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Gloss 2+, Une menace environnementale à Madagascar

Johannesbourg, 10 septembre 2010 (IRIN) –

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a averti d'une « menace grave et imminente due à la présence d'un nombre croissant d'essaims de criquets pèlerins » à Madagascar ; selon l'organisme, une « aide d'urgence doit être immédiatement apportée pour prévenir une catastrophe humanitaire ».

L'avertissement a été lancé lors d'une réunion sur l'Aide d'urgence à la lutte antiacridienne qui s'est tenue à Antananarivo, la capitale, le 8 septembre, quelques jours après la publication, par l'USAID, de l'édition d'août de son rapport de situation d'urgence sur les Invasions transfrontalières de ravageurs (ETOP) ; rapport qui présentait des prévisions s'étendant jusqu'à la mi-octobre et dont les auteurs exprimaient des préoccupations semblables.

« Une reproduction massive risque d'être observée … Dans cette éventualité, Madagascar connaîtra une des invasions de criquets les plus graves observées ces dernières années, et devra mener des interventions de contrôle à grande échelle jusqu'à la mi-2011 », peut-on lire dans l'ETOP.

Faire face à la menace d'une invasion de criquets coûtera environ 14,5 millions de dollars ; à ce jour, 4,7 millions de dollars ont été accordés par le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) des Nations Unies et 490 000 par le Programme d'urgence pour la coopération technique de la FAO.

Annie Monard, responsable des invasions de criquets aux bureaux de la FAO, à Rome, se rendra à Madagascar ces prochains jours ; Mme Monard a déclaré à IRIN que les indicateurs étaient « particulièrement inquiétants », les criquets étant « si nombreux » qu'ils avaient pu « s'échapper de leur zone habituelle » [dans le sud-ouest de Madagascar] et que des essaims avaient été observés le long du littoral est et dans l'ensemble de la région centre-ouest.

Madagascar a subi des invasions de criquets pendant quatre ans, jusqu'en 2000 ; cette année-là, seul l'extrême nord de la quatrième île du monde avait été épargné par le criquet pèlerin malgache (Locusta migratoria capito), et même la côte est, habituellement jugée trop humide, avait été touchée.

Cet insecte peut se reproduire presque tous les deux mois, et consomme environ l'équivalent de son propre poids en végétation (environ deux grammes) chaque jour. Mme Monard a raconté qu'en 1998, alors qu'elle se déplaçait en hélicoptère, elle avait aperçu un essaim recouvrant une zone d'environ 30 kilomètres sur 70. « C'était comme un énorme nuage qui se déplaçait sur toute la plaine ».

La prolifération des criquets est passée inaperçue pendant les précédentes saisons des pluies (d'octobre à avril), les capacités du Centre national antiacridien (CNA), organisme public, étant affaiblies par la situation sociopolitique du pays, selon un document publié par la FAO, et intitulé Aide d'urgence à la lutte antiacridienne à Madagascar.

Le climat actuel, sec et frais, n'est pas propice à la reproduction, mais avec les premières pluies et dès que la température commence à grimper, les insectes se reproduisent rapidement. A mesure que la densité de population augmente, les insectes connaissent des changements comportementaux et physiques : de solitaires, ils deviennent grégaires, et forment des essaims qui dévastent les cultures (chaque million de criquets consomme une tonne de vivres).

« Les essaims dont la présence a été signalée récemment hors de leur zone d'infestation indiquent une prolifération importante. Les expériences passées ont montré qu'une invasion pouvait évoluer si la population acridienne n'était pas contrôlée à ce stade. L'invasion qui s'ensuivrait se poursuivrait pendant de nombreuses années, en ayant des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire », peut-on lire dans le document publié par la FAO sur l'aide d'urgence.



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Johannesbourg, 10 septembre 2010 (IRIN) –

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a averti d'une « menace grave et imminente due à la présence d'un nombre croissant d'essaims de criquets pèlerins » à Madagascar ; selon l'organisme, une « aide d'urgence doit être immédiatement apportée pour prévenir une catastrophe humanitaire ».

L'avertissement a été lancé lors d'une réunion sur l'Aide d'urgence à la lutte antiacridienne qui s'est tenue à Antananarivo, la capitale, le 8 septembre, quelques jours après la publication, par l'USAID, de l'édition d'août de son rapport de situation d'urgence sur les Invasions transfrontalières de ravageurs (ETOP) ; rapport qui présentait des prévisions s'étendant jusqu'à la mi-octobre et dont les auteurs exprimaient des préoccupations semblables.

« Une reproduction massive risque d'être observée … Dans cette éventualité, Madagascar connaîtra une des invasions de criquets les plus graves observées ces dernières années, et devra mener des interventions de contrôle à grande échelle jusqu'à la mi-2011 », peut-on lire dans l'ETOP.

Faire face à la menace d'une invasion de criquets coûtera environ 14,5 millions de dollars ; à ce jour, 4,7 millions de dollars ont été accordés par le Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) des Nations Unies et 490 000 par le Programme d'urgence pour la coopération technique de la FAO.

Annie Monard, responsable des invasions de criquets aux bureaux de la FAO, à Rome, se rendra à Madagascar ces prochains jours ; Mme Monard a déclaré à IRIN que les indicateurs étaient « particulièrement inquiétants », les criquets étant « si nombreux » qu'ils avaient pu « s'échapper de leur zone habituelle » [dans le sud-ouest de Madagascar] et que des essaims avaient été observés le long du littoral est et dans l'ensemble de la région centre-ouest.

Madagascar a subi des invasions de criquets pendant quatre ans, jusqu'en 2000 ; cette année-là, seul l'extrême nord de la quatrième île du monde avait été épargné par le criquet pèlerin malgache (Locusta migratoria capito), et même la côte est, habituellement jugée trop humide, avait été touchée.

Cet insecte peut se reproduire presque tous les deux mois, et consomme environ l'équivalent de son propre poids en végétation (environ deux grammes) chaque jour. Mme Monard a raconté qu'en 1998, alors qu'elle se déplaçait en hélicoptère, elle avait aperçu un essaim recouvrant une zone d'environ 30 kilomètres sur 70. « C'était comme un énorme nuage qui se déplaçait sur toute la plaine ».

La prolifération des criquets est passée inaperçue pendant les précédentes saisons des pluies (d'octobre à avril), les capacités du Centre national antiacridien (CNA), organisme public, étant affaiblies par la situation sociopolitique du pays, selon un document publié par la FAO, et intitulé Aide d'urgence à la lutte antiacridienne à Madagascar.

Le climat actuel, sec et frais, n'est pas propice à la reproduction, mais avec les premières pluies et dès que la température commence à grimper, les insectes se reproduisent rapidement. A mesure que la densité de population augmente, les insectes connaissent des changements comportementaux et physiques : de solitaires, ils deviennent grégaires, et forment des essaims qui dévastent les cultures (chaque million de criquets consomme une tonne de vivres).

« Les essaims dont la présence a été signalée récemment hors de leur zone d'infestation indiquent une prolifération importante. Les expériences passées ont montré qu'une invasion pouvait évoluer si la population acridienne n'était pas contrôlée à ce stade. L'invasion qui s'ensuivrait se poursuivrait pendant de nombreuses années, en ayant des conséquences dévastatrices sur la sécurité alimentaire », peut-on lire dans le document publié par la FAO sur l'aide d'urgence.


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