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Les mots de l'actualité (2009), ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE   2009-02-10

ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE 2009-02-10

La fin de vie d'Eluana Englaro, en Italie, fait du bruit. Cette femme est restée dix-sept ans dans un coma végétatif, c'est-à-dire vivant sans conscience apparente, sans aucune autonomie, sans fonction active, et sans espoir que cet état puisse jamais s'améliorer. L'équipe médicale qui s'occupe d'elle a donc décidé, en accord avec son père, d'arrêter progressivement les processus qui permettent cette vie « technique ». En effet, pour qu'Eluana ne meure pas, il faut la maintenir en vie ; et ce maintien se fait de façon tout à fait unilatérale. Aucun échange n'est plus possible, aucune combinaison d'efforts. C'est pourquoi on parle souvent d'un « acharnement thérapeutique » dans ces dispositifs médicaux qui conservent une vie en la tenant, pour ainsi dire, à bout de bras. Toute une polémique est donc née en Italie autour de ce cas, entre ceux qui veulent laisser mourir la patiente en cessant cet apport de vie artificiel, et ceux qui mettent en avant le droit à la vie, et qui interdisent ou condamnent l'arrêt des soins. L'expression « acharnement thérapeutique » n'est donc pas neutre. Elle n'est utilisée que par ceux qui condamnent cet acharnement, qui trouvent qu'il est excessif et que c'est un effet pervers de l'usage de la science médicale. On emploie d'ailleurs l'expression « acharnement thérapeutique » ou « acharnement médical » à peu près dans le même sens. Il s'agit de s'acharner à coups de médecine ou de thérapies, c'est-à-dire un ensemble de moyens pour guérir les malades. L'origine du mot « acharner » met parfaitement en lumière l'image sanguinaire, carnassière et très violente qui a permis sa formation. Acharner un animal de chasse, notamment un chien ou un faucon, c'est lui donner le goût de la chair pour qu'il se précipite sur la bête qu'on chasse, l'attaque et la tue peut-être. On est donc dans le vocabulaire de la chasse à courre, de la vénerie.

En même temps que ce sens propre attaché à l'origine du mot, se développe un sens figuré qu'on connaît aujourd'hui encore, mais qui garde parfois la férocité de ses origines. Il s'agit bien de l'ardeur qu'on a à s'attacher à sa proie, même quand ce n'est plus utile. Car c'est là l'écho le plus important de ce mot. « S'acharner », c'est en faire plus qu'il n'est nécessaire, c'est aller au-delà de la victoire. Cela évoque donc un genre de folie qu'on ne maîtrise pas, une cruauté inutile, qui se répète alors que tout est joué. C'est l'idée d'inutilité qui est importante, car on emploie également ce mot en cas d'échec répété, quand s'obstiner ne sert plus à rien. Et d'ailleurs, le mot peut se trouver dans des contextes assez banals. On est souvent bien loin du sang et de la mort. « Il a passé son permis dix fois, dix fois il l'a raté… Pourquoi s'acharner ? Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique. http://www.cndp.fr/


ACHARNEMENT THÉRAPEUTIQUE   2009-02-10 THERAPEUTISCHE HINGABE 2009-02-10 THERAPEUTIC OVERKILL 2009-02-10 ACCANIMENTO TERAPEUTICO 2009-02-10 IMPLACABILIDADE TERAPÊUTICA 2009-02-10

La fin de vie d'Eluana Englaro, en Italie, fait du bruit. Cette femme est restée dix-sept ans dans un coma végétatif, c'est-à-dire vivant sans conscience apparente, sans aucune autonomie, sans fonction active, et sans espoir que cet état puisse jamais s'améliorer. L'équipe médicale qui s'occupe d'elle a donc décidé, en accord avec son père, d'arrêter progressivement les processus qui permettent cette vie « technique ». En effet, pour qu'Eluana ne meure pas, il faut la maintenir en vie ; et ce maintien se fait de façon tout à fait unilatérale. Aucun échange n'est plus possible, aucune combinaison d'efforts. C'est pourquoi on parle souvent d'un « acharnement thérapeutique » dans ces dispositifs médicaux qui conservent une vie en la tenant, pour ainsi dire, à bout de bras. Toute une polémique est donc née en Italie autour de ce cas, entre ceux qui veulent laisser mourir la patiente en cessant cet apport de vie artificiel, et ceux qui mettent en avant le droit à la vie, et qui interdisent ou condamnent l'arrêt des soins. L'expression « acharnement thérapeutique » n'est donc pas neutre. Elle n'est utilisée que par ceux qui condamnent cet acharnement, qui trouvent qu'il est excessif et que c'est un effet pervers de l'usage de la science médicale. On emploie d'ailleurs l'expression « acharnement thérapeutique » ou « acharnement médical » à peu près dans le même sens. Il s'agit de s'acharner à coups de médecine ou de thérapies, c'est-à-dire un ensemble de moyens pour guérir les malades. L'origine du mot « acharner » met parfaitement en lumière l'image sanguinaire, carnassière et très violente qui a permis sa formation. Acharner un animal de chasse, notamment un chien ou un faucon, c'est lui donner le goût de la chair pour qu'il se précipite sur la bête qu'on chasse, l'attaque et la tue peut-être. On est donc dans le vocabulaire de la chasse à courre, de la vénerie.

En même temps que ce sens propre attaché à l'origine du mot, se développe un sens figuré qu'on connaît aujourd'hui encore, mais qui garde parfois la férocité de ses origines. Il s'agit bien de l'ardeur qu'on a à s'attacher à sa proie, même quand ce n'est plus utile. Car c'est là l'écho le plus important de ce mot. « S'acharner », c'est en faire plus qu'il n'est nécessaire, c'est aller au-delà de la victoire. Cela évoque donc un genre de folie qu'on ne maîtrise pas, une cruauté inutile, qui se répète alors que tout est joué. C'est l'idée d'inutilité qui est importante, car on emploie également ce mot en cas d'échec répété, quand s'obstiner ne sert plus à rien. Et d'ailleurs, le mot peut se trouver dans des contextes assez banals. On est souvent bien loin du sang et de la mort. « Il a passé son permis dix fois, dix fois il l'a raté… Pourquoi s'acharner ? Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique. http://www.cndp.fr/