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Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Lege… – Tekst do przeczytania

Acmaq.1 La secret de la vieille Madouesse-Diane Carmel Leger, Chapitre 11 - Le siffleux

lekcja z Francuski do ćwiczenia czytania

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Chapitre 11 - Le siffleux

Chapitre 11

Le siffleux

Il fait exceptionnellement chaud pour la fin mai. À l'école, les élèves n'ont pas le goût de travailler et les Détraqués n'ont même pas l'énergie nécessaire pour intimider Benoît ou Zoé.

Après la classe, Benoît marche moins vite pour aller chez Madouesse, car la chaleur est accablante.

Cette chaleur peut être dangereuse pour les personnes âgées. Grand-père Gaudet est mort d'une crise cardiaque par une journée où il faisait très chaud. Papa a dit que son père était têtu et qu'il insistait à faire son jogging, même dans la grande chaleur.

— Ma tante, vous ne trouvez pas qu'il fait trop chaud pour aller se promener dans le marais ?

Madouesse rive ses yeux sur son petit-neveu.

— Voyons Benoît ! Nous ne pouvons pas abandonner Dame Nadège ! Ça fait cinquante-neuf ans que je cherche cette petite personne extraordinaire et à mon âge, je ne veux pas perdre une occasion de la revoir ! Puis d'habitude, c'est plus frais dans le marais avec la brise de la baie de Fundy.

— Mais la grande chaleur n'est-elle pas dangereuse pour votre santé ?

— Pas si j'apporte beaucoup d'eau. Benoît, réalises-tu combien de personnes sur notre planète aimeraient avoir notre chance ?

Elle hausse ses sourcils de chenille et poursuit.

— Selon mes recherches, les petits êtres ont toujours essayé d'éviter le contact avec les êtres humains. Mais, s'il le faut, ils préfèrent approcher les enfants. J'ai la chance de revoir Dame Nadège après tant d'années parce que je suis avec toi… Nous sommes donc une équipe, Benoît. Dame Nadège et son peuple ont besoin de nous. Imagine le défi qu'ils ont de nos jours. Ça doit être difficile de se cacher des êtres humains qui ont tous des appareils photo dans leurs cellulaires et des machins comme des drones !

Avant que Benoît puisse dire un mot, elle annonce :

— Faut que je te montre quelque chose. Suis-moi.

Curieux, Benoît la suit dans l'escalier en colimaçon jusqu'à l'étage. Quel autre secret Madouesse va-t-elle lui révéler ? Elle s'arrête devant une porte fermée, sort de sa poche une ancienne clé et déverrouille la porte.

La pièce qu'elle lui révèle a un vieux pupitre devant la fenêtre du mur d'en face. Les autres murs comportent des étagères remplies de livres, du plancher au plafond. D'un côté, il y a des dictionnaires, des encyclopédies et des livres à propos du monde féérique. D'un autre côté, on trouve des étagères de romans et des albums de contes de fées. Au dernier mur d'étagères, il y a des livres sur la grande Histoire du monde, sur l'histoire de France, sur celle du Canada et celle de l'Acadie, ainsi que quelques vieux manuels scolaires. La bibliothèque secrète de Madouesse est composée d'un mélange de livres anciens et contemporains, autant en français qu'en anglais.

Ébloui et admiratif, Benoît regarde sa grand-tante excentrique.

— C'est un véritable centre de recherche sur le monde féérique !

— Absolument ! Il y a longtemps que je collectionne ces livres dans l'espoir de connaître l'identité du petit capuchonné.

— Et dans tous ces livres, vous n'avez rien trouvé ?

— J'ai trouvé de l'information sur des petits êtres fantastiques de presque tous les pays du monde. Il y en a quelques-uns qui ressemblent un peu à nos Grisous, mais ils ne vivent pas dans les marais de l'Amérique du Nord.

— Alors, ils ne sont pas dans vos livres. Nos petits sont vraiment uniques au monde ! déduit Benoît. J'espère que nous allons les revoir.

— Règle générale, les lutins sont espiègles et aiment jouer des tours. Mais je pense pas que Dame Nadège nous joue des tours. Sa détresse était sincère. Elle a vraiment besoin de nous.

— Oui. Elle était en grande peine et ses fils aussi. Il doit y avoir eu un imprévu qui a empêché Dame Nadège et ses fils de venir à notre rencontre. Peut-être un malheur… Je suis d'accord avec vous, il ne faut jamais rater une occasion de les rencontrer.

