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Ted Talk en français, 02b. Un polyglotte sommeille en vous. Sébastien Nuñez. TEDx Toulouse. (2)

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02b. Un polyglotte sommeille en vous. Sébastien Nuñez. TEDx Toulouse. (2)

Mais là, c'est le moment où vous vous dites : « Il nous a dit qu'il parlait 11 langues, mais en fait il invente tout. C'est un charlatan, ce type. Oui, on peut dire ça. Vous êtes en train de vous dire : « Ces langues, il ne les parle pas couramment. » C'est vrai, je ne les parle pas couramment, mais je les parle. Je les parle autant que possible. Jusqu'à que je ne puisse plus dire d'autres choses. Mais si vous pensez ça, je suis sûr que vous êtes Français... ... que vous êtes Français et que vous avez été torturés par madame Michaud au CM1 par ses dictées. (Rires) Qu'elle vous avez mis au coin avec un bonnet d'âne, parce que vous aviez dit : « Si j'aurais. » Que quand votre voisin dit : « La voiture à Michel », vous lui dites : « Non. La voiture de Michel. » (Rires) On est exigeant entre nous-mêmes dans notre propre langue. Du coup, quand on apprend une autre langue, on reproduit cette exigence. Et pire, on impose notre exigence aux autres qui apprennent notre langue. Ce qui fait que quand on a un étranger qui arrive en France, on lui dit : « En France, on parle français, monsieur. » On le reprend quand il fait des erreurs. Je vous souhaite qu'on ne vous dise jamais quand vous arrivez en Grèce : (En grec) parce que là, vous aurez bien l'air fin. Donc il faut faire preuve d'indulgence quand on apprend une langue étrangère, parce qu'on n'apprend pas tout en un jour. Il ne faut pas attendre de parler parfaitement pour se lancer.

Il faut se lancer dès le premier jour. Une langue, ce n'est pas fait pour tout connaître. On ne va pas se dire : « J'apprends le russe et mon objectif, c'est de lire Dostoïevski,et avant cela, je ne parle pas. » Non, on parle dès le premier jour. D'ailleurs, est-ce que vous savez combien il faut de mots pour parler une langue ? Un. Avec un mot, vous pouvez déjà commencer à parler. Vous pouvez dire merci, bonjour, selon le mot que vous avez appris, mais vous commencez déjà à parler. Le pire, c'est qu'en général on vous répond dans la langue, et là vous êtes un peu perdu. (Rires) Mais peu importe, vous avez commencé. Avec dix mots, vous pouvez être poli. « Bonjour. Comment ça va ? Merci. Je voudrais... » Avec trente mots, on se présente et on demande à l'autre de se présenter. Cent mots suffisent pour avoir une conversation de base. Avec cent mots, on peut commencer à raconter un peu d'où on vient, où on va, quels sont nos objectifs, qu'est-ce qu'on fait ici. Mais pour qu'avec cent mots, on arrive à communiquer, Il......faut......chercher pas... il ne faut pas chercher ses mots. Parce que si vous faites ça, vous avez tous un peu décroché là, juste le temps où j'ai cherché mes mots. Ne faites pas ça aux autres. Épargnez-leur ça. Parlez, vous, bien, peut-être ? Vous savoir si forme bien, non. Mais vous dire choses. Dire choses beaucoup. (Rires) Autres comprendre vous, important est. Vous avez tous compris. Je suis désolé. Comme quoi la grammaire n'est que de l'élégance. J'aurais pu dire ça avec un meilleur vocabulaire aussi. Mais si le message est passé, j'ai gagné. Alors, pour apprendre, il faut pratiquer quand même. Ma technique, c'est l'auto-stop. Pourquoi le stop ? Parce qu'on fait des rencontres. On fait des rencontres, et c'est un peu du speed dating. Tous les 30 kilomètres, on recommence. On redit la même conversation. On dit d'où on vient, où est-ce qu'on va. Qu'est-ce que vous faites ? On parle de son métier, du métier de l'autre, et comme ça, on ancre nos connaissances. Il faut saisir toutes les opportunités d'utiliser ces cent mots qu'on a. Parce que si on les saisit toutes, eh bien, on en connaîtra 101, 102, 103. Il faut parler tous les jours. Et puis en plus quand on fait du stop, on a vraiment beaucoup de gens avec qui parler. (Rires) Mais une langue, c'est plus que des mots. Les mots, c'est une base, mais il va falloir imiter. (En anglais avec un accent français) Parce que le français aussi, a une mélodie. Quand je dis quelque chose, je chante aussi. On ne s'en rend pas compte, parce qu'on est dépassé par le sens de ce qu'on dit et de ce que dit l'autre. Mais en fait, quand on parle une langue étrangère avec l'accent que je viens de vous faire en anglais, eh bien en fait, on est en train de parler avec la mélodie du français. Quand je suis arrivé au Brésil, je ne connaissais qu'un seul mot, donc j'ai commencé à parler. Obrigado : merci. La minimum des politesses quand on visite un pays, mais je parlais couramment espagnol. J'avais cet avantage. Du coup, j'ai parlé le portugais comme ça. Moi je pensais que le portugais du Brésil sonnait un peu comme ça, du coup, je parlais espagnol comme ça. (Rires) Si je n'avais pas fait ça, ils auraient eu beaucoup plus de mal à me comprendre, mais ils m'ont compris. Et à force de le parler, eh bien j'ai appris. Parce que les choses que j'utilisais tous les jours se confirmaient et ainsi de suite. Mais ça va plus loin que les mots. Si je parle comme ça... eh bien, c'est Napolitain. (Rires) Mais si je fais ça quand je parle à un Suédois, il va me dire qu'il y a un souci. (Rires) Il y a quelque chose qui cloche. Même si j'ai le meilleur accent du monde. Il y a un accent aussi dans les gestes. Et ça va beaucoup plus loin. Je suis sûr que parmi vous, il y a des gens qui ne sont pas de Toulouse, mais qui sont déjà entrés dans une boulangerie acheter un pain au chocolat... (Rires) ... et on leur a répondu : « Vous voudriez une poche avec de la chocolatine, monsieur ? » (Rires) On vous a bien fait comprendre que vous n'étiez pas du coin. (Rires) Parce que, parfois il suffit juste de petites choses pour donner l'impression qu'on parle bien. Vous arrivez ici, vous dites : « chocolatine », même si vous avez l'accent de Paris, vous serez d'ici. Il faut devenir la personne dont on apprend la langue.

Alors, c'est bien beau tout ça, mais je ne vous cache pas quand même que ça demande des efforts, d'apprendre une langue. Et parfois on est un peu perdu, on ne sait pas. On a l'impression de ne pas progresser, mais il faut persévérer. Il faut persévérer quand on a l'impression qu'on ne progresse plus, parce que c'est le moment où le ciment est en train de prendre. Mais ce n'est pas là où est la difficulté. La seule difficulté est celle d'oser. Il faut oser parler dès le premier jour. Il faut oser inventer des mots. Il faut oser se tromper. Il faut oublier les personnes qui nous disent : « Quand on ne sait pas, on se tait. » En fait en un mot, il faut juste oser croire qu'on est capable d'apprendre une langue étrangère. Une fois que vous oserez, vous montrerez à l'autre, que vu que vous vous intéressez à sa langue, vous vous intéressez à sa culture, vous vous intéressez à lui. Et du coup, il vous ouvrira les portes de sa culture. Vous pourrez découvrir un peuple, une histoire. La seule question que vous devez vous poser maintenant, c'est combien d'efforts vous êtes prêt à faire, pour avoir droit à ce sourire. Je vous remercie.

(Applaudissements)

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