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La boîte aux curiosités (histoire.), 02. Le duel le plus fou de l’Histoire de France.

Au XIXe siècle, les duels sont monnaies courantes en France.

Quand les esprits s'échauffent et que vient le temps de laver son honneur, les notables du pays aiment à prendre les armes. L'objectif n'est pas forcément de tuer son adversaire mais de régler un différend avec panache. La pratique fait évidemment un certain nombre de morts mais reste tolérée par les autorités.

 

A l'époque, on ne plaisante jamais avec l'honneur.

La pression sociale est immense et un homme ne peut se défiler sans risquer de passer publiquement pour un lâche. Alors quand le gant est jeté, il faut le relever. C'est ainsi que la plupart des grands noms du XIXe se retrouveront, un jour ou l'autre, avec une épée ou un pistolet entre les mains et certains y laisseront malheureusement la vie.

 

En règle générale, le duel est un affrontement très codifié.

Les deux opposants s'accordent sur le lieu, la date et l'heure, conviennent ensemble des armes et des modalités et se font accompagnés de témoins le jour J. Sauf qu'en ce 22 juin 1808, les choses vont prendre une tournure assez peu conventionnelle.

 

Depuis quelque temps déjà, M. de Granpré et M. Lepique se disputent le cœur de Mademoiselle de Tirevit, une jeune et séduisante danseuse de l'Opéra de Paris.

Pour les deux hommes, la situation n'est plus tenable : l'un d'eux est de trop et doit disparaitre. Mais pas n'importe comment.

 

Les deux hommes voient les choses en grand.

Ils vont s'affronter dans les airs, à bord de leur montgolfière respective. Les règles de ce petit jeu de mort insolite sont simples : équipés de tromblons, les deux opposants vont s'élever au-dessus de la capitale puis tirer l'un après l'autre sur le ballon adverse. Le premier à crever l'engin de l'autre sera déclaré grand vainqueur. Quant au perdant, il ira s'écraser en contre-bas.

 

M.

de Granpré et M. Lepique s'élèvent donc dans le ciel parisien. Ils immobilisent leurs montgolfières à 800 mètres d'altitude, séparés par une distance de 70 mètres. M. Lepique est le premier à ouvrir le feu mais il va manquer sa cible. M. de Granpré riposte presqu'aussitôt et lui fait mouche. Alors que le ballon de M. Lepique se ratatine, la nacelle du pauvre homme plonge vers le sol à une vitesse vertigineuse. Quelques secondes plus tard, elle s'y écrase avec fracas sous le regard effaré des parisiens.

 

Très satisfait par l'issue de cette rencontre au sommet, M. de Granpré ira se poser triomphalement à 40 km de là.

La suite de cette hallucinante histoire est malheureusement tombée dans l'oubli. Nul ne sait ce qu'il advint de l'intrépide pilote et de sa charmante bien-aimée. Quant à M. Lepique, il y a fort à parier qu'il ne devait plus en rester grand-chose….

 

 



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Au XIXe siècle, les duels sont monnaies courantes en France.

Quand les esprits s'échauffent et que vient le temps de laver son honneur, les notables du pays aiment à prendre les armes. L'objectif n'est pas forcément de tuer son adversaire mais de régler un différend avec panache. La pratique fait évidemment un certain nombre de morts mais reste tolérée par les autorités.

 

A l'époque, on ne plaisante jamais avec l'honneur.

La pression sociale est immense et un homme ne peut se défiler sans risquer de passer publiquement pour un lâche. Alors quand le gant est jeté, il faut le relever. C'est ainsi que la plupart des grands noms du XIXe se retrouveront, un jour ou l'autre, avec une épée ou un pistolet entre les mains et certains y laisseront malheureusement la vie.

 

En règle générale, le duel est un affrontement très codifié.

Les deux opposants s'accordent sur le lieu, la date et l'heure, conviennent ensemble des armes et des modalités et se font accompagnés de témoins le jour J. Sauf qu'en ce 22 juin 1808, les choses vont prendre une tournure assez peu conventionnelle.

 

Depuis quelque temps déjà, M. de Granpré et M. Lepique se disputent le cœur de Mademoiselle de Tirevit, une jeune et séduisante danseuse de l'Opéra de Paris.

Pour les deux hommes, la situation n'est plus tenable : l'un d'eux est de trop et doit disparaitre. Mais pas n'importe comment.

 

Les deux hommes voient les choses en grand.

Ils vont s'affronter dans les airs, à bord de leur montgolfière respective. Les règles de ce petit jeu de mort insolite sont simples : équipés de tromblons, les deux opposants vont s'élever au-dessus de la capitale puis tirer l'un après l'autre sur le ballon adverse. Le premier à crever l'engin de l'autre sera déclaré grand vainqueur. Quant au perdant, il ira s'écraser en contre-bas.

 

M.

de Granpré et M. Lepique s'élèvent donc dans le ciel parisien. Ils immobilisent leurs montgolfières à 800 mètres d'altitude, séparés par une distance de 70 mètres. M. Lepique est le premier à ouvrir le feu mais il va manquer sa cible. M. de Granpré riposte presqu'aussitôt et lui fait mouche. Alors que le ballon de M. Lepique se ratatine, la nacelle du pauvre homme plonge vers le sol à une vitesse vertigineuse. Quelques secondes plus tard, elle s'y écrase avec fracas sous le regard effaré des parisiens.

 

Très satisfait par l'issue de cette rencontre au sommet, M. de Granpré ira se poser triomphalement à 40 km de là.

La suite de cette hallucinante histoire est malheureusement tombée dans l'oubli. Nul ne sait ce qu'il advint de l'intrépide pilote et de sa charmante bien-aimée. Quant à M. Lepique, il y a fort à parier qu'il ne devait plus en rester grand-chose….

 

 


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