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TEDx Talks, Elargir la porte d’entrée de notre mémoire | St… – Text to read

TEDx Talks, Elargir la porte d’entrée de notre mémoire | Stéphanie Mazza | TEDxClermont

Avanzato 1 di francese lesson to practice reading

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Elargir la porte d'entrée de notre mémoire | Stéphanie Mazza | TEDxClermont

Traducteur: eric vautier Relecteur: Cristina Bufi-Pöcksteiner

Nous aimerions tous avoir une mémoire d'éléphant.

Nous aimerions tous connaître les dates d'anniversaire de nos proches,

ne pas oublier nos agendas,

cette fameuse liste de courses,

ou encore mieux, ne plus en avoir besoin.

Nous nous faisons tous du souci pour ces oublis du quotidien.

J'imagine que certains d'entre vous ont déjà vécu ce moment où, sur un parking,

on ne se souvient plus où on a garé sa voiture.

J'imagine que je ne suis pas la seule à avoir entendu

« Maman, tu as oublié mes chaussures de foot »,

ou encore, à ne plus être capable de remettre le nom de cette personne

qui me fait signe de l'autre côté de la rue.

Alors, pour nous rassurer, on utilise des tas d'outils numériques,

des téléphones, des tablettes,

de vraies prothèses mnésiques.

Alors, on les emmène partout.

On en voit à l'école.

On en voit au restaurant.

Et on en voit aussi dans des salles de TEDx.

Et ces outils, on les envie,

parce que, eux, ils sont capables de tout garder en mémoire.

Je suis chercheur au laboratoire d'Etude des Mécanismes Cognitifs,

et j'aimerais vous réconcilier avec votre mémoire.

J'aimerais vous expliquer que l'oubli est nécessaire,

qu'il est naturel.

Alors, la mémoire, comment ça marche ?

Pour vous expliquer son fonctionnement, si vous êtes d'accord,

j'aimerais vous soumettre à quelques petits exercices.

Pour commencer,

on va se mettre dans des conditions bien particulières,

puisque pour faire ces exercises,

vous n'aurez pas le droit de noter quoi que ce soit,

ni sur un papier, ni sur vos téléphones.

On va essayer de faire ça de mémoire.

Pour commencer, j'aimerais que vous écoutiez attentivement

les séries de chiffres que je vais vous donner

et essayiez de les répéter après moi,

dans le même ordre et à la même vitesse que moi.

Est-ce que vous êtes prêts ?

(Public): Oui.

« Six, quatre, trois, neuf. »

(Public): Six, quatre, trois, neuf.

Ça marche bien.

Une autre :

« Huit, cinq, sept,

trois, deux, huit. »

(Public): Huit, cinq, sept, trois, deux, huit.

Il y a finalement pas mal d'éléphants !

On continue.

« Un, deux, zéro, cinq,

un, neuf, sept, trois. »

(Public) : Un, deux, zéro, cinq, un... neuf...

(Rires)

Finalement, pas tant que ça.

(Rires)

Cette série, elle est nettement plus compliquée.

La raison, elle est évidente :

il y avait beaucoup trop de chiffres dans cette série.

Cette mémoire que l'on vient de solliciter s'appelle notre « mémoire à court terme ».

Cette mémoire va nous permettre de retenir

peu d'informations - en moyenne sept -

et va nous permettre de les garder quelques secondes,

pas plus de 30 secondes après quoi, elle s'efface,

et elle s'efface naturellement.

Il aurait ainsi été plus simple

que je vous dise, à la place de cette dernière série -

« un, deux, zéro, cinq, un, neuf, sept, trois » -

qu'il s'agissait du 12 mai 1973.

Ce système,

il est fait pour nous empêcher de tout mémoriser.

Il n'y aurait aucun sens à tout apprendre.

La première série de chiffres que je vous ai donnée,

celle que vous avez tous réussi à me rapporter,

est-ce que vous vous en souvenez ?

Il y a une personne. Merci Madame.

Cette série de chiffres, il n'y avait aucun intérêt à la retenir.

Par contre, si je vous avais dit qu'il s'agissait du code à inscrire,

ce soir, sur votre feuille d'impôts pour ne pas les payer cette année,

(Rires)

les choses auraient été nettement différentes.

(Rires)

Vous auriez pris le temps de les mémoriser.

Car si nous souhaitons que ces informations ne s'effacent pas en 30 sec,

il faut produire un effort cognitif.

Cet effort cognitif, c'est ce que nous appelons

« l'encodage en mémoire à long terme ».

Qu'est-ce que l'encodage ?

C'est une façon de dépasser les limites de notre mémoire à court terme,

pour faire rentrer les informations dans notre mémoire à long terme.

