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TEDx Talks, Einstein, un exemple d'échec scolaire | Manuella Hachet | TEDxEMLYON

Einstein, un exemple d'échec scolaire | Manuella Hachet | TEDxEMLYON

Traducteur: Stéphane Ratel Relecteur: eric vautier

Bonjour à tous.

Je vais commencer par vous parler d'Einstein.

Vous connaissez tous Einstein.

Vous savez tous que c'est un génie.

D'après vous, quel a été le parcours scolaire d'Einstein ?

Brillant ? Talentueux ?

Pas du tout !

Einstein avait tous les critères d'être un enfant en échec scolaire.

Il était dyslexique, et il a eu du mal à parler avant l'âge de 9 ans.

Ses parents étaient très inquiets pour lui

et la plupart de ses professeurs pensaient qu'il n'arriverait à rien.

Parce que, cerise sur le gâteau :

Einstein était un rebelle et il avait du mal avec l'ordre établi.

Donc, manifestement, on voit bien que cet enfant,

qui était considéré comme ayant des problèmes,

s'est finalement avéré être un génie.

Eh bien, Einstein n'est pas le seul dans ce cas-là.

Il y a beaucoup d'enfants qui sont aujourd'hui en échec scolaire,

ou des adultes qui se retrouvent dans des situations d'échec,

de dépression ou d'addiction,

qui sont en fait des enfants ou des adultes qui ont des talents

ou des formes d'intelligence qui ne rentrent pas forcément dans les codes

et les critères du système éducatif tel qu'il est fait aujourd'hui,

et qui ne demandent qu'une chose :

c'est de pouvoir être exploités.

Pour imager tout ça, je vais prendre une citation d'Einstein, encore une fois :

« Tout le monde a du génie, mais si vous jugez un poisson

à sa capacité à grimper à un arbre, il pensera toute sa vie qu'il est stupide. »

Je vais faire appel à votre imagination, parce que je n'ai pas de « slides ».

Je vais vous demander à tous d'imaginer un arbre,

celui que vous voulez.

En bas de cet arbre, vous allez imaginer un poisson.

Quand on est un poisson et qu'on nous demande de grimper à un arbre

pour réussir notre vie, on a 3 façons de gérer ça.

La première option, on va dire que c'est celle qu'a prise Einstein :

je suis un poisson, je vois cet arbre

et je me dis que c'est pas fait pour moi.

J'ai pas les capacités pour grimper,

par contre, je sais qu'un poisson,

une fois qu'il est dans l'eau,

il peut s'exprimer comme il veut,

et si je vais dans l'eau, je vais pouvoir être le meilleur.

Mais ça n'est pas donné à tout le monde

d'avoir cette force de savoir ce pour quoi on est fait.

Dans la plupart des cas, dans ce que j'ai observé,

on a le cas numéro 2 et le cas numéro 3.

Le cas numéro 2, on est un poisson, un arbre, donc tout le monde nous dit :

pour réussir dans la vie, il faut la bonne réponse,

faire les bonnes études, il faut choisir le bon métier

et là, on aura bien réussi sa vie.

Donc ça, c'est l'arbre.

Moi, je suis un poisson. Ça va pas être facile !

Mais je vais essayer, parce que je vois que tout le monde y va, ben moi aussi !

Donc je suis là. Imaginez bien tout ça :

vous êtes le petit poisson,

vous devez grimper à l'arbre,

ça fait un petit peu mal,

vos écailles se frottent contre l'écorce,

c'est pas facile !

Vous aurez beau faire des efforts,

il y a de grandes chances

que vous n'arriviez pas à monter en haut de l'arbre.

Cette image reflète la façon dont le système éducatif fonctionne aujourd'hui.

On demande à tous les enfants, quels qu'ils soient,

de réussir les mêmes études.

Et pourtant, on ne prend pas en compte leurs qualités et leurs talents de départ.

Fonctionner de cette manière va mettre en échec beaucoup d'enfants,

ou en situation moyenne, on va dire.

Et le problème de tout ça, c'est que beaucoup d'enfants vont passer à côté

de leurs talents et vont même croire qu'ils sont nuls, stupides,

et ça, ça peut porter préjudice même sur leur vie d'adultes.

La 3e option : je suis un poisson, je dois grimper en haut de l'arbre,

et ça, c'était mon cas.

J'avais une très bonne capacité d'adaptation.

Petite, j'étais une enfant surdouée, précoce.

Tout ce qu'on me faisait faire,

instruments de musique, études, j'étais la première en tout.

A priori, j'avais un destin tout tracé.

Une grande réussite m'attendait.

J'avais réussi à monter en haut de l'arbre

mieux que tout le monde, avant tout le monde.

Bizarrement, à 18 ans, c'est l'explosion et c'est l'effet inverse :

10 ans d'addiction.

C'est pas vraiment ce qu'on m'avait dit.

Je commence à chercher,

car on me dit : si tu as des addictions, c'est que tu as un problème.

Je commence à chercher pourquoi j'ai eu des addictions.

Je regarde un peu dans mon enfance,

je n'ai pas eu une enfance difficile, au contraire.

Et si je regarde mon parcours scolaire, il était exemplaire.

Et en fait, en creusant, je tombe à un moment donné

sur un livre sur les adultes surdoués.

Et c'est un déclic car ce livre est en train de décrire

exactement tout mon mode de fonctionnement.

