l'optimisation, à l'amélioration. Vous aurez par conséquent un meilleur état
d'esprit et vous serez beaucoup plus soulagé et moins stressés à l'idée de faire des erreurs.
Si vous cherchez seulement l'amélioration, vous savez que ce ne sera jamais parfait et
vous allez vouloir essayer de pratiquer le plus tôt possible pour savoir ce qu'il faut améliorer.
On peut aussi avoir peur d'être ridicule, de ne pas bien prononcer comme les natifs,
de ne pas être à la hauteur,etc. Qu'est-ce que va penser la personne en face si je me
trompe ? Elle va penser que je suis nulle, tout ça. Mais, en réalité, cette hauteur,
c'est vous-mêmes qui la fixez. La personne à qui vous allez parler n'a pas d'attentes
particulières (sauf si c'est pour un examen par exemple). C'est comme quand on va pour
la première fois à la salle de sport, on voit les autres soulever des barres de 100 kilos.
Et on se dit : que vont penser les autres si je ne soulève que 20 kilos ? Ils vont
me trouver ridicule. Mais en fait, tout le monde a commencé par le début, tout le monde
a commencé par un poids léger. Tout le monde a commencé à parler une langue par quelques mots.
Au contraire, la majorité des natifs verront votre volonté de parler et féliciteront vos efforts et
ils ne vont pas vous comparer aux autres. Et ceux ou celles qui se moqueront de vous,
seront ceux qui n'ont jamais appris une langue étrangère, donc ce seront des personnes à éviter.
Donc, à tout moment de notre pratique, on doit se dire qu'on va parler avec ce qu'on sait faire
et ce qu'on ne sait pas faire au moment présent, au moment actuel. Vous ne pourrez pas anticiper
ce que vous ne savez pas. Les natifs vont vous dire : “non, dans ce cas, on dit plutôt comme ci
ou comme ça” “c'est mieux de dire ça ou ça”, etc. Ce sont des choses que vous ne pouvez
pas deviner à l'avance. Et c'est le but de la pratique, c'est justement d'aller chercher ce
que vous ne savez pas encore ou ce que vous avez oublié et de renforcer ce que vous savez déjà.
C'est pour ça qu'il ne faut pas hésiter à commencer à parler le plus tôt possible. Alors,
vous n'êtes pas obligés de faire de longues phrases tout de suite. Si vous êtes débutants,
vous pouvez commencer par dire quelques mots sans faire une phrase. Par exemple,
les salutations “bonjour, merci, pardon, excusez-moi, s'il vous plait ”, c'est
déjà mieux que rien et on a tous commencé par des mots simples comme “maman, papa” quand on étaient
enfants. Et ensuite vous pourrez essayer des phrases courtes comme : “ça va, je suis d'accord,
je vais manger, je comprends bien, etc,” Plus vous le faites tôt avec la bonne
prononciation et plus vous serez à l'aise et en confiance plus tard.
Donc à la question : à partir de quand vous devez pratiquer”. Je vous répondrai : dès que vous en
sentez l'envie ou le besoin. En théorie, si vous aimez la langue et que vous voulez l'utiliser,
il y a un moment où vous allez vouloir parler, ce sera un désir personnel. Mais n'attendez pas
d'être parfait, ne vous dites pas ‘ il faut que j'attende encore un peu plus ‘, ça ne sert à rien.
Maintenant, avec qui pratiquer son expression orale ?
Je dirai que le premier critère est de trouver une personne qui veut discuter
avec vous avec bienveillance, avec sympathie. Il y a des personnes avec qui vous allez parler
et dont le but n'est pas vraiment de discuter, par exemple un vendeur ou un serveur n'a pas
obligatoirement le temps d'entretenir une conversation avec vous. Ce qu'il veut, c'est
écouter votre commande. Donc il n'aura peut-être pas la patience de vous demander de répéter votre
phrase ou alors, il ne fera pas l'effort de comprendre, ou alors elle parlera vite et
vous n'allez pas bien comprendre. Donc ce ne sera pas la meilleure situation pour vous entraîner.