Cette mémoire à long terme, elle, est illimitée en durée de stockage.

Vous avez des souvenirs qui ont 10, 20, 30, même 40 ans.

Vous êtes ainsi tous capables de finir cette liste de conjonctions,

« Mais, où, et, donc... »

(Pubic) : « Or, ni, car. »

Même si vous ne vous souvenez plus qu'il s'agit des conjonctions de coordination,

cette phrase est dans votre mémoire depuis votre enfance.

Et cette mémoire à long terme,

elle est aussi illimitée en quantités d'informations qu'elle peut contenir :

des sons, des odeurs, des images,

la couleur de votre première voiture,

une coupe de cheveux ratée,

l'endroit où nous trouvions le 11 septembre 2001

lorsqu'on nous a annoncé les attentats de New York,

une quantité infinie d'informations plus ou moins importantes.

Aucun téléphone, aussi intelligent qu'il soit,

ne pourrait stocker autant d'informations.

Alors, essayons de faire travailler notre mémoire à long terme.

Nous allons profiter de ce magnifique théâtre,

et regarder le plafond qui se trouve au-dessus de nous.

Regardez-le attentivement.

Nous allons essayer d'encoder

cette magnifique fresque peinte tout là-haut,

en nous demandant ce que font ces personnages,

et à quoi ils pensent.

C'est un jeu délicieux quand on se retrouve à la terrasse d'un café

qu'on regarde les gens dans la rue et qu'on se dit :

« Mais où ils vont ? A quoi ils pensent ? »,

et qu'on porte notre attention sur eux.

C'est ce que nous allons faire avec ces différents personnages.

On va zoomer certains de ces effets.

Vous pouvez voir Apollon

qui sort du soleil, sur son char tiré par trois magnifiques chevaux fous.

Mettez-vous à sa place.

À quoi peut-il penser à ce moment ?

A côté, nous voyons Dante, tout de rouge vêtu.

Il est assis et il a l'air de s'interroger.

On pourrait imaginer qu'il est en train de préparer

le voyage du personnage de son oeuvre, la Divine Comédie.

Regardez-le bien.

Un peu plus haut, nous avons quatre petits anges,

qui ont l'air de se chamailler pour un objet qu'on ne voit pas bien.

On pourrait imaginer qu'il s'agisse

d'une bouteille d'eau des montagnes d'Auvergne.

Et enfin, on a un autre Apollon,

qui est assis fièrement sur son nuage,

pendant qu'un ange était en train de lui apporter une couronne de lauriers.

Imaginez-vous ce à quoi il est en train de penser à ce moment précis ?

Le peintre qui a réalisé cette oeuvre, tout là-haut,

s'appelle Jules Toulot.

Prenez un instant pour essayer de mémoriser son nom.

Pour encoder une information,

il ne suffit pas de regarder ou d'écouter,

il faut porter son attention sur ces choses.

L'attention, c'est un élément essentiel de notre mémoire.

C'est la base de notre encodage.

Vous connaissez tous le jeu du Bonneteau ?

C'est un jeu de rue où un individu vous promet de l'argent

si vous réussissez à retrouver une pièce qu'il a cachée sous un gobelet.

Vous pensez tous qu'il s'agit d'une arnaque.

Eh bien moi, j'aimerais vous montrer

que si vous étiez très attentif, vous pourriez déjouer ce tour.

Je vous laisse regarder cette vidéo.

Soyez bien attentifs à l'endroit où se trouve la pièce.

Ne lâchez pas cette pièce des yeux.

On a ralenti les mouvements pour que ce soit plus simple,

mais ne vous laissez pas distraire.

Vous aviez tous la pièce ?

Parfait. Vous avez été très attentifs,

peut-être même un peu trop.

Parce qu'en focalisant votre attention sur ce gobelet,

vous n'avez pas vu qu'un autre gobelet

avait été remplacé par un poivron de la même couleur,

(Rires)

et que ce poivron a été déplacé sur la table,

pendant plusieurs secondes, à votre insu.

Parce que l'attention, c'est ça.

Lorsque l'on porte notre attention sur une chose,

nous ne pouvons pas la porter sur autre chose en même temps.

Et si nous souhaitons encoder correctement,

il faut que toute notre attention soit disponible.

Alors, forts de tous ces conseils,

nous allons essayer maintenant de mémoriser douze mots,

bien plus que votre mémoire à court terme.

Portez bien votre attention sur chacun de ces mots.

Êtes-vous prêts ?

« Étang,

pluie,

estuaire,

cascade,

confluent,

fleuve,

torrent,

ruisseau,

canal,

lac,

mare,

et océan.

Vous les avez tous ?

Alors, gardez-les précieusement dans votre mémoire.

Une fois encodées, hélas, les informations peuvent encore s'effacer.

Si nous souhaitons vraiment les maintenir dans notre mémoire à long terme,

il faut qu'elles soient consolidées.

Une manière de les consolider,

ça va être de répéter ce que nous avons appris, réviser,

en d'autres termes, les encoder à plusieurs reprises.

Et à chaque répétition, notre souvenir va être renforcé.

Il va être consolidé.

« Six-quatre-trois-neuf, six-quatre-trois-neuf,

six-quatre-trois-neuf. »

Mais il y a quelque chose d'autre qui est essentiel à la consolidation,

c'est le sommeil.

Quand nous dormons, notre cerveau réactive ce que nous avons appris,

un peu comme si nous révisions, mais cette fois-ci, sans aucun effort.

Ce cerveau endormi va trier les informations nouvellement encodées.

Il va ranger celles qui ont l'importance

et effacer celles qui nous sont inutiles.

Vous avez tous entendu dire qu'il était bon de réviser ses leçons,

le soir, avant d'aller se coucher.

Eh bien, nous avons récemment mis en évidence

que la configuration idéale était d'intercaler du sommeil

entre les sessions d'apprentissage.

Alors, ne conseillez pas à vos enfants de dormir en classe.

(Rires)

Mais nous avons pu montrer

qu'effectivement, il était bon de réviser le soir,

mais que de revoir sa leçon le matin, au lever,

nous permettait de nous en souvenir bien plus longtemps.

Donc le sommeil nous offre un double avantage :

il va nous permettre de réapprendre plus vite,

et de retenir plus longtemps.

En d'autres termes, c'est travailler moins pour retenir plus.

Alors, après avoir fait un encodage attentif,

un stockage consolidé par une bonne nuit de sommeil,

la récupération des informations, cette dernière étape de la mémorisation,

sera beaucoup plus facile.

Est-ce que vous vous souvenez des douze mots que nous avons vus tout à l'heure ?

Alors, on va le faire un peu plus simplement.

Combien d'entre vous se souviennent du mot « fleuve » ?

Était-il dans la liste ? Levez les mains.

Très bien. Est-ce qu'il y avait le mot « montagne » ?

(Public) : Non.

Non... Le mot « pluie » ?

(Public) : Oui.

Levez la main.

Okay... Est-ce qu'il y avait le mot « lac » ?

(Public) : Oui.

Oui... « Licorne » ? (Public) : Non.

« Conifère » ? (Public): Non.

« Rivière » ? (Public) : Oui... Non. Non.

(Rires)

Vous n'êtes pas tous d'accord. Effectivement, « rivière » n'y était pas.

Et la mémoire, c'est aussi cela.

La mémoire, ce n'est pas une reproduction parfaite de la réalité,

c'est plutôt une reconstruction.

Un souvenir, ce n'est pas une photographie,

mais c'est l'interprétation de cette photographie,

que nous faisons en fonction de nos émotions,

de nos connaissances, et également de notre motivation.

Je suis certaine que de cet après-midi,

chacun d'entre vous en gardera un souvenir.

Mais ce sera un souvenir singulier,

parfaitement différent de celui de vos voisins.

Revenons à ce magnifique plafond. Ne levez pas les yeux.

Pourriez-vous me dire la couleur des chevaux tirant le char d'Apollon ?

(Public) : Blanc.

Blanc... Vous souvenez-vous de qui a écrit « La Divine Comédie » ?

(Public): Dante.

Combien d'anges se battaient pour cette bouteille d'eau des Alpes ?

(Brouhaha confus)

J'avais parlé de l'Auvergne.

Vous vous souvenez du nom du peintre ?

(Public) : Toulot.

Jules Toulot.

Je suis persuadée qu'il y en a même qui ont retenu

la série de quatre chiffres qui ne sert à rien.

(Rires)

Alors, au final, la mémoire, qu'est-ce que c'est ?

Eh bien, ce sont tous les moments que l'on a su saisir,

toutes les informations sur lesquelles nous avons pu porter notre attention,

celles qui nous ont marqués.

Quand vous serez à la terrasse d'un café,

les yeux rivés sur vos téléphones portables,

repensez à votre mémoire.

Posez votre téléphone et regardez autour de vous.

Demandez-vous :

« Où vont ces gens ? A quoi ils pensent ? »

Prenez le temps de faire attention à ce que vous êtes en train de vivre,

pour lui laisser une chance d'intégrer votre mémoire,

et après cela, dormez !

(Applaudissements)

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