— Bon. Tu as tout compris, dit-elle avec un sourire.

— Vous pouvez compter sur moi, Dame Madeleine, déclare Benoît, en faisant une révérence de chevalier.

Madouesse rit.

— Allons-y !

Au bout de vingt minutes de marche sur la levée, Benoît s'essouffle. Il est tout en sueur. Il est étonné que Madouesse ne semble pas se fatiguer, malgré son âge avancé.

— Je suis trop gros, dit-il en s'essuyant avec le bas de sa chemise. Puis je déteste les régimes.

— Laisse faire les régimes ! Les jeunes ne suivaient pas de régimes dans ma jeunesse. On mangeait comme des boeufs et on était en forme parce qu'on marchait partout. Tu n'as qu'à manger de bons aliments avec quelques petites gâteries de temps en temps. Et surtout, faut que tu marches et que tu bouges davantage. Trop de jeunes aujourd'hui passent tout leur temps devant un écran !

— Pas de régime. J'aime cette idée. Mais marcher loin, et manger un peu moins de sucreries va être un défi pour un bedou comme moi, plaisante-t-il.

Elle s'aperçoit qu'il transpire.

— C'est faisable Benoît, tu verras. Tiens, tu as besoin de boire beaucoup d'eau, dit-elle en sortant une bouteille d'eau de son sac à dos.

Il boit toute la bouteille d'un trait.

Madouesse glousse et lui tend une pomme qu'il mange en marchant.

Au bout d'un certain temps, Benoît remarque que sa grand-tante a les joues rouges.

— On est peut-être mieux de rentrer et revenir demain, ma tante.

— La patience est une vertu, faut continuer, réplique-t-elle, essoufflée.

Ouf, elle est aussi têtue que mon grand-père.

— Mais vous êtes tellement rouge, ma tante. Si quelque chose vous arrive dans cette chaleur… Vous pourriez vous évanouir, ou pire. On est loin du chemin et nous n'avons pas de téléphone.

Le visage de Madouesse s'attendrit.

— Tu penses à mon pauvre frère Claude. T'as raison, Benoît. Il vaut mieux que je me repose avant de retourner chez moi.

Ils s'assoient sur le bord de la levée, face à la rivière. Après un moment, ils entendent un sifflement. Ils voient une marmotte sortir de son trou, un peu plus loin dans le pré.

— Ce sifflement a fait que nos ancêtres nommaient la marmotte un « siffleux ».

— L'autre jour, vous avez dit qu'ils l'appelaient « bonhomme couèche… »

— Oui, les deux. T'as une bonne mémoire.

Ils observent la marmotte froisser l'herbe sur son passage et se diriger vers eux, puis ils la perdent de vue.

— Je l'entends… Elle monte la levée de l'autre bord, chuchote Benoît.

Ils se retournent, mais c'est un petit bonhomme vêtu de brun qui apparaît.

— Vital ! s'étonne Benoît. Tu peux te transformer en marmotte !

— Tu es magicien comme ta mère ! s'écrie Madouesse.

— Nous pouvons muer, mais nous ne pouvons point parler sous forme animale.

— On est content de te voir, dit Benoît.

Vital, le visage triste, baisse la tête.

— Qu'est-ce qui'est arrivé, Vital ? interroge Madouesse.

— Mon frère et mes cousins… Ils ont trépassé !

-Vous voulez dire qu'ils sont morts ? poursuit-elle.

— Tous les quatre ? ajoute Benoît.

-Ouais, tous, répond Vital d'une voix à peine audible.

— Mon doux ! C'est terrible ! Mes plus sincères sympathies, dit Madouesse.

— Mes sympathies, dit Benoît bouleversé.

Il veut en connaître davantage, mais il estime que ce n'est pas le bon moment.

— Est-ce que vous avez encore besoin de nous ?

Vital, les larmes aux yeux, se tourne la tête lentement vers lui.

— Ma mère veut vous rencontrer, demain. Pouvez-vous revenir ?

— Oui ! répondent-ils résolument.

Vital prend une grande inspiration pour retenir ses émotions.

— C'est mieux de se rencontrer à l'abric des peupliers sur la levée près de chez vous. Grand merci. À la revoyure.

— À la revoyure, Vital, disent-ils tendrement.

Le pauvre petit pénètre l'herbe.

Ébranlés par les décès, Benoît et sa tante restent figés sur place.

Quatre d'un coup ! Qu'est-ce qui les a tués ? Ou, qui les a tués ?

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