Aliens de James Cameron, l'analyse de M. Bobine (4)
Si Ridley Scott n'était pas très content de la suite de son Alien,
James Cameron était carrément furax de la mort de Newt et Hicks
au début du troisième volet.
Petite anecdote :
l'exécutif de la Fox qui a fait chier chaque jour David Fincher sur le plateau de Alien 3
n'était autre que Jon Landau,
futur bras droit de Cameron au sein de sa société Lightstorm.
Tu m'étonnes que les mecs soient devenus copains comme cochons par la suite…
Quant au quatrième volet, lui aussi tue son prédécesseur
en faisant revenir Ripley d'entre les mort.
Plus tard dans leur carrière,
James Cameron et Ridley Scott vont tout les deux revenir à leur manière
sur leur incursion dans l'univers d'Alien.
Comme Ellen Ripley,
Jake Sully est un personnage traumatisé qui va devoir se reconstruire pendant tout le film.
Comme dans Aliens, le plan final est une réponse au plan d'introduction du personnage.
Ripley est d'abord seule dans son pod,
mais lorsqu'elle a repris le contrôle de sa féminité,
elle est accompagnée par Newt.
De la même manière,
le plan final d'Avatar répond à celui du réveil de Jake de son sommeil cryogénique,
une fois que le personnage s'est connecté à Neytiri, aux Omaticaya et à Pandora,
il est désormais complet et c'est sous sa forme d'avatar que Jake s'éveille.
On y retrouve également une force coloniale sur une planète hostile à la vie humaine
et un combat entre un être humain dans un mecha face à une créature redoutable,
mais contrairement à Aliens, dans Avatar,
James Cameron n'épouse plus le point de vue des colons, mais celui des autochtones.
Ainsi, Avatar est aussi le film miroir d'Aliens
et on vous renvoie bien évidemment vers la vidéo que nous lui avons consacré.
Du côté de Ridley Scott, le retour à la franchise Alien fut plus compliqué…
De la même manière que Scott se savait en concurrence avec Star Wars
en réalisant le premier volet d'Alien,
il s'est attelé à Prometheus avec l'idée de surpasser Avatar…
Mais malheureusement,
sa démarche se rapproche plus de celle de George Lucas avec sa prélogie Star Wars,
en effet,
ils ont tous deux tenté de se réapproprier une franchise qui lui avait échappée
autant que d'en détruire les fondements mythologique,
que ce soit la Force chez Lucas
ou l'origine extra-terrestre du monstre chez Scott.
Jusqu'à Prometheus,
la franchise Alien s'est enrichie de la vision d'auteurs très différents les uns des autres,
pour le meilleur comme pour le pire.
Alors que le réalisateur Neill Blonkamp était annoncé sur un éventuel Alien 5,
Ridley Scott a bloqué le projet, désireux de conserver la mainmise sur la franchise
et de s'imposer comme le seul “ingénieur” responsable
d'une des plus grande saga de science fiction de l'histoire du cinéma.
Comme le montre cette réponse à un fan sur Twitter,
Blonkamp n'a pas gardé de rancune contre Scott et dit être passé à autre chose.
Cependant, on remarque tout de même
qu'il n'attribue pas la paternité de la franchise au seul Ridley Scott,
mais également à James Cameron.
Et oui, n'en déplaise au réalisateur britannique,
la saga Alien est avant tout une oeuvre collective,
et ce dès le tout premier volet qui est la somme de talents d'artistes
avec des univers très différents les uns des autres.
Même si la vision de James Cameron est radicalement différente de celle de Ridley Scott
Alien et Aliens sont chacun une facette d'une même pièce,
à la fois opposé, mais aussi parfaitement complémentaire.
Après-tout, n'est-ce pas là tout ce qu'on peut attendre d'une bonne suite ?