Traduire dans ma tête ou pas ? - #21
Vous écoutez le podcast FLUIDITÉ, épisode numéro 21. Je vois souvent des vidéos et des
opinions de professeurs qui disent qu'il ne faut pas traduire dans sa tête sa langue natale vers
la langue apprise. Par exemple du français vers l'espagnol, du français vers l'anglais. Donc je
vais vous donner mon avis et mon expérience de polyglotte alors, restez à l'écoute.
Bonjour et bienvenue dans ce vingt-et-unième épisode du podcast Fluidité et merci de
votre fidélité, merci de votre confiance parce que je vois que
vous êtes de plus en plus nombreux sur Spotify ! Donc, merci beaucoup.
Aujourd'hui dimanche, je suis allé au centre ville pour retirer de l'argent. J'ai mis ma
carte bancaire dans le distributeur et après avoir tout validé, le distributeur a buggé,
a redémarré donc j'ai vu Windows s'afficher, se relancer et ensuite il a avalé ma carte.
Donc demain, j'irai voir la banque pour essayer de récupérer ma carte.
Oui, on a inventé le verbe “bugger” qui vient de l'anglais “to be buggy” “to
crash” pour dire qu'une machine se bloque ou dysfonctionne. C'est ce qu'on appelle
un anglicisme et le sens est exactement le même. Je ne suis jamais allé dans une banque au Mexique,
donc je vais devoir utiliser le vocabulaire que je connais. Mais ça va, je me débrouille déjà
bien en espagnol. Mais est-ce que je ferai des erreurs de traduction, par exemple ? Est-ce que
je vais utiliser un mot que je connais en français et le traduire en espagnol. On va voir ça demain.
J'entends souvent des personnes qui disent qu'il faut absolument
éviter de traduire depuis sa langue natale quand on apprend une langue.
On peut lire des titres de vidéos Youtube : “arrête de traduire dans
ta tête” ou “ne fait pas cette erreur”. On dit que ça bloque l'expression orale.
En tant que polyglotte, je vais vous donner mon avis sur la question grâce à mon expérience
aujourd'hui dans ce nouveau podcast. Selon moi, c'est complètement naturel
de comparer les nouvelles informations à celles que vous connaissez déjà, c'est-à-dire traduire
inconsciemment vers votre langue maternelle. Le nouveau vocabulaire, les temps, la syntaxe, ou
d'autres points de grammaire. Avec mon expérience, je peux confirmer que c'est impossible à éviter.
Si justement, vous essayez d'éviter la traduction, vous allez vous stresser et vous bloquer.
Le cerveau est fait comme ça en fait : il doit comparer, analyser et classer une information
pour pouvoir comprendre facilement. Il doit trouver une référence sur laquelle se baser
pour se sentir confiant. On dit souvent “ah oui ce mot, ça veut dire ça, aahh okkkkk, ben c'est
facile”. “Ah oui, ça je connais, c'est bon alors !” et voilà comment on a gagné en confiance.
Je vais même vous dire que la traduction vous permet d'accélérer
votre apprentissage de la nouvelle langue. Je l'utilise constamment avec mes étudiants
dans mon cours Fluidité, et ça facilite la compréhension du vocabulaire,
des temps et de la grammaire en général. Mes étudiants connaissent déjà le sens
des mots et l'utilisation des temps. Je n'ai pas besoin de leur expliquer ce que veut dire “faire”,
“devoir”, “pouvoir”, “commencer” ou n'importe quel autre mot de vocabulaire. Je leur traduis et on
gagne du temps et de la clarté, donc on évite le stress. Je vais leur dire tout simplement “devoir”
c'est “deber” au lieu d'expliquer que “devoir”, ça veut dire “être obligé de faire quelque chose
ou avoir besoin de faire quelque chose”. Je vais au plus simple et au plus court. Donc
je compare avec ce qu'ils connaissent déjà. Donc c'est très pratique d'utiliser notre
langue maternelle, qui est un savoir énorme qu'on a déjà en mémoire, pour la transformer
rapidement en une deuxième langue et après en une troisième langue ou une quatrième langue.
Et j'ai l'habitude de faire comme ça pour toutes les langues que j'ai apprises.
La traduction est une comparaison naturelle qui fait partie du fonctionnement du cerveau humain,
donc autant l'utiliser à son avantage. Bon ce n'est évidemment pas possible
pour un enfant, qui n'a pas de première langue pour faire la traduction et qui
apprend en majorité inconsciemment sa langue natale. Il doit d'ailleurs apprendre le sens
de chaque mot qui sera nouveau pour lui. Donc, je conseille de ne pas chercher à
éviter de traduire, car c'est naturel et on doit profiter de ces traductions pour transformer
facilement et rapidement sa langue maternelle. Donc on peut les utiliser à son avantage.
Deuxièmement, il faut simplifier en petits morceaux.
Si on compare le français avec l'espagnol ou l'anglais, on se rend compte que la syntaxe,
c'est-à-dire l'ordre des mots, les temps et le vocabulaire sont assez proches. Ou
encore l'italien et le français, etc. On peut très souvent littéralement traduire une phrase
pour l'avoir en français, depuis l'espagnol, et la syntaxe et les temps sont presque les mêmes.
Par contre, il y a des langues qui sont éloignées et traduire une phrase
sera plus compliqué car la syntaxe ne sera pas obligatoirement identique.
