E.T., l'extra-terrestre de Steven Spielberg : l'analyse de M. Bobine (3)
et de commencer à envisager l'avenir.
Enfin, là aussi, une grosse partie de la critique a hurlé au chantage aux émotions,
oubliant que les larmes que le film cherche à faire couler
ne sont pas des larmes de complaisance mais de guérison.
Spielberg, lui, ne s'y est pas trompé et a choisi de confier au wonderboy espagnol
la réalisation de Jurassic World 2 : Fallen Kingdom.
A ce titre, si le dernier plan du film n'est pas un hommage géant à E.T.,
je sais pas ce que c'est…
Pendant l'été 1982, alors que E.T. l'extraterrestre s'imposait
comme le plus grand succès depuis Star Wars,
Spielberg et sa scénariste Melissa Mathison se sont lancés dans un projet de suite,
baptisée Nocturnal Fears.
Si vous êtes curieux, le traitement de 9 pages est facilement trouvable sur le net.
Mais je vous préviens : c'est juste abominable.
Pour résumer, des méchants aliens ressemblant vachement à ceux de Night Skies
débarquent sur Terre à la recherche de E.T. et capturent Elliott et ses amis.
Les pauvres gosses sont horriblement torturés,
jusqu'à ce que E.T. (ou Zreck de son vrai nom) n'arrive à la rescousse.
Après quoi, ben il repart à bord de son vaisseau.
Encore.
Sinon, le père d'Elliott s'avère être un gros con
qui revient juste pour faire signer à sa femme les papiers du divorce.
Ce qui permet à celle-ci de pouvoir filer le parfait amour avec l'homme aux clefs.
Ouais...
Spielberg a compris assez vite que donner une suite à E.T. était…
Après ça, il n'en a plus jamais été question.
Mais le cinéaste va continuer d'explorer et de faire évoluer
ce thème très personnel du père absent.
En 1985, il connaît les joies de la paternité.
Mais, quatre ans plus tard, il se sépare de son épouse, l'actrice Amy Irving,
et impose donc à son jeune fils la même épreuve qui l'a si durement touché enfant.
Ce qui va le rendre plus à même de pardonner à son propre père.
Effectivement, les films de cette période ne parlent que de réconciliation
entre un père et son fils.
Tout comme La guerre des mondes en 2005,
où le personnage de Tom Cruise suit un cheminement inverse
de celui de Richard Dreyfuss dans Rencontres du 3e type :
un père égoïste et démissionnaire au début,
qui finit par tout sacrifier pour protéger ses enfants.
Au cours des années 2000,
l'idée de la perte définitive du père revient régulièrement hanter l'œuvre de Spielberg.
Puis, elle disparaît complètement de sa filmo récente.
Je me demande si ce n'est pas lié au fait que les parents de Spielberg,
au soir de leur vie, ont décidé de se remettre ensemble.
Dans le genre « la vie imitant l'art imitant la vie » ça se pose quand même là !
Le réalisateur a perdu sa mère en février 2017,
mais son père est toujours de ce monde et même centenaire.
Spielberg ayant réglé ses problèmes avec lui,
et se voyant désormais lui-même comme un vieux monsieur,
je ne suis pas certain que ce thème du père resurgisse à l'avenir.
Mais bon, du moment que Steven continue de faire des films, moi ça me va.
Si possible des films aussi beaux que E.T. l'extraterrestre.