Par conséquent, ne soyez pas frustrés si vous avez parlé à un vendeur et qu'il ne vous a pas
compris. Bien sûr, c'est génial de lui avoir parlé en français, d'avoir fait l'effort de votre côté,
mais n'espérez pas que la personne fasse des efforts dans ce genre de contexte.
Et c'est pareil pour vous, ce sera toujours mieux si votre but est de discuter avec la
personne en toute tranquillité. Vous serez beaucoup plus détendus et vous aurez le temps
de réfléchir en parlant. Si vous prenez le temps de réfléchir, vous pouvez plus facilement éviter
les erreurs. Mais, si vous travaillez en tant que réceptionniste par exemple, votre priorité n'est
pas de discuter avec les clients, mais de leur donner les bonnes informations, de les servir.
Donc, oui, c'est mieux si vous pouvez trouver des partenaires de conversations dans des situations
propices pour parler de manière décontractée et non dans un environnement dont la discussion
n'est pas la priorité et si vous manquez de temps par exemple. L'adjectif “propice”,
ça veut dire qui est favorable dans la situation actuelle, on peut dire aussi “appropriée”.
Un autre critère important est d'avoir une autre langue en commun avec la personne.
Par exemple l'anglais, comme ça vous allez vous entraider. S'entraider,
ça veut dire s'aider les uns les autres. Quelqu'un m'aide et je l'aide aussi. Vous pourrez ainsi
avoir un filet de sécurité et dire le mot ou la fin de la phrase dans la langue commune.
Un filet c'est ce qu'on jette à l'eau pour pêcher, comme un filet de pêche ou encore la
séparation qu'il y a entre les adversaires, entre les joueurs sur un court de tennis.
C'est important de préciser que l'interlocuteur ne soit pas obligatoirement un natif. Si vous parlez
à un autre apprenant de français, vous serez peut-être plus détendus parce que vous savez
que la personne apprend aussi en face. Et si il ou elle est d'un niveau à peu près égal au vôtre,
vous comprendrez peut-être mieux et ce sera plus rassurant. Vous serez plus en confiance et ça
change tout psychologiquement parlant. Vous écouterez peut être des fautes,
mais vous pourrez toujours les corriger plus tard, c'est pas grave.
Donc la pratique sert à faire des erreurs, mais il faut s'en apercevoir. Si une erreur est dite
plusieurs fois sans que personne vous corrige, vous allez renforcer l'erreur et votre mémoire
va la consolider et l'intégrer comme correcte. Donc, le mieux est d'être corrigés bien sûr.
Et vous devez être corrigés d'une bonne façon. Comme le font les parents à l'enfant.
Ils corrigent les enfants avec beaucoup de patience parce qu'ils savent que l'enfant ne
fait pas l'erreur volontairement et qu'il essaye de communiquer avant tout.Il ne fait pas exprès.
'Faire exprès' ça veut dire faire quelque chose volontairement ( j'ai fait exprès ou je n'ai pas
fait exprès). Donc, vous devez trouver quelqu'un qui vous corrige également de cette façon,
avec toute la patience possible et qui sait que votre premier objectif est de
communiquer avant tout, donc la personne doit faire l'effort de comprendre malgré la faute.
Il y a aussi une bonne manière de corriger les apprenants. On ne doit pas corriger les
mêmes erreurs à différents niveaux. Parce que si quelqu'un vous corrige
toutes vos fautes sans arrêt, vous allez être frustré et donc bloqué. On doit corriger que
si la personne en face nous l'a demandé explicitement. Sinon, elle peut mal le
prendre et elle peut se vexer. On doit aussi corriger à la fin d'un échange. Si on coupe
la phrase en plein milieu, ça va perturber l'apprenant et ça peut être malpoli aussi.
Donc, si vous parlez à quelqu'un et qu'il ne respecte pas ces principes, ne soyez pas vexés
ou frustrés, soit la personne a voulu vous aider mais elle ne sait pas bien le faire,
soit elle ne tolère pas les erreurs et ça veut dire qu'elle n'a jamais appris