Je conseille quand même dans ce cas de traduire mais, il vaut mieux découper la phrase en petits
morceaux pour clarifier chacun d'eux et ensuite de les remettre dans le bon ordre.
Sinon, le cerveau va penser que c'est trop compliqué à faire en un seul bloc et il ne
voudra pas. C'est aussi la méthode qu'on utilise dans le programme Fluidité. On découpe la phrase
en petits morceaux pour ensuite faire des phrases de plus en plus complexes (pas compliquées),
mais complexes. Un ensemble complexe, veut dire plusieurs petites choses simples additionnées.
Ce n'est pas un synonyme de compliqué. Donc il faut donc faire les efforts au début,
oui, pour remettre les choses dans le bon ordre mais à force de le faire,
ça deviendra naturel. Il faut donc de l'entraînement et de la pratique régulière.
Donc la traduction est nécessaire, surtout au début, pour comprendre facilement et
assimiler rapidement toute la grammaire, la syntaxe, les temps et le vocabulaire.
Mais le sens des mots n'est pas toujours la traduction exacte. Ce mot est peut-être utilisé
dans tel ou tel contexte en français, mais pas dans votre langue natale.
Par exemple ici au Mexique, pour dire “necesito un tenedor” les Mexicains disent “ocupo un tenedor”.
Au début je ne comprenais pas parce que pour moi le verbe “ocupar”, se traduit par “occuper” en
français. Donc le verbe ocupar ici a deux sens un peu différents. Mais à force de l'entendre et
de l'utiliser moi-même, le sens est maintenant normal pour moi. Donc la traduction n'était pas
suffisante dans ce cas et c'est pour ça qu'on en vient au point suivant : l'écoute et l'immersion.
Je le répète très souvent et je le répèterai, vous devez écouter
le plus possible la langue que vous apprenez. L'immersion à travers de l'écoute ou de la lecture
vous donnera ces contextes dont vous avez besoin. Un professeur, un livre ou un dictionnaire peut
vous expliquer que tel mot s'utilise dans tels cas dans un premier temps, mais de toute façon, vous
aurez besoin d'entendre ou de lire ces contextes des dizaines et des dizaines de fois pour que
votre cerveau assimile et associe ces différents sens de façon naturelle à la nouvelle langue.
Donc si vous avez suffisamment d'écoute,
vous n'avez pas besoin de vous inquiétez au sujet de la traduction.
La traduction sera inévitable au début. Mais plus vous répétez et entendez ces mêmes mots,
plus votre cerveau intègre le sens dans les différents contextes,
moins votre cerveau aura besoin de traduire, mais ça viendra naturellement avec le temps.
Donc, en résumé, si vous vous dites : “j'ai encore besoin de passer par l'espagnol pour
exprimer ce mot ou ce type de phrase en français et ça prend trop de temps,
ça me bloque, c'est compliqué”, c'est normal et c'est inévitable ! Vous devez pratiquer et
pratiquer pour que ça devienne fluide. Utilisez la traduction pour simplifier
les choses à votre avantage. J'utilise moi-même tout le temps un
dictionnaire bilingue tel que Wordreference pour traduire un nouveau mot. C'est plus simple et plus
rapide pour moi. Donc ça fonctionne pour moi. Si la traduction est trop différente de votre
langue maternelle, découpez en petit morceau et travaillez les morceaux les plus difficiles
séparément pour ensuite tout reconstruire. Et enfin, vous devez entendre ce mot, ce temps
ou cette syntaxe des dizaines et des dizaines de fois pour que la traduction parte naturellement.
Je suis passé moi-même par ces étapes et je passe à chaque fois par ces étapes pour une nouvelle
langue et je sais à quel point c'est difficile au début quand vous parlez à quelqu'un très
lentement, mot par mot et que vous cherchez dans votre tête la traduction du mot. Mais
c'est normal et humain. L'important est de faire passer votre message, ne cherchez pas la rapidité,
prenez votre temps pour traduire dans votre tête au début et ça disparaîtra
tout seul à force de pratique et d'immersion. Donc on revient toujours aux fondamentaux de
l'apprentissage d'une langue souvent mis de côté, c'est-à-dire l'écoute et la pratique.
Voilà, c'était mon avis sur “traduire dans ma tête ou pas ?”.
Vous êtes libres de vous abonner au podcast sur Spotify, je fais au
minimum un podcast par semaine et soit on parle de culture française intéressante,
soit on parle d'astuces pour votre fluidité comme aujourd'hui par exemple.
Et vous pourrez avoir la transcription écrite de l'épisode, ce qui est très pratique si
vous êtes débutants, ou si vous voulez réécouter l'épisode une deuxième fois en
lisant le texte et en cherchant les mots que vous ne connaissez pas, par exemple.
Et n'oubliez pas que si vous voulez écouter du français,
je vous propose toujours un guide gratuit de contenus et d'outils,
de plus de 80 pages avec les séries, les chaînes Youtube, les artistes du moment, et toutes les
explications et avec les liens cliquables directement dans le PDF. Donc vous allez sur
lefranchute.com/es et vous pouvez télécharger le guide gratuit PDF dans votre boite mail.
Je vous remercie beaucoup d'avoir écouté ce podcast et je vous dis “à bientôt” pour un
nouvel épisode. Bye !