Il m'explique que si je me suis toujours senti différente

- depuis petite, je dis souvent que je me suis toujours sentie

comme un rond dans un monde de carrés !

J'avais l'impression de ne pas pouvoir exprimer vraiment ce que j'étais.

Je me sentais différente,

mais on ne m'avait pas donné un mode d'emploi.

On ne me disait pas que je pouvais être ce que je suis.

Alors, j'ai fait en sorte de me fondre dans les moules,

et j'avais une capacité à capter assez rapidement ce qu'on attendait de moi

donc je me suis fondue dans les attentes et dans les cases qu'on m'avait proposées.

Je l'ai même fait très bien.

Donc je suis arrivée en haut de mon arbre,

et en ce moment, je travaille beaucoup avec des personnes dans le monde entier

qui ont extrêmement bien réussi leur vie,

au-delà de la moyenne, et qui pourtant se retrouvent elles aussi

dans des formes d'anxiété aiguë, addiction, dépression.

Pourquoi ?

Parce que de la même manière, à un moment donné,

ils ont tout réussi très bien.

Vu de l'extérieur, ils ont eu une vie parfaite.

Mais pourtant, sur le fond, ils ne sont pas heureux.

Je reprends l'exemple du poisson.

Si vous êtes un poisson et que vous êtes en haut d'un arbre,

vous aurez beau avoir la plus belle vue qui soit,

très bien décorée,

vous n'en êtes pas moins un poisson.

Et un poisson a besoin de quoi ?

Il a besoin d'eau.

Donc même si tout a l'air d'aller très bien en apparence,

si vous manquez d'eau,

une part de vous va commencer à vous dire que vous n'êtes pas à votre place.

Vous allez commencer à vous sentir mal.

Ça s'exprimera de façon différente chez les uns et les autres.

Si vous êtes quelqu'un qu'on appelle surdoué, hypersensible ou hyperactif

- pour moi, le mot surdoué n'est pas le mot que je préfère, pas du tout,

ce sont différents modes de fonctionnement du cerveau.

On retrouve chez les surdoués la caractéristique de l'hypersensibilité.

L'hypersensibilité, parce que les personnes hypersensibles

ont une densité de neurones sensoriels et moteurs

2 fois plus importante que les autres,

ce qui amplifie nos émotions.

Quand on est en haut de notre arbre,

qu'on donne l'impression d'avoir tout réussi

mais que finalement, on est mal,

cet ampli qu'on a à l'intérieur,

il va démultiplier cette sensation de mal-être.

Le problème, c'est que vu de l'extérieur,

comme tous disent qu'on est géniaux,

qu'on a l'air d'avoir tout réussi,

on ne comprend pas pourquoi on se sent mal.

Les gens dont je m'occupe ont tout réussi,

imaginez, quelqu'un qui a réussi sa vie professionnelle,

sa vie financière,

ce que tout le monde voudrait,

il a toutes les belles étiquettes de CEO,

de fondateur de très grosse entreprise, etc.,

et pourtant, il n'est pas heureux !

C'est horrible !

Vous allez vous plaindre à qui ? Vos amis qui vous envient,

vous allez leur dire que vous n'êtes pas bien dans votre peau ? Pas facile.

Mon travail, aujourd'hui, c'est d'aider toutes ces personnes

à retrouver leur place.

Si je suis là, aujourd'hui, devant vous,

c'est pour vous dire qu'il est très important,

il est fondamental d'écouter ce petit baromètre intérieur

qui vous dit si vous êtes à votre place ou pas.

C'est valable dans les études, dans la vie professionnelle

et dans la vie amoureuse, parce que parfois,

on a tendance à s'oublier,

à vouloir plaire, à vouloir prouver,

à vouloir montrer autre chose que ce qu'on est.

On fait beaucoup d'efforts, souvent, alors qu'il est plus simple d'écouter

ce qu'on a en nous, ce qu'on a envie de faire,

ce qui nous rend heureux, ce qui nous rend joyeux.

Je ne vais pas changer le système éducatif aujourd'hui,

vous n'allez pas changer le système non plus.

Par contre, il est primordial

de mettre dans votre vie des activités qui vous rendent heureux,

qui vous rendent joyeux, qui vous rendent fier de vous.

Si vous êtes un poisson,

ne mettez pas toute votre énergie à grimper un arbre.

Essayez de rejoindre l'océan,

une mare, un étang, n'importe quoi,

mais vous devez trouver ce qui vous rend vraiment heureux.

Si vous avez la possibilité d'en faire votre métier, encore mieux !

Aujourd'hui, contre toute attente,

je suis passée d'élève surdouée,

donc avec un avenir prometteur a priori,

ensuite j'ai eu des addictions pendant 10 ans,

j'ai frôlé la mort par 2 fois,

tous pensaient que j'allais y laisser ma peau

et que j'allais très mal finir.

Aujourd'hui, je fais un métier que personne d'autre ne fait,

on n'est que 3 au monde à faire ça.

J'ai créé un métier à mon image,

que j'adore, que j'aime et qui me rend heureuse.

Et ça, pour moi, c'est le plus important.

Donc le message, pour terminer :

surtout, n'essayez pas d'être comme les autres,

ne gommez pas vos différences,

soyez vous-mêmes. Merci !

(Applaudissements)

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