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Le Précepteur - channe youtube, HEGEL - Le désir de reconnaissance 📏 (1)

HEGEL - Le désir de reconnaissance 📏 (1)

bonjour

aujourd'hui on va

le eagle on avait déjà parlé de hegel

dans un précédent audio et ja

bien pris le soin de préciser que

lorsqu'on s'attaque à un monument de la

philosophie tels que hegel

il vaut mieux être prudent eagle n'est

pas le genre de philosophes que l'on

peut résumer dans une vidéo de 30

minutes et c'est pourquoi j'ai opté pour

une autre stratégie

une stratégie pédagogique qui consiste à

vous introduire à la pensée de ce grand

philosophe par quelques-uns des grands

concepts clés de son système de pensée

et c'est dans cette même perspective

pédagogique que j'aimerais aujourd'hui

vous parler d'une notion capitale dans

la philosophie de hegel à savoir la

question du désir de reconnaissance

mais avant de commencer je dois faire

une précision à savoir que l'expression

de désir de reconnaissance chez hegel ne

se réduit absolument pas au sens que

l'on donne habituellement à cette

expression

le désir de reconnaissance ne désigne

pas le penchant des êtres humains à

vouloir être admirés il ne s'agit pas du

désir de gloire du désir de briller aux

yeux des autres ont le désir de

reconnaissance désigne plutôt un

mécanismes d'interaction entre les

consciences

le sujet de la conscience constitue le

sujet de prédilection de hegel et sa

conception de la conscience est exposée

dans son ouvrage la phénoménologie de

l'esprit

un ouvrage dans lequel eagle entreprend

de décrire et d'expliquer m le parcours

évolutif de la conscience au fil de ses

expériences

pour eagle nous sommes avant tout une

conscience une conscience qui a affaire

au monde qui a affaire aux autres

conscience et qui a affaire à elle même

le parcours de la conscience c'est le

parcours par lequel nous comprenons que

nous ne faisons qu'un avec le monde

et cette prise de conscience de notre

unité fondamentale avec le monde va être

le résultat d'un chemin semé d'obstacles

et de détours

pour eagle l'existence humaine se

définit comme l'expérience de la

conscience et la philosophie n'est rien

d'autre que la science de l'expérience

de la conscience

mais vous allez me dire quel rapport

entre la conscience et le désir de

reconnaissance

et bien c'est très simple pour eagle le

désir de reconnaissance constitue une

étape dans l'évolution de la conscience

humaine

et c'est ce dont on va parler dans cet

audio

disait en préambule de mon propos que

chez hegel le désir de reconnaissance ne

se réduisait en aucun cas au désir

d'être admiré

généralement lorsqu'on parle du désir

d'être reconnus on sous-entend que la

reconnaissance porterait nécessairement

sur des qualités sur des attributs

positifs comme lorsqu'on parle d'être

reconnu pour son talent d'être reconnu

pour ses efforts ou d'être reconnu pour

son courage

être reconnu c'est être perçu comme

ayant de la valeur comme possédant une

qualité qui nous distingue ray du commun

des mortels

c'est ça la reconnaissance au sens

courant

l'artiste est reconnue dès lors qu'il

suscite un engouement pour ses oeuvres

un scientifique est reconnue dès lors

qu'il a produit des travaux allant dans

le sens du progrès de l'humanité c'est

ça pour nous la reconnaissance

bien pour eagle la reconnaissance ne se

réduit en aucun cas à l'admiration

elle ne se réduit en aucun cas au fait

d'être loués ou d'être félicités

la reconnaissance c'est le fait

d'exister aux yeux d'autrui et par

prolongement aux yeux de soie

de reconnaissance n'est pas seulement le

désir d'être estimé admirer ou approuvés

c'est le désir d'être reconnu comme une

entité existants par soi

alors qu'est ce que ça veut dire être

reconnu comme une entité existants par

soi

et bien c'est tout simplement le désir

d'être reconnus comme des individus

conscients

et être reconnus comme des individus

conscients c'est être reconnus comme

étant capable d'auto détermination

pour le dire simplement capable de

vouloir et de choisir

capable de dire oui ou de dire non

je prendrai l'exemple

imaginez que vous êtes avec l'un de vos

amis et que vous décidez d'aller voir un

film au cinéma

vous arrivez devant le cinéma et vous

regardez les films qui sont à la fiche

hélas sans vous consulter sans vous

demander votre avis votre ami vous dit

on va aller voir le dernier star wars

le problème c'est que vous vous n'avez

pas du tout envie d'aller voir le

dernier star wars

dont vous allez le signifier à votre ami

vous allez lui dire je préférerais qu'on

aille voir autre chose

et là imaginez que votre ami vous

répondre mais si si si tu vas voir c'est

un super film tu vas adorer

vous à ce moment là qu'est ce que vous

allez ressentir vous allez ressentir une

absence de prise en compte de votre

volonté

vous n'aurez pas l'impression qu'on vous

propose quelque chose vous aurez

l'impression qu'on vous l'imposent

et c'est très différent

parce que proposer quelque chose s'est

laissé ouverte la possibilité du refus

c'est les sauts verte la possibilité de

l'alternative

autrement dit dans la proposition il y à

la reconnaissance de votre volonté

alors que dans l'imposition votre

volonté n'est pas consulté votre volonté

n'est pas reconnue et en niant

l'existence de votre volonté votre ami

ne vous considère plus comme un être

humain libre votre ami ne vous considère

plus comme une conscience

autonome vous allez faire l'expérience

de ce que hegel appelle la négation de

votre conscience et donc quand vous

imposer quelque chose à une autre

conscience quand vous lui ôter son

pouvoir d'auto détermination vous la

reconnaissez pas comme conscience elle

devient pour vous une simple chose chose

dont vous pouvez disposer

on retrouve cette idée dans la morale de

quand lorsque quand la distinction entre

le règne des personnes et le règne des

choses quand nous dit qu'une personne

c'est ce qui possède une dignité c'est à

dire une valeur inconditionnel qu il

nous est interdit de considérer comme

une simple chose comme un simple moyen

en vue de satisfaire notre propre

volonté

pour quand la valeur de la personne

réside dans sa dignité c'est à dire dans

sa capacité d'autodétermination dans ce

que sartre appelait la capacité à créer

un projet

les êtres humains sont porteurs de

projets sont porteurs de volonté et nier

la volonté d'un individu

c'est nier son humanité même c'est nier

ce qui le distingue du règne des choses

choses ne possède pas de dignité elle

possède un prix et c'est parce qu'une

chose à un prix que moyennant ce prix on

peut disposer librement de cette chose

elle devient notre propriété

mais une conscience ne peut jamais

devenir notre propriété

une conscience ne peut jamais devenir

autre chose

c'est d'ailleurs ce à l'origine

historique de la hiérarchie entre corps

et esprit l'idée que s'il est possible

de contraindre les corps il n'est pas

possible de contraindre les esprits

on peut vous forcer à faire quelque

chose que vous n'avez pas envie de faire

mais on ne peut pas vous forcer à croire

ou à penser quelque chose

l'esprit et le lieu de la liberté

la matière et le lieu de la contrainte

et donc quand on ne reconnaît pas le

pouvoir d'auto détermination d'une

conscience on procède à ce qu'on appelle

une réification réification du latin res

reilly qui signifie chose la réification

c'est quand on considère un autre être

humain comme un objet

comme un simple moyen

et lorsque quand tu disais qu'une

personne ne pouvait jamais être

considéré comme un simple moyen mais

toujours comme une fin en soi il voulait

souligner ce pouvoir d'auto

détermination de la volonté humaine qui

nous empêche d'en disposer selon notre

désir

considérer une conscience comme notre

propriété s'est ôté à l'être humain ce

qui fait son humanité

alors là évidemment j'ai pris un exemple

volontairement trivial et caricatural

mais c'est justement pour vous montrer à

quel point il est facile de tomber dans

ce mécanisme de la réification

vérifiez la conscience d'autrui on le

fait tous tout le temps

dès lors qu on dit à quelqu'un tu

devrais faire ça on prêt considère que

l'autre a besoin de nous pour savoir ce

qu'il doit faire

compris considère d'une manière ou d'une

autre qu'on aurait un droit de propriété

sur la conscience de l'autre

dire à quelqu'un qu'il a tort de penser

ce qu'il pense ou qu'il a tort d'agir

comme il agit ces présupposés que nous

pourrions prendre les manettes de la

conscience de l'autre

c'est nier à l'autre sa volonté libre et

sa capacité d'autodétermination

c'est nier à l'autre sa conscience et

encore une fois ce que je vous dis vous

paraîtra peut-être excessif parce

qu'aujourd'hui ni à l'autre sa capacité

d'autodétermination est devenu une sorte

de fonctionnement ordinaire

ni la conscience de l'autre est devenue

une norme des rapports humains

parce qu'évidemment il existe des

situations ou imposer notre volonté à

une autre conscience paraît tout à fait

légitime

par exemple le parent qui impose des

règles à son enfant

par exemple le professeur qui donne des

devoirs à son élève

ou encore le patron qui donne des ordres

à son employé

vous voyez bien que dans ces trois

exemples que je viens de vous donner il

prêt existe un lien de subordination

il prit existe une relation de

hiérarchie

autrement dit on admet que face à la

volonté du parent la volonté de l'enfant

doit s'incliner

on admet que face à l'exigence du

professeur le désir de l'élève doit

s'éclipser

et que lorsque le patron donne un ordre

il est normal que l'employé exécute

sion de la conscience de l'autre est

toujours le résultat d'un rapport

hiérarchique

elle est toujours le résultat d'une

relation de verticalité

mais dans un rapport d'horizontalité

on pourrait dire pour simplifier dans un

rapport d'égalité

aucune conscience n'a de titre de

propriété sur une autre conscience

aucune volonté n'a de prééminence sur

une autre volonté

et donc dans un rapport d'horizontalité

la négation de notre conscience ne va

pas être acceptées

une conscience ne se soumettra jamais à

une autre conscience si elle n'estime

pas que cette conscience est supérieur

et c'est d'ailleurs ça qui fait que

certaines personnes acceptent tout ce

qu'on leur demande

parce qu'elles considèrent au fond

d'elle que tout le monde leur est

supérieur

parce qu'elle considère que la position

leur conscience n'a pas de légitimité

mais dans un paradigme de rapports

horizontaux aucune conscience nouveau

davantage qu'une autre

dans une relation de socialité d'amitié

ou de libre partenariat aucune

conscience ne peut se prévaloir d'un

statut supérieur à une autre

et c'est là qu'on en arrive au désir de

reconnaissance

car la réaction ordinaire d'une

conscience qui se sent contrainte par

une autre conscience qu'elle ne

reconnaît pas comme supérieur ça va être

un désir d'affirmation un désir de

contradictions

un désir d'être reconnu comme une

conscience libre

désir de reconnaissance n'est pas le

désir d'être admiré c'est tout

simplement le désir d'être reconnu comme

une volonté libre et non comme un moyen

dont on pourrait disposer

alors pour nuancer un petit peu ce que

je vais dire sur l'autonomie de la

conscience il faut bien garder à

l'esprit qu'il existe malgré tout des

situations où la conscience n'est pas

autonome

je parlais tout à l'heure de la

conscience de l'enfant qui est

contrainte par celle du parent ou de

celle de l'élève qui est contrainte par

celle du professeur les il peut

également arriver que dans des rapports

horizontaux une conscience se soumettre

à une autre conscience

et lorsque je parle de se soumettre il

ne faut pas l'entendre au sens

d'asservissement ou

d'instrumentalisation

il faut plutôt l'entendre au sens de

passivité temporaire

alors qu'est ce que ça veut dire ça veut

dire par exemple que si vous demandez

conseil à une personne qui possède une

expérience plus riche que la vôtre ou en

laquelle vous avez une confiance

suffisamment importante pour prendre ce

qu'elle vous dit pour acquis parce

qu'elle vous aura fait la preuve de son

honnêteté et de sa perspicacité et à ce


HEGEL - Le désir de reconnaissance 📏 (1) HEGEL - The desire for recognition 📏 (1)

bonjour

aujourd'hui on va

le eagle on avait déjà parlé de hegel

dans un précédent audio et ja

bien pris le soin de préciser que

lorsqu'on s'attaque à un monument de la

philosophie tels que hegel

il vaut mieux être prudent eagle n'est

pas le genre de philosophes que l'on

peut résumer dans une vidéo de 30

minutes et c'est pourquoi j'ai opté pour

une autre stratégie

une stratégie pédagogique qui consiste à

vous introduire à la pensée de ce grand

philosophe par quelques-uns des grands

concepts clés de son système de pensée

et c'est dans cette même perspective

pédagogique que j'aimerais aujourd'hui

vous parler d'une notion capitale dans

la philosophie de hegel à savoir la

question du désir de reconnaissance

mais avant de commencer je dois faire

une précision à savoir que l'expression

de désir de reconnaissance chez hegel ne

se réduit absolument pas au sens que

l'on donne habituellement à cette

expression

le désir de reconnaissance ne désigne

pas le penchant des êtres humains à

vouloir être admirés il ne s'agit pas du

désir de gloire du désir de briller aux

yeux des autres ont le désir de

reconnaissance désigne plutôt un

mécanismes d'interaction entre les

consciences

le sujet de la conscience constitue le

sujet de prédilection de hegel et sa

conception de la conscience est exposée

dans son ouvrage la phénoménologie de

l'esprit

un ouvrage dans lequel eagle entreprend

de décrire et d'expliquer m le parcours

évolutif de la conscience au fil de ses

expériences

pour eagle nous sommes avant tout une

conscience une conscience qui a affaire

au monde qui a affaire aux autres

conscience et qui a affaire à elle même

le parcours de la conscience c'est le

parcours par lequel nous comprenons que

nous ne faisons qu'un avec le monde

et cette prise de conscience de notre

unité fondamentale avec le monde va être

le résultat d'un chemin semé d'obstacles

et de détours

pour eagle l'existence humaine se

définit comme l'expérience de la

conscience et la philosophie n'est rien

d'autre que la science de l'expérience

de la conscience

mais vous allez me dire quel rapport

entre la conscience et le désir de

reconnaissance

et bien c'est très simple pour eagle le

désir de reconnaissance constitue une

étape dans l'évolution de la conscience

humaine

et c'est ce dont on va parler dans cet

audio

disait en préambule de mon propos que

chez hegel le désir de reconnaissance ne

se réduisait en aucun cas au désir

d'être admiré

généralement lorsqu'on parle du désir

d'être reconnus on sous-entend que la

reconnaissance porterait nécessairement

sur des qualités sur des attributs

positifs comme lorsqu'on parle d'être

reconnu pour son talent d'être reconnu

pour ses efforts ou d'être reconnu pour

son courage

être reconnu c'est être perçu comme

ayant de la valeur comme possédant une

qualité qui nous distingue ray du commun

des mortels

c'est ça la reconnaissance au sens

courant

l'artiste est reconnue dès lors qu'il

suscite un engouement pour ses oeuvres

un scientifique est reconnue dès lors

qu'il a produit des travaux allant dans

le sens du progrès de l'humanité c'est

ça pour nous la reconnaissance

bien pour eagle la reconnaissance ne se

réduit en aucun cas à l'admiration

elle ne se réduit en aucun cas au fait

d'être loués ou d'être félicités

la reconnaissance c'est le fait

d'exister aux yeux d'autrui et par

prolongement aux yeux de soie

de reconnaissance n'est pas seulement le

désir d'être estimé admirer ou approuvés

c'est le désir d'être reconnu comme une

entité existants par soi

alors qu'est ce que ça veut dire être

reconnu comme une entité existants par

soi

et bien c'est tout simplement le désir

d'être reconnus comme des individus

conscients

et être reconnus comme des individus

conscients c'est être reconnus comme

étant capable d'auto détermination

pour le dire simplement capable de

vouloir et de choisir

capable de dire oui ou de dire non

je prendrai l'exemple

imaginez que vous êtes avec l'un de vos

amis et que vous décidez d'aller voir un

film au cinéma

vous arrivez devant le cinéma et vous

regardez les films qui sont à la fiche

hélas sans vous consulter sans vous

demander votre avis votre ami vous dit

on va aller voir le dernier star wars

le problème c'est que vous vous n'avez

pas du tout envie d'aller voir le

dernier star wars

dont vous allez le signifier à votre ami

vous allez lui dire je préférerais qu'on

aille voir autre chose

et là imaginez que votre ami vous

répondre mais si si si tu vas voir c'est

un super film tu vas adorer

vous à ce moment là qu'est ce que vous

allez ressentir vous allez ressentir une

absence de prise en compte de votre

volonté

vous n'aurez pas l'impression qu'on vous

propose quelque chose vous aurez

l'impression qu'on vous l'imposent

et c'est très différent

parce que proposer quelque chose s'est

laissé ouverte la possibilité du refus

c'est les sauts verte la possibilité de

l'alternative

autrement dit dans la proposition il y à

la reconnaissance de votre volonté

alors que dans l'imposition votre

volonté n'est pas consulté votre volonté

n'est pas reconnue et en niant

l'existence de votre volonté votre ami

ne vous considère plus comme un être

humain libre votre ami ne vous considère

plus comme une conscience

autonome vous allez faire l'expérience

de ce que hegel appelle la négation de

votre conscience et donc quand vous

imposer quelque chose à une autre

conscience quand vous lui ôter son

pouvoir d'auto détermination vous la

reconnaissez pas comme conscience elle

devient pour vous une simple chose chose

dont vous pouvez disposer

on retrouve cette idée dans la morale de

quand lorsque quand la distinction entre

le règne des personnes et le règne des

choses quand nous dit qu'une personne

c'est ce qui possède une dignité c'est à

dire une valeur inconditionnel qu il

nous est interdit de considérer comme

une simple chose comme un simple moyen

en vue de satisfaire notre propre

volonté

pour quand la valeur de la personne

réside dans sa dignité c'est à dire dans

sa capacité d'autodétermination dans ce

que sartre appelait la capacité à créer

un projet

les êtres humains sont porteurs de

projets sont porteurs de volonté et nier

la volonté d'un individu

c'est nier son humanité même c'est nier

ce qui le distingue du règne des choses

choses ne possède pas de dignité elle

possède un prix et c'est parce qu'une

chose à un prix que moyennant ce prix on

peut disposer librement de cette chose

elle devient notre propriété

mais une conscience ne peut jamais

devenir notre propriété

une conscience ne peut jamais devenir

autre chose

c'est d'ailleurs ce à l'origine

historique de la hiérarchie entre corps

et esprit l'idée que s'il est possible

de contraindre les corps il n'est pas

possible de contraindre les esprits

on peut vous forcer à faire quelque

chose que vous n'avez pas envie de faire

mais on ne peut pas vous forcer à croire

ou à penser quelque chose

l'esprit et le lieu de la liberté

la matière et le lieu de la contrainte

et donc quand on ne reconnaît pas le

pouvoir d'auto détermination d'une

conscience on procède à ce qu'on appelle

une réification réification du latin res

reilly qui signifie chose la réification

c'est quand on considère un autre être

humain comme un objet

comme un simple moyen

et lorsque quand tu disais qu'une

personne ne pouvait jamais être

considéré comme un simple moyen mais

toujours comme une fin en soi il voulait

souligner ce pouvoir d'auto

détermination de la volonté humaine qui

nous empêche d'en disposer selon notre

désir

considérer une conscience comme notre

propriété s'est ôté à l'être humain ce

qui fait son humanité

alors là évidemment j'ai pris un exemple

volontairement trivial et caricatural

mais c'est justement pour vous montrer à

quel point il est facile de tomber dans

ce mécanisme de la réification

vérifiez la conscience d'autrui on le

fait tous tout le temps

dès lors qu on dit à quelqu'un tu

devrais faire ça on prêt considère que

l'autre a besoin de nous pour savoir ce

qu'il doit faire

compris considère d'une manière ou d'une

autre qu'on aurait un droit de propriété

sur la conscience de l'autre

dire à quelqu'un qu'il a tort de penser

ce qu'il pense ou qu'il a tort d'agir

comme il agit ces présupposés que nous

pourrions prendre les manettes de la

conscience de l'autre

c'est nier à l'autre sa volonté libre et

sa capacité d'autodétermination

c'est nier à l'autre sa conscience et

encore une fois ce que je vous dis vous

paraîtra peut-être excessif parce

qu'aujourd'hui ni à l'autre sa capacité

d'autodétermination est devenu une sorte

de fonctionnement ordinaire

ni la conscience de l'autre est devenue

une norme des rapports humains

parce qu'évidemment il existe des

situations ou imposer notre volonté à

une autre conscience paraît tout à fait

légitime

par exemple le parent qui impose des

règles à son enfant

par exemple le professeur qui donne des

devoirs à son élève

ou encore le patron qui donne des ordres

à son employé

vous voyez bien que dans ces trois

exemples que je viens de vous donner il

prêt existe un lien de subordination

il prit existe une relation de

hiérarchie

autrement dit on admet que face à la

volonté du parent la volonté de l'enfant

doit s'incliner

on admet que face à l'exigence du

professeur le désir de l'élève doit

s'éclipser

et que lorsque le patron donne un ordre

il est normal que l'employé exécute

sion de la conscience de l'autre est

toujours le résultat d'un rapport

hiérarchique

elle est toujours le résultat d'une

relation de verticalité

mais dans un rapport d'horizontalité

on pourrait dire pour simplifier dans un

rapport d'égalité

aucune conscience n'a de titre de

propriété sur une autre conscience

aucune volonté n'a de prééminence sur

une autre volonté

et donc dans un rapport d'horizontalité

la négation de notre conscience ne va

pas être acceptées

une conscience ne se soumettra jamais à

une autre conscience si elle n'estime

pas que cette conscience est supérieur

et c'est d'ailleurs ça qui fait que

certaines personnes acceptent tout ce

qu'on leur demande

parce qu'elles considèrent au fond

d'elle que tout le monde leur est

supérieur

parce qu'elle considère que la position

leur conscience n'a pas de légitimité

mais dans un paradigme de rapports

horizontaux aucune conscience nouveau

davantage qu'une autre

dans une relation de socialité d'amitié

ou de libre partenariat aucune

conscience ne peut se prévaloir d'un

statut supérieur à une autre

et c'est là qu'on en arrive au désir de

reconnaissance

car la réaction ordinaire d'une

conscience qui se sent contrainte par

une autre conscience qu'elle ne

reconnaît pas comme supérieur ça va être

un désir d'affirmation un désir de

contradictions

un désir d'être reconnu comme une

conscience libre

désir de reconnaissance n'est pas le

désir d'être admiré c'est tout

simplement le désir d'être reconnu comme

une volonté libre et non comme un moyen

dont on pourrait disposer

alors pour nuancer un petit peu ce que

je vais dire sur l'autonomie de la

conscience il faut bien garder à

l'esprit qu'il existe malgré tout des

situations où la conscience n'est pas

autonome

je parlais tout à l'heure de la

conscience de l'enfant qui est

contrainte par celle du parent ou de

celle de l'élève qui est contrainte par

celle du professeur les il peut

également arriver que dans des rapports

horizontaux une conscience se soumettre

à une autre conscience

et lorsque je parle de se soumettre il

ne faut pas l'entendre au sens

d'asservissement ou

d'instrumentalisation

il faut plutôt l'entendre au sens de

passivité temporaire

alors qu'est ce que ça veut dire ça veut

dire par exemple que si vous demandez

conseil à une personne qui possède une

expérience plus riche que la vôtre ou en

laquelle vous avez une confiance

suffisamment importante pour prendre ce

qu'elle vous dit pour acquis parce

qu'elle vous aura fait la preuve de son

honnêteté et de sa perspicacité